UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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Coopérative QUI VIVRA BÉRAT habitat partagé en évolution la Ménardière
Une autre façon de vivre ? Une autre façon de vieillir ? Voilà 4 ans, qu’un groupe de retraités a investi le Domaine de la Ménardière en créant une coopérative. Objectif : Vivre et vieillir ensemble solidaires et actifs jusqu’au bout du chemin. Chambres d’hôtes, Conc...

SÉANCES BÉBÉS
  Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pou...

30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de la...

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SCANDALEUSEMENT VÔTRE

(WICKED LITTLE LETTERS) Thea SHARROCK - GB 2023 1h42mn VOSTF - avec Olivia Colman, Jessie Buckley, Anjana Vasan, Gemma Jones, Timothy Spall, Joanna Scanlan...

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SCANDALEUSEMENT VÔTREOoooooh ! My God ! C’est tout Littlehampton, bourgade côtière du Sussex, qui, en cet an de grâce 1920, est au bord de l’apoplexie. La ville retient son souffle. Car non seulement l’avalanche de lettres anonymes – aussi perfides et ordurières que bien informées – qui déferle sur la petite communauté peut cibler n’importe quelle femme, n’importe quand, mais surtout, c’est certain, l’impitoyable auteur, le démoniaque corbeau qui insulte grassement le voisinage tout en révélant ses petites turpitudes, en est nécessairement, fatalement, un des membres. Mais qui ? Qui donc ose détourner les services postaux de Sa Gracieuse Majesté pour agonir la gent féminine de Littlehampton d’obscénités qui feraient rougir de honte les plus dessalés des charretiers et des poissonnières ? Lequel de ces paroissiens ? Laquelle de ces commères ? On se surveille du coin de l’œil à l’épicerie comme à la messe, on hésite à mettre un pied dehors et à se confier aux voisines – mais on guette avidement, quoi qu’avec inquiétude, les détails croustillants révélés par chaque nouveau courrier… Or, sous tous les cieux c’est un usage bien établi : dès lors que la bonne société est rongée par un mal inconnu, il est de toute première urgence d’en attribuer la responsabilité aux brebis galeuses. Haro sur le baudet ! Les derniers arrivés, les « pas de chez nous », les pas tout à fait dans le moule, les réfractaires à la messe dominicale comme aux us et coutumes corsetés – sans surprise, les braves gens n’aiment pas trop celles et ceux qui suivent une autre route qu’eux.

La coupable idéale, évidente même, ne peut être que Rose Gooding ! Pauvre comme Job, débarquée quelque temps plus tôt de son Irlande pouilleuse, la trop jeune veuve de guerre est mère d’une petite fille déjà bien dévergondée (songez qu’à pas dix ans, la gamine ambitionne de… jouer de la guitare !) et vit en concubinage avec le frère d’armes de son défunt mari – mais surtout, son langage fleuri, sa propension à proférer mille et un jurons à la minute, son amour de la fête, de l’alcool et de la liberté de penser, tout la désigne à la vindicte populaire, entérinée avec empressement par la maréchaussée. Voisine mitoyenne d’Edith Swan, vieille fille prude, discrète et pieuse, tout entière dévouée à ses vieux parents, avec qui les relations sont des plus glaciales et qui fût la première destinataire des courriers salaces, qui d’autre que Rose pouvait avoir les motifs – et le vocabulaire ! – pour souiller ainsi la réputation de Littlehampton ? Seule Gladys Moss, officière de police décidée à ne pas se contenter du rôle de potiche dans lequel sa hiérarchie aimerait l’enfermer, doute de la culpabilité de la volcanique irlandaise. Mais alors, qui… ?

Scandaleusement vôtre, comédie mal élevée et hilarante, est une affaire de femmes. De ces femmes qui, au sortir de la Grande Guerre, commencent à s’extraire des carcans de la bonne société anglaise qui, comme partout, renâcle à accepter leur émancipation. La fliquette, la bigote, l’impétueuse, ainsi que toute la petite société féminine qui s’agrège à l’aventure, toutes sont confrontées à un ordre moral, à un patriarcat qui se raidissent d’autant plus fort qu’ils sentent confusément qu’ils brûlent de leurs derniers feux. Chacune fait face à sa façon et le film – qui slalome habilement entre l’étude de mœurs satirique, la joyeuse comédie policière féministe et la reconstitution historique de carte postale dans laquelle on s’étonne presque de ne pas voir surgir Miss Marple au coin de la rue – dessine avec humour mais aussi beaucoup de tendresse leur combat pour exister.