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Quiz des trente dernière secondes (1)
Vous trouverez ici les archives du quiz des “trente dernières secondes” //////////////////////////////////////// Mercredi 6 janvier Quiz cinéma : les 30 dernières secondesPour célébrer la fin de l’année écoulée et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2021, l’équipe d’Utopia Bordeaux...

Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

Journal du 2ème confinement
Ici sont archivés les publications mises en ligne lors du 2ème confinement, du 30 octobre au 14 décembre 2020     En attendant de nous retrouver, on signe et on relaie cet appel de David Dufresne, réalisateur du film UN PAYS QUI SE TIENT SAGE. Chers ami(e)s, Samedi prochain, à 14h, se tiendront d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...


LE CINÉMA EST ACTUELLEMENT FERMÉ, MAIS...

Nous restons aussi en contact via le site,
les réseaux sociaux, par courriel
ou par téléphone au 05 56 52 00 03.

Nous sommes régulièrement sur place. Vous pouvez donc continuer à passer au cinéma pour acheter des carnets tickets (50€ les dix tickets, non-nominatifs et sans durée de validité), des films du catalogue Video en poche, ou tout simplement pour échanger quelques mots.
Contactez-nous, nous trouverons un moment pour nous rencontrer.



 

En attendant de nous retrouver...

Du 30/10/20 au 03/02/21


ATTENTION ! PCA SOUS COUVRE-FEU À 18 H,


ON DÉCALE LE JOUR DES LIVRAISONS :
PAS DE DISTRIBUTION LES DEUX PROCHAINS MERCREDIS
MAIS DEUX LIVRAISONS RÉPARTIES SUR DEUX JOURS :
le vendredi de 16h30 à 17h30 et le samedi de 11h à 12h,
toujours dans le hall du cinéma.



Afin de réorganiser au mieux ces deux prochaines distributions, merci de faire connaître votre créneau préférentiel dès que possible en donnant votre réponse sur FRAMADATE:
https://framadate.org/jSeHmfvkSIXqOOhSRJUrN964/admin


PCA (Paysans et Consommateurs Associés), l’amap qui tient ses quartiers au cinéma depuis 2004, continue donc d’assurer, malgré la fermeture de nos salles, commandes mensuelles et livraisons hebdomadaires et ce, bien sûr, dans le plus grand respect des consignes sanitaires.


Les producteurs seront présents le vendredi, et le samedi, ce sera l'équipe d'Utopia et des consommateurs de PCA qui vous remettront votre panier, laissé la veille par les producteurs.


Ce changement de jour, nous l'avons envisagé avec plusieurs d'entre vous mercredi dernier et, a priori, selon ce bref sondage... nous étions toutes et tous d'accord sur ce choix du vendredi et du samedi. Cependant, pour être sûrs que nous le sommes toujours, et pour celles et ceux qui n'étaient pas là ou qui n'ont pas suivi, merci de nous le confirmer rapidement.


Pour celles et ceux qui souhaitent de nouveau commander pour les mois à venir : février, mars, avril… des légumes bien frais et de saison, des œufs pondus de la veille, voire même du matin, à l’aube naissante, des tisanes pour gosiers délicats, du pain sans additifs chimiques, du miel d’abeille, délicieux, du fromage de chèvre des prairies, de vache des montagnes, mais aussi de l’huile d’olive, des amandes, des pistaches et des olives en provenance directe de Grèce, et de grande qualité, et plein d’autres propositions, nous vous invitons à aller sur le site, vous y trouverez ces prochains jours tous les bons de commande des producteurs : pca.nursit.com


Merci de votre coopération! À très vite, Isabelle Utopia/PCA et Pierre de PCA qui a lancé le FRAMADATE.





Vendredi 22 janvier


Hier, fin N° 16. C'est la magnifique actrice Sandra Hüller dans le film allemand TONI ERDMANN (2016), écrit et réalisé par Maren Ade. Un des trucs les plus étonnants que nous ait offert le cinéma au cours de ces 10 dernières années, à la fois hilarant et bouleversant, intime et universel, affectif et politique. Les retrouvailles imprévues entre une fille et son père qui n'habitent plus sur la même planète. Elle est le parfait produit de la réussite économique allemande, exilée à Bucarest où elle travaille pour un cabinet d'audit dont l'objectif essentiel est d'aider les entreprises locales à licencier vite et sans bavures. Elle mène donc une vie confortable et amorale, pleine de pognon et vide de sens. Lui est le symbole d'une génération qui s'est battue contre le modèle capitaliste et toutes ses règles, il est imprévisible, adepte des déguisements les plus improbables et des blagues du plus mauvais goût. L'irruption du père à l'improviste va mettre le feu à l'univers glacial de la fille et l'obliger enfin à se poser les questions qui comptent.
Curieusement, Maren Ade n'a réalisé aucun film depuis cet exceptionnel TONI ERDMANN (c'était son troisième long métrage, après deux opus restés confidentiels). Elle a produit ou co-produit quelques films d'autres cinéastes, dont l'excellent LES SIFFLEURS du roumain Corneliu Porumboiu, montré chez nous tout début 2020, mais rien en son nom. On s'impatiente...


Aujourd'hui, un indice en chantant : « pré-pa-rez vot', préparez votre pâte... »




Jeudi 21 janvier


Hier, fin N° 15. Sur ce coup, le faux ami, celui qui peut nous enduire d'erreur, c'est Louis Garrel et son bonnet rouge. Parce qu'il apparaît dans le film uniquement lors de ces trente dernières secondes, en invité de la fête qui va séduire le duo sur lequel doit se porter toute notre attention : Monia Chokri et … Xavier Dolan. Nous sommes dans LES AMOURS IMAGINAIRES (2010), deuxième film, tourné un an après J'AI TUÉ MA MÈRE, du prodige québecois. Le troisième larron du trio évoqué par Aurore dans son indice, c'était Nils Schneider, qui débuta en même temps que Dolan.
Pour la petite histoire, Garrel était là parce que Dolan avait prévu de lui confier le premier rôle de son film suivant, LAURENCE ANYWAYS. Finalement, c'est Melvil Poupaud qui a joué Laurence, et il est magnifique.
J'arrête là avec ce film qu'à vrai dire je n'ai pas vu et je fais un retour en arrière, sur la fin N° 3 de ce quiz, celle d'ON CONNAIT LA CHANSON. Parce que j'écris ces lignes mardi matin, parce qu'hier soir j'ai appris comme tout le monde la mort de Jean-Pierre Bacri et comme on dit, ça m'a fichu un coup. Le grand Jean-Pierre Bacri, bien plus grand que ces perroquets faiseurs de l'actualité qui se sont empressés de le momifier en « éternel râleur du cinéma français ». Comme il le dirait lui-même, ça-ça-ça m'énerve ! Pour ON CONNAIT LA CHANSON, Resnais a tourné tout spécialement un film-annonce où ses acteurs disent les paroles de célèbres chansons de variété française. À Bacri est échu un tube de Joe Dassin : « Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline, de l'attendre avec un bouquet d'églantines. J'ai cueilli des fleurs et j'ai sifflé tant que j'ai pu, j'ai attendu, attendu, elle n'est jamais venue. Zaï zaï zaï zaï... Zaï zaï zaï zaï... » Allez revoir ce film-annonce sur internet, on le trouve facilement : la voix de Bacri, son ton, son phrasé, ses mimiques font de ces quelques secondes un moment inoubliable de drôlerie accablée. Ou d'accablement drôle, ça marche dans les deux sens. Adieu Bacri (référence directe à un de ses plus beaux rôles – pas du tout de râleur, ni de bougon, ni de ronchon – dans un très joli premier film, ADIEU GARY (2009), réalisé par Nassim Amaouche. C'était l'une des premières pages de notre gazette N°101).


Aujourd'hui, un visage de femme au père très encombrant...




Mercredi 20 janvier


Hier, fin N°14. Pas facile ! Aucun personnage, pas d'acteurs à reconnaître, uniquement le décor urbain et la musique. Ville asiatique, japonaise puisqu'on voit des enseignes à calligraphie verticale. Tokyo ? Musique pop anglo-saxonne. Le film n'est donc pas forcément japonais, il faut penser occidental, américain peut-être. Cling ! Une petite idée commence à s'allumer mais on se résout à consulter l'indice pour y voir plus clair : « Deux solitudes qui se croisent à Tokyo. » Plus de doute, c'est bien ça : LOST IN TRANSLATION (2003) de Sofia Coppola. Une chronique nocturne en état de grâce, habitée par un duo d'acteurs épatants. Bill Murray en acteur sur le déclin venu dans la capitale japonaise pour cachetonner dans un spot publicitaire, déçu de lui-même, incapable de s'intéresser à ce qui l'entoure, infoutu de dormir à cause du décalage horaire. Dans le même hôtel, Scarlett Johansson est la toute jeune femme d'un photographe de mode qui l'oublie complètement pour se consacrer à ses shootings dérisoires... Les deux solitudes vont effectivement faire la paire, le temps d'une parenthèse enchantée.
C'est le deuxième film et la confirmation éclatante du talent de Sofia Coppola, la fille de Francis – qu'on avait d'ailleurs découverte en fille d'Al Pacino dans LE PARRAIN 3 réalisé par son père –, après le très remarqué et remarquable VIRGIN SUICIDES en 1999. On a beaucoup aimé aussi ses deux films suivants, MARIE-ANTOINETTE (2006) et SOMEWHERE (2010), un peu moins les deux d'après, THE BLING RING (2013) et LES PROIES (2017), mais c'était pas mal quand même. Si bien qu'on avait très envie de programmer son dernier opus, ON THE ROCKS (2020), d'autant plus qu'elle y retrouve Bill Murray. Mais macache ! C'est un film de plateforme, en l'occurence Apple TV+, qu'on ne pourra donc pas voir en salle. Il s'ajoute à la déjà longue liste des films de cinéma visibles sur tous les écrans sauf sur ceux des cinémas français, de ROMA d'Alfonso Cuaron à MANK de David Fincher en passant par MARRIAGE STORY de Noah Baumbach (avec Scarlett Johansson) ou LES SEPT DE CHICAGO d'Aaron Sorkin. Il faut absolument trouver une solution pour que les salles puissent programmer ces films qui sont faits pour le grand écran, c'est une évidence. Et peu importe qu'ils puissent être vus en même temps sur les plateformes, les spectateurs choisiront. L'essentiel est justement qu'ils aient le choix : les voir chez eux ou au cinéma. Et chez Utopia, on est prêt à prendre le pari qu'il y en aura beaucoup qui choisiront le cinéma. Notre cinéma.


L'extrait du jour : fragments d’un trio amoureux.





Mardi 19 janvier


Hier, fin N° 13. Si on a l'a vu un certain nombre de fois (c'est mon cas), on reconnaît le film immédiatement, en même temps que le couple d'acteurs de dos : Claude Jade et Jean-Pierre Léaud. Sinon, comme c'est souvent le cas dans les choix d'Aurore qui connaît bien la chanson, la réponse est dans la bande son, en l'occurence dans les paroles de QUE RESTE-T-IL DE NOS AMOURS de Charles Trenet : « Bonheur fané, cheveux au vent, baisers volés, rêves mouvants... » C'est BAISERS VOLÉS (1968) de François Truffaut, bien sûr. Le troisième chapitre des aventures existentialo-sentimentales d'Antoine Doinel entamées en 1959 avec LES 400 COUPS (Truffaut avait 27 ans, Léaud 14). Suivit en 1962 ANTOINE ET COLETTE, court métrage de 30 minutes qui ouvrait le film à segments L'AMOUR À VINGT ANS. Et après BAISERS VOLÉS, il y aura en 1970 DOMICILE CONJUGAL et enfin L'AMOUR EN FUITE en 1979 (sorte d'épilogue au destin de Doinel, parsemé de nombreux extraits des épisodes précédents en guise de retour en arrière, ce dernier volet est resté le mal aimé du cycle... Il faut peut-être le revoir...)
On évoquait, à l'occasion du DERNIER MÉTRO, l'art de la déclaration d'amour chez Truffaut. BAISERS VOLÉS en offre un irrésistible exemple. Antoine Doinel, invité à déjeuner par son patron, Monsieur Tabard, se retrouve à prendre le café seul à seule avec l'épouse de celui-ci, Fabienne, qui l'a subjugué (on le comprend, c'est la divine Delphine Seyrig) dès lors qu'il l'a aperçue dans le magasin de chaussures du mari. Madame Tabard sert le café, se lève pour mettre un 33 tours (du Mozart) sur le tourne-disque et demande gentiment : « Vous aimez la musique, Antoine ? » Celui-ci, pétrifié, transi de dévotion, lui répond dans un souffle : « Oui, Monsieur »... avant de s'enfuir, honteux. Drôle et bouleversant à la fois, le summum de ce qu'on pourrait appeler « la déclaration par lapsus ».


L'extrait du jour, avec son indice : deux solitudes qui se croisent à Tokyo.





Lundi 18 janvier


Hier, fin N°12. Un film formidable ! Ces deux beaux vieux (surtout pas des vieux beaux, le sens des mots a du sens !), sereinement heureux de voguer ensemble aux abords de je ne sais plus quelle côte, et la voix mutine de Juliette Greco : « Un monsieur aimait un jeune homme / Surtout ne nous affolons pas. / Il faut voir autour de nous comme / Les amours vont leur propre pas. »
LES INVISIBLES (2012), documentaire réalisé par Sébastien Lifschitz, qui met en scène la parole passionnante de quelques femmes, de quelques hommes, nés dans l’entre-deux-guerres. Elles et ils n’ont aucun point commun sinon d’être homosexuels et d’avoir choisi de le vivre au grand jour, à une époque où la société les rejetait. Ils ont aimé, lutté, désiré, fait l’amour. Aujourd’hui, ils racontent ce que fut cette vie insoumise, partagée entre la volonté de rester des gens comme les autres et l’obligation de s’inventer une liberté pour s’épanouir. Ils n’ont eu peur de rien...
Sébastien Lifschitz, qu'on connaît bien à Bordeaux puisqu'il était présent lors des deux dernières éditions du Fifib, a commencé à la fin des années 90 par des longs métrages de fiction (dont le plus beau pour moi est WILD SIDE, en 2004, montré justement lors du Fifib 2020). LES INVISIBLES est son premier grand film documentaire (après une première réalisation en 2001, LA TRAVERSÉE) et il continue depuis dans cette voie, nous offrant des films tous plus beaux les uns que les autres, jusqu'au magnifique ADOLESCENTES, sorti à l'automne dernier. Il en a réalisé un autre depuis (lui aussi montré lors du Fifib 2020) : PETITE FILLE, produit pour la télé et diffusé récemment sur Arte. On ne désespère pas tout à fait de pouvoir le projeter en salle, mais ça va être compliqué....


Aujourd'hui, un jeune détective en mission dans un magasin de chaussures...





Dimanche 17 janvier


Hier, fin N°11. Alors là, celui-là je ne m'y attendais pas ! LE PÈRE NOËL EST UNE ORDURE (1982), réalisé par Jean-Marie Poiré, écrit et interprété par les membres de la troupe qu'on appelait encore « du Splendid », du nom du café-théâtre créé en 1974 dans une ancienne pizzeria de Montparnasse et sur la scène duquel ils avaient fait leurs premières armes. Un film que (presque) tout le monde a vu au moins vingt fois, pas forcément en entier et forcément pas au cinéma, j'exagère à peine. C'est typiquement le truc qu'on regarde à la télé, en général pendant la période des fêtes de fin d'année (il doit faire partie des plus multi-rediffusés, pas autant que LA GRANDE VADROUILLE, il ne faut pas exagérer, mais pas loin...), histoire de rigoler un brin en famille, en anticipant en chœur les répliques qui vous restent dans un coin de la tête à force d'avoir été entendues.
En 1982, la troupe n'avait déjà plus de Splendid que le nom et se montrait bien davantage sur les écrans que sur les planches. En fait tout avait basculé dès 1978 avec LES BRONZÉS, adaptation au cinéma, réalisée par Patrice Leconte, de leur spectacle AMOUR, COQUILLAGES ET CRUSTACÉS. Gros succès, donc on prend les mêmes et on recommence l'année suivante avec LES BRONZÉS FONT DU SKI. C'était parti, ça a duré quelques années et puis tout le monde est passé à autre chose, et c'était bien comme ça. Mais l'équipe plus du tout du tout du Splendid a fait l'erreur de céder aux sirènes du pognon et s'est laissée aller à tourner LES BRONZÉS 3, AMIS POUR LA VIE en 2005. Et tout le monde a bien compris que c'était une arnaque, à commencer par le titre.


Aujourd'hui, des personnages hauts en couleurs et follement attachants.





Samedi 16 janvier


Hier, fin N°10. Si on a vu le film, on devine tout de suite, rien qu'en voyant le visage incroyablement expressif et émouvant de Chiara Mastroianni, qui l'illumine de la première à la dernière minute : CHAMBRE 212 (2019), écrit et réalisé par Christophe Honoré. Elle a, Chiara, ce je ne sais quoi que d'autres n'ont pas, qui nous met (en tout cas qui me met) dans un drôle d'état... Ses traits représentent tellement le mariage miraculeux de ceux de ses deux parents que ce sont dix, vingt, cinquante souvenirs de cinéma qui viennent à l'esprit quand on se perd dans son regard, quand on s'abandonne à sa mélancolie, quand on sourit de la voir sourire. Surtout dans ce film où elle est la maîtresse du jeu, où elle donne le la, où elle mène la danse des amours passés, présents, à venir. Des amours envolés, oubliés, rêvés. Des amours déçus, perdus, vaincus par le temps qui passe, les sentiments qui se lassent.
Ce que raconte CHAMBRE 212 est finalement assez grave, et pas forcément gai, mais il le fait avec une légèreté, une fantaisie, une liberté qui en font un spectacle en permanence réjouissant. C'est l'un des plus beaux films de Christophe Honoré et une sacrée passe de deux après le très beau PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE en 2017.


Aujourd'hui, pas besoin de s'approcher, un plan d'ensemble suffit. C'est c'la oui...





Vendredi 15 janvier


Hier, fin N°9. Celle-ci, c'est cadeau ! Emmanuelle Riva donne même la réponse dans les quelques mots qu'elle dit à son amant japonais : « Hiroshima, c'est ton nom. » HIROSHIMA MON AMOUR (1959), réalisé par Alain Resnais sur un scénario et des dialogues de Marguerite Duras. Ecriture éclatée, dialogues incantatoires, Resnais et Duras ouvraient des voies nouvelles au langage cinématographique.
C'est le premier long métrage de Resnais, c'est le premier scénario de Marguerite Duras. Je pensais même que c'était la première fois qu'on voyait et entendait un de ses textes au cinéma, eh bien non ! Je redécouvre que son roman UN BARRAGE CONTRE LE PACIFIQUE a été porté à l'écran en 1957 par René Clément, avec Silvana Mangano, Alida Valli, Anthony Perkins. Une rareté absolue.
Avant HIROSHIMA, Resnais a réalisé plusieurs courts métrages documentaires mémorables, dont NUIT ET BROUILLARD, sur les déportés victimes des nazis, ou TOUTE LA MÉMOIRE DU MONDE, sur la Bibliothèque nationale. Il a été aussi, on le sait moins, monteur du premier long métrage d'Agnès Varda, LA POINTE COURTE. Avec HIROSHIMA, il entame à 37 ans une carrière exceptionnellement riche et tout aussi exceptionnellement longue (il réalisa son dernier film, AIMER, BOIRE ET CHANTER, à 90 ans passés !) qui l'imposera comme l'un des plus grands cinéastes français contemporains.


Aujourd'hui, un marivaudage spatio-temporel à Montparnasse.





Jeudi 14 janvier


Hier, fin N°8. Pas évident de trouver parce qu'on ne peut pas dire que le film m'ait beaucoup marqué... On reconnaît évidemment tout de suite Catherine Frot et Albert Dupontel. Ils n'ont tourné, à ma connaissance, que deux films ensemble : Le Vilain, réalisé par Dupontel lui-même, mais Catherine Frot jouait la veille maman du héros et n'avait pas du tout cette tête-là, et en plus cette fin joliette n'est pas du tout dans l'esprit Dupontel ; c'est donc le second : ODETTE TOULEMONDE (2006), réalisé par l'écrivain Eric-Emmanuel Schmitt, qui a spécialement écrit pour le cinéma cette fable bienveillante et gentiment farfelue, qui suit le destin d'Odette, vendeuse de cosmétiques le jour et petite main brodeuse de paillettes et de plumes pour les Folies bergères (d'où la référence à Joséphine Baker dans l'indice : elle devint la grande vedette du cabaret en 1926) le soir : elle rêve d'amour toujours et s'évade dans les romans à l'eau de rose écrits à la chaîne par l'écrivain blasé Balthazar Balzan (Dupontel), qu'elle va finir par rencontrer grâce à une petite lettre sur papier rose qu'elle a osé lui écrire, non sans mal (« si j'ai de l'orthographe, je n'ai pas de poésie »). Un p'tit grain de fantaisie, un p'tit poil de folie douce... et Catherine Frot qui emballe le tout en rêveuse au cœur d'artichaut.


A présent, la séquence du jour avec cette phrase iconique pour indice : « tu n'as rien vu... »





Mercredi 13 janvier


Hier, un dernier baiser entre Audrey Hepburn (habillée par Paco Rabanne) et Albert Finney dans VOYAGE À DEUX (1967), réalisé par Stanley Donen. Une fausse comédie plus mélancolique que romantique, que vous avez eu l'occasion de revoir chez nous l'été dernier. Six tranches de vie déterminantes pour raconter douze ans de la vie d'un couple, de l'emballement au désenchantement, de l'euphorie à la lassitude. Une construction à la fois savante et limpide, propice aux chocs des émotions les plus diverses. Et deux acteurs au sommet de leur art et de leur charme.
Je profite de l'occasion pour rappeler à votre attention l'un des plus beaux rôles d'Audrey Hepburn : c'était à la fin de sa carrière, dans LA ROSE ET LA FLÈCHE (1976) de Richard Lester. Si j'en parle maintenant, c'est qu'elle en partage l'affiche avec un comédien qui s'y montre également prodigieux : Sean Connery. À l'occasion du récent décès de l'acteur écossais (le 31 octobre dernier, on venait juste de re-fermer nos salles, ça nous a rendus encore un peu plus tristes), tout le monde a bien sûr évoqué son rôle récurrent de James Bond mais personne n'a parlé de son interprétation magnifique de Robin des bois vieillissant dans le film de Lester, aux côtés de l'inoubliable Marianne d'Audrey Hepburn.


Pour celles ou ceux qui prennent le jeu en marche, le jeu que nous vous proposons depuis une semaine consiste à trouver le titre d'un film à partir d'un extrait de ses trente dernières secondes. Vous pouvez participer sur Facebook dans les commentaires de la publication ou par courriel (bordeaux@cinemas-utopia.org). Surtout, n'hésitez pas à commenter vos réponses et à partager ce que le film vous évoque, l'intérêt de ce quiz étant de poursuivre tant bien que mal les échanges cinéphiles entre nous ! Merci à tous.


Ci-dessous, la séquence du jour avec son indice : une fan de Joséphine Baker.





[Les précédentes publications du quiz sont disponibles ici]