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FRÈRES

Écrit et réalisé par Olivier CASAS - France 2024 1h46mn - avec Mathieu Kassovitz, Yvan Attal, Victor Escoudé-Oury (Michel de 4 à 7 ans), Enzo Bonnet (Patrice de 5 à 8 ans), Viggo Ferreira-Redier (Michel de 8 à 11 ans), Fernand Texier (Patrice de 9 à 12 ans), Alma Jodorowsky... D’après le récit de Michel de Robert.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

FRÈRES1948, fin de l’été. Deux petits garçons attendent devant le grand portail de la colonie de vacances que leur mère vienne les chercher. En vain. Leur mère préfère, en grande journaliste aventurière, partir en Argentine, laissant sa progéniture à qui le désire, tout en racontant à sa propre mère qu’elle les a emmenés avec elle… Les deux enfants sont recueillis par des voisins jusqu’au jour où un incident fait basculer leur vie et les pousse à s’enfuir dans la forêt. Ils y resteront sept années, livrés à eux-mêmes, vivant de débrouille, de chasse, de chapardages et… de liberté.
L’un des premiers intérêts de cette histoire est de nous raconter la situation de milliers d’enfants à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, qui se sont retrouvés livrés à eux-mêmes, abandonnés ou orphelins, vivant parfois comme des enfants sauvages, parfois même en plein cœur de la capitale. Certains ont mis des années avant de retrouver la trace de leurs parents, tandis que d’autres n’y sont jamais parvenus.

Or, dans Frères, cette situation, aussi romanesque nous paraît-elle, n’en demeure pas moins une histoire réellement vécue ! Et nos deux aventuriers sont aussi les deux adultes que le film nous permet de découvrir près de quarante ans plus tard. Cette double temporalité que choisit de nous présenter Olivier Casas, celle de la période de l’enfance en forêt enchevêtrée à celle du moment où l’un d’eux part dans le Grand Nord canadien, très vite rejoint par l’autre, cette double temporalité qui traverse tout le film présente le double avantage de ne pas ménager de suspens quant à la question de leur survie durant ces sept ans dans la forêt, tout en permettant de maintenir vivants les enfants qu’ils ont été dans les adultes qu’ils sont devenus. L’attention du spectateur est du coup entièrement centrée sur ce qui constitue le socle du film : l’extraordinaire lien unissant Patrice et Michel, un lien fraternel puissant, indéfectible, fusionnel, marqué à tout jamais du sceau de leur aventure.
Alors oui, si les deux frères, grâce à la force de leur relation, se sont sortis de cette vie plus que spartiate, l’on sent bien également qu’ils ne s’en sont pas sortis de la même manière. Chacun a su transformer cette expérience de vie pour devenir ce qu’ils sont : Michel, de bricoleur de cabanes de plus en plus élaborées, est devenu un architecte sur lequel repose un grand projet urbain, l’autre, de protecteur, chasseur-chapardeur, est devenu un médecin chef de clinique prenant soin des laissés pour compte. Aujourd’hui c’est ce que l’on nomme la résilience. Cependant, celle-ci a aussi une limite, et lentement, le film nous conduit vers ce noyau indépassable, vers ce centre névralgique. Peu à peu, le questionnement se déplace vers cette grande question : comment habiter le monde ? Comment apprivoiser des lieux aux premiers abords hostiles, ou encore s’adapter aux contraintes de la civilisation, comment concilier nature et culture, comment faire lien en somme ?

Vous l’aurez compris, Frères est un film très touchant sur ce qui fait le cœur de notre humanité, une belle histoire, sensible, lumineuse et simple, où les acteurs, petits et grands, sont très justes, humbles et généreux. Une belle preuve d’amour !