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Séance unique le mardi 21 novembre à 20h, suivie d'une discussion avec Lawrence Aje, spécialiste de la question de l'esclavage aux Etats-Unis.

12 YEARS A SLAVE

Steve McQUEEN - USA 2013 2h13mn VOSTF - avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Paul Dano, Paul Giamatti, Lupita Nyong'o, Sarah Paulson, Brad Pitt, Alfre Woodard... Scénario de John Ridley d'après le récit autobiographique de Solomon Northup.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

12 YEARS A SLAVEAu moment où Nelson Mandela est encore bien présent dans tous les esprits, il n’est pas exagéré de dire que Solomon Northup, Afro-américain né au début du xixe, fut un digne prédécesseur du charismatique homme d’état sud-africain. Victime du racisme terrifiant des esclavagistes sudistes, Northup les combattit avec une dignité, un courage hors du commun, avant de consacrer le reste de sa vie à témoigner de son expérience pour les générations futures. De la vie de cet homme d’exception et pourtant quasiment méconnu, le prodige anglais Steve McQueen a tiré une fresque extraordinaire, qui déjoue les figures attendues et déboulonne les clichés historiques. Car le parcours de Salomon Northup n’est pas, comme dans la plupart des fictions consacrées à l’esclavage, celui d’un homme qui va trouver peu à peu le chemin de la liberté. Dans le New York de 1840, Northup est un homme libre. Un Noir aisé, marié et père de famille, musicien apprécié, demandé par la bonne société. C’est d’ailleurs la musique qui va contribuer à sa perte, quand deux agents viennent lui proposer une tournée dans les états du Sud. Après une soirée un peu arrosée à Washington, il s’endort et se réveille… dans un cul-de-basse-fosse, enchaîné, avant d’être expédié sur les marchés aux esclaves par bateau à aubes via le Mississippi.

Le triste destin de Solomon Northup fut celui de nombreux Noirs libres enlevés au Nord pour rejoindre comme esclaves les plantations du Sud dans le contexte où l’importation d’esclaves depuis l’Afrique était désormais prohibé. Et c’est le premier étonnement, le premier accroc au paradigme qui voudrait que la civilisation américaine ne soit qu’une évolution continuelle vers le progrès. Avec une puissance d’expression saisissante, Steve McQueen va décrire magnifiquement la machine à broyer qu’est le système esclavagiste en même temps que l’incroyable force de caractère affichée par le brillant et cultivé Solomon Northup, qui parvient à garder esprit et dignité dans les conditions les plus inhumaines. Pour montrer l’horreur du système, et toute sa complexité, McQueen filme aussi bien l’infantilisation par les patrons qui se targuent de charité chrétienne que le sadisme d’autres (Michael Fassbender incarne un planteur fascinant de cruauté), sadisme qui n’épargne pas les femmes (notamment dans une scène où son épouse jalouse fait exploser une statuette au visage d’une jeune esclave trop jolie). Il met aussi en lumière combien la soumission et la banalisation de l’horreur avaient été intégrés par une grande partie des esclaves, comme dans cette séquence terrible où toute la communauté vaque à ses occupations pendant que Solomon puni agonise au bout d’une corde.

C’est avec un talent similaire que Steve McQueen avait évoqué dans son premier long métrage, le superbe Hunger, l’univers carcéral britannique, qui écrasait les détenus indépendantistes irlandais, et la magnifique résistance de Bobby Sands (incarné par Michael Fassbender) et de ses compagnons. De la même manière, face au système qui abaisse, qui oppresse, qui annihile, 12 years a slave exalte la force et l’intelligence d’un homme qui résiste : durant douze ans, Solomon a su composer avec les esclavagistes pour survivre, sans rien renier de son humanité, de son identité, sans jamais oublier ses acquis, notamment l’écriture, sans jamais abandonner l’espoir de recouvrer la liberté qui était la sienne, de plein droit.