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LES AFFRANCHIS A BORDEAUX AU TEMPS DE LA TRAITE DES NOIRS
Samedi 28 OCTOBRE à 10h, à Utopia /LES AFFRANCHIS A BORDEAUX AU TEMPS DE LA TRAITE DES NOIRS. Conférence de Julie DUPRATMÉMOIRES ET PARTAGESLa place de Bordeaux comme port négrier a été récemment redécouverte. Cependant la présence d’une minorité noire significative dans cette même ville est peu...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
 Projections de films français en Version Sourds et Malentendants (VSM) avec sous-titres spéciauxLes séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français en VSM, accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sou...

UGC PROCHAINEMENT PARTOUT ?
Nous voici gâtés au delà de toute espérance. Nous allons en effet perdre un voisin proche : Gaumont et son multiplexe de Talence. Mais, me direz-vous, un multiplexe de moins, c’est une bonne nouvelle. Pas vraiment, hélas ! Car c’était un gentil celui-là, qui broutait paisibleme...

SOIRÉE DE SOUTIEN À GEORGES IBRAHIM ABDALLAH
Vendredi 13 OCTOBRE à 20h30organisée et animée par le Collectif Libérons Georges 33. Projection du film 3000 NUITS suivie d’une rencontre avec Jacques-Marie Bourget, grand reporter. Jacques-Marie Bourget se trouvait à Beyrouth le 17 Septembre 1982, au second jour de la tuerie de Sabra et Chatila...

Colloque sur le transport ferroviaire de marchandises
Jeudi 28 Septembre à partir de 14h à Bègles, colloque sur le transport ferroviaire de marchandises, organisé par le Syndicat CGT Cheminots d’Hourcade. Lors de cet événement, projection du film de Gilles Balbastre Transport de marchandises il faut changer d’ère, suivi d’un débat en présence du ré...

LES FILLES D’AVRIL

Écrit et réalisé par Michel FRANCO - Mexique 2017 1h43mn VOSTF - avec Emma Suárez, Ana Valeria Becerril, Enrique Arrizon, Joanna Larequi, Hernán Mendoza... Prix du Jury Un Certain Regard, Festival de Cannes 2017.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES FILLES D’AVRILDans la cuisine d'une maisonnette toute simple au bord de la mer, une jeune femme occupe mollement ses mains en cuisinant vaguement. L'air atone, un peu balourde dans un corps dont elle n'a pas l'air de prendre grand soin, Clara fait mine, comme blasée, de ne pas entendre les gémissements qui proviennent de la chambre d'à côté. On se doutera que c'est une scène familière, des ébats amoureux récurrents qui s'achèvent invariablement en orgasmes désinhibés. La donzelle qui la rejoint, dans son plus simple apparat, juste après s'être fait « sucer la friandise, bricoler la cliquette, gauler la mignardise, explorer le minou… » ne semble nullement incommodée par sa présence. Elle se balade sans complexe, le nombril à l'air d'autant plus saillant qu'elle est enceinte jusqu'aux yeux ! Valeria est joliment gaulée du haut de ses dix sept ans. On comprendra sous peu qu'elle est la sœur de Clara et on ne cessera de s'étonner qu'elles soient si dissemblables. La cadette ouverte à tous vents, épanouie dans son corps, l'aînée comme recroquevillée, perpétuellement mal à l'aise : deux antithèses morales pourtant issues de la même mère, Avril.

Cette dernière, on ne la voit tout d'abord pas, elle ne vit plus au Mexique et Valeria lui a délibérément caché son état, sans doute pour ne pas subir de pressions. Le mouflet qu'elle porte en elle, le fruit de son amour pour Mateo, même s'ils sont tout jeunots et inexpérimentés, ils ont bien envie de le garder et de l'assumer. C'est Clara qui va vendre la mèche lors d'un coup de fil : voilà Avril qui débarque sans crier gare et évidement impossible de l'envoyer sur les roses. Et pourquoi le ferait-on, d'ailleurs ? Elle semble accueillir la nouvelle avec une ouverture d'esprit admirable, prête à endosser le rôle d'aïeule moderne, libérale, prévenante, faisant tout pour amadouer le jeune père et sa famille.
La vie pourrait être parfaite, Avril suppléant aux manques des deux trop jeunes parents, aimants mais malhabiles, se refaisant une virginité auprès de la petite chose toute neuve qui nait et que l'on nomme Karen. Les premiers jours après la mise au monde filent ainsi, sans trop d'embûches. Mais insidieusement un glissement s'opère, Avril outrepasse progressivement son statut de grand-mère, flirte avec les limites et on réalise vite qu'elle ne s'en tiendra pas là. Belle malgré les ans qui passent, séductrice, aguicheuse, Avril n'est pas du style à se refuser grand chose : ni un beau rôle, ni un mâle qui passe à sa portée… Elle n'a pas froid aux yeux. Peu à peu, elle va essayer de supplanter sa fille qu'elle juge trop immature pour s'occuper du bébé. Et l'histoire va basculer de manière toujours plus dérangeante, inquiétante à glacer les sangs…

Mais ne croyez pas qu'Avril (brillamment interprétée par la sublime Emma Suarez) soit une âme toute noire puisqu'elle n'est pas toute blanche. Michel Franco est le cinéaste des zones grises, des zones d'ombre dans lesquelles grouillent des pensées inavouables. C'est ce qui fait tout le piquant de ce film non conventionnel, hors normes, tout comme le sont chacun de ses personnages, changeants, complexes. Chacun a ses côtés lumineux qui font qu'on s'y attache, ainsi que ses côtés ténébreux qui nous les font craindre ou haïr. On se demande constamment jusqu'où ils iront, tenus en haleine de bout en bout par cette plongée dans une atmosphère oppressante et torride.