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Borderouge : L'attente et le désir…
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Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
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Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
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Lundi 20 Septembre à 20h30 à Toulouse, projection unique suivie d’une rencontre avec le réalisateur Nicolas WADIMOFF. La séance sera précédée d’une lecture de poèmes de Mahmoud DARWICH, Le lanceur de dés et autres poèmes, par Danielle CATALÀ. Vous pouvez retirer vos places au cinéma dès le samedi 11 septembre aux tarifs habituels.

AISHEEN

Nicolas WADIMOFF - documentaire Suisse / Qatar 2009 1h25mn VOSTF - Festival de Berlin 2010, Prix du Jury oecuménique.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AISHEEN« Elle est où, la cité des fantômes ? », demande l’enfant au gardien du parc d’attractions. « Elle est là, juste là. Mais elle a été bombardée… Tu veux la voir ? » C’est par ces mots que commence le film, chef d’œuvre impressionniste dans une Gaza dévastée, au lendemain de la guerre. La cité des fantômes, c’est Gaza.
On pourrait, lassitude et découragement aidant, être persuadé que tout a été dit sur la situation en Palestine. Que les échanges autour du sujet tournent en rond et sont stériles. Pourtant c’est bien du dialogue apparemment impossible et de la perpétuelle découverte de l’autre que naitra un jour l’éclaircie.
C’est pour ça qu’il faut absolument voir Aisheen, (chroniques de Gaza), qui nous a profondément remués, mais qui nous a aussi fait sourire voire rire, alors qu’a priori il n’y a pas de quoi ! La prouesse de Nicolas Wadimmoff, documentariste suisse qui, trois semaines à peine après l’opération Plomb durci (très très dur en effet : 1300 morts palestiniens dont 430 enfants, 5500 blessés dont des mutilés à vie ou des grands brûlés au phosphore), s’est précipité au cœur de la bande de Gaza, est d’avoir su capter avant tout la renaissance de la vie. Le titre, Aisheen, est emblématique, puisqu’il signifie en arabe « toujours vivant », et c’est vrai que cette force vitale, Wadimoff aurait pu probablement la retrouver et la magnifier avec autant de force chez les rescapés d’Haïti ou de la Nouvelle-Orléans. Un titre scandé par un formidable groupe de rap gazaoui, autant victime des coupures d’électricité que du contrôle social du Hamas, pas très fan de hip-hop.

Alors bien sûr le réalisateur filme quelques conséquences terribles de la guerre et leur corollaire : la haine inévitable envers l’agresseur israélien. Ainsi ce petit garçon dont les jambes ont été mutilé par une bombe à fragmentation, qui raconte la mort de son frère et la difficulté d’accéder aux soins, et qui désormais dit vouloir finir en martyr ; ou cette femme qui veille désespérément son bébé d’à peine un mois entre la vie et la mort, asphyxié par le phosphore, arme pourtant interdite par les conventions internationales.
Mais surtout c’est avec une poésie inouïe qu’il montre ceux qui se démènent avec une énergie hors du commun et un humour incroyable pour reconstruire leur environnement, y compris ce qui semble secondaire. Car un peuple revit quand il défend son droit au superflu. Comme ces adolescents qui se battent comme des lions pour faire survivre les animaux du zoo de Gaza, décimés par les bombardements et les privations. Avec ce côté presque burlesque quand on découvre une cage occupée par des animaux… empaillés avec les moyens du bord ! Ou quand, alors qu’une baleine frappée par un missile marin israélien s’est échouée sur la plage, les jeunes rapportent sur leurs petites mobylettes les os de la bête pour en faire le trophée de ce qu’ils espèrent être le futur museum d’histoire naturelle de Gaza. Et il y a aussi les paroles merveilleuses de ce grand père qui tente de réconforter sa petite-fille adolescente, dont la mère a été déchiquetée à quelques mètres d’elle, et qui lui enjoint de désormais dessiner sur ses cahiers non plus des cérémonies de funérailles mais des fêtes de mariage et de reprendre goût à la vie pour soutenir ses jeunes frères. On pourrait évoquer aussi l’ubuesque situation de ce vieux cultivateur contemplant avec désolation son champ d’oliviers centenaires déracinés et qui reçoit sur un portable un message préenregistré par l’armée israélienne l’invitant à dire, contre promesse d’une récompense, où est retenu le soldat Gilad Shalit.

Entre résistance au quotidien et énergie hors du commun, le peuple de Gaza prouve s’il en était besoin qu’en dépit de sa supériorité militaire, Israël a encore du souci à se faire…