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CHEVALIER NOIR

(A tale of Sheemron) Écrit et réalisé par Emad Aleebrahim DEHKORDI - Iran / France 2022 1h42mn VOSTF - avec Imam Sayad Borhani, Pallar Allahyari, Masoumeh Beygi, Behzad Dorani, Nima Nouri Zadeh... Grand Prix / Étoile d’Or Festival international du film de Marrakech 2022.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CHEVALIER NOIRVoilà un film étonnant autant dans la forme que dans le propos, tant il sait marier des genres qui se conjuguent rarement et tant il décrit une réalité sociale iranienne que l’on n’a pas forcément l’habitude de voir sur les écrans. Le récit adopte une dramaturgie proche des tragédies grecques, à travers le destin de deux frères que tout oppose mais dont les interactions vont conduire à un climax dont on ne vous dira évidemment rien de l’issue…
A Shemroon, le quartier qui surplombe Téhéran, Iman vit avec son jeune frère Payar, aux côtés de leur père, dépressif et ancien opiomane (incarné par l’acteur qui était le jeune protagoniste de Le Vent nous emportera de Kiarostami, il y a 20 ans !), qui végète depuis la mort de la mère des deux garçons. Entre Iman et son père, le torchon brûle presque chaque jour, et c’est à peu près la même chose avec son frère cadet. Iman se grise dans l’alcool, les drogues et dans les fêtes de la bourgeoisie qu’il fournit en poudre blanche tandis que Payar se concentre sur sa carrière de boxeur, tout en tombant gentiment amoureux d’une jeune mère moderne et expatriée, venue de France pour les vacances après son récent divorce. La seule chose qui semble réunir les deux frères, c’est leur volonté commune de garder une terre héritée de leur mère, que leur oncle cupide tente de récupérer à bas prix.

Tout en utilisant avec talent les codes du film noir, porté par ce personnage de chevalier noir (en fait Iman qui parcourt à toute vitesse la ville au guidon de sa moto, vêtu et casqué de noir, entre deux rendez vous de deal), Emad Aleebrahim Dehkordi fait la description assez terrible mais jamais manichéenne de cette jeunesse bourgeoise qui fait souvent des allers retours avec l’Occident, qui fuit les contraintes du régime dans le luxe, l’insouciance et la drogue, une jeunesse évidemment en totale fracture économique et idéologique avec la grande majorité de la population. A travers le personnage de Hanna, la jeune Franco-iranienne divorcée, il décrit également ce modèle de femme libre qui ne veut pas s’en laisser compter par les préceptes des mollahs. Inutile de dire que tout cet aspect du film résonne très fort avec le mouvement de révolte en Iran, causé par la mort de Mahsa Amini : lors de la remise des prix au Festival de Marrakech, le réalisateur a tenu à dédier son Étoile d’Or à ses compatriotes persécutés.