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Quiz des "trente dernière secondes" du n°1 au n°50
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Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

Lundi 26 NOVEMBRE 2018 à 20h15

SOIRÉE-DÉBAT : Franchir les seuils


Organisée par Erasmus Expertise, réseau international d'experts contribuant au développement international de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Projection suivie d'un débat avec Jacqueline Bergeron, fondatrice et présidente d'Erasmus Expertise, codirectrice de l'ouvrage D'un seuil à l'autre, Dragoss Ouedraogo, cinéaste, professeur de cinéma et d'anthropologie à l'Université de Bordeaux, et Cheikh Sow, anthropologue, poète et musicien.
Achetez vos places à l'avance, à partir du Vendredi 16 Novembre.

NORTEADO

Rigoberto PEREZCANO - Mexique 2009 1h35mn VOSTF - avec Harold Torres, Sonia Couho, Alicia Laguna, Luis Cardenas, Adolfo Madera... Scénario de Edgar San Juan et Rigoberto Perezcano.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NORTEADOUn jour, l’homme a créé des frontières, puis il a construit des murs pour qu’elles deviennent infranchissables. Le mur de béton qui sépare les Etats-Unis du Mexique fait plus de 3200 kilomètres. 3200 km sous très haute surveillance : officielle de la police, ou officieuse des milices dites « citoyennes ». Des hommes qui empêchent d’autres hommes de franchir la ligne, celle qui éloigne la pauvreté de la richesse, qui délimite deux mondes. Mais aucun mur n’empêchera l’homme de tenter de passer de l’autre côté, aucune patrouille ne le dissuadera de risquer sa vie pour cet Eldorado tant et tant fantasmé. Le soleil, la soif, la faim, la perte totale de repères, et même le souvenir de ceux qui n'ont pas survécu, plus rien n’existe quand on a décidé de partir, laissant tout derrière soi, parfois même une femme, un mari, des enfants.

Bien que pure fiction, Norteado a aussi valeur de témoignage documentaire. L’histoire d’un être pris parmi des milliers, un destin attrapé au vol qui représente à lui tout seul les rêves et les désillusions de toute une communauté. En cela, Norteado a quelque chose de très fort car il transcende toutes les statistiques, les pourcentages, les chiffres racontant de manière anonyme tous ces immigrés clandestins qui ne sont jamais revenus de ce voyage du désespoir.
Andres a quitté son village natal, sa campagne du Sud du Mexique. Silencieux, solitaire, il veut passer du côté des dollars, là où tout est plus beau, plus lumineux, plus facile. Arrêté une première fois, il revient à la case départ : Tijuana, ville frontalière où se croisent les refoulés et les nouveaux partants qui vont tenter le diable munis d’un bidon d’eau, parfois d’un passeur et de beaucoup d’espoir. Il échoue par hasard à la porte d’une petite épicerie. Et il se fait embaucher par Ela, la patronne, pour seconder Cata, son employée. Ici, le travail ne manque pas et même si la paie est maigre, il a un toit, une place à table, et la chaleur toute simple d'un regard qui croise le sien. De la vie d’Andres, d’Ela, de Cata, on ne saura presque rien, excepté le fait que tous les trois ont un lien avec ce mur, avec ceux qu’il y a derrière, chacun portant en lui le poids d’une désillusion, d’une attente, d'une déception.
Andres ne renonce pas à son projet, même s'il trouve dans ce refuge douceur et réconfort. Entre celui-là qui veut partir et celles-là qui resteront, un lien se noue timidement, au détour d’un geste ou d’une attention. Cela pourrait être un peu plus, mais plus ce n’est pas possible car Andrès est résolu à poursuivre sa quête, refusant que cette parenthèse puisse le faire changer d’avis en lui montrant que finalement, la vie de ce côté-ci du mur n’est pas si misérable que cela. Le moment viendra donc de tenter à nouveau le passage vers le Nord. Mais contrairement aux autres fois, Andrès n’est plus seul. Et ensemble, on est toujours plus fort, plus ingénieux, plus malin, plus audacieux…

Tout en finesse, sans trop de mots, Norteado raconte avec beaucoup de justesse cet élan qui pousse un homme ordinaire et sensé à accomplir un acte incroyablement périlleux pour aller au bout de l’idée qu’il s’est faite de son propre bonheur. On y ressent aussi le choc entre l’amertume de tous ceux qui ont fait le choix de rester et cet élan de ceux qui veulent absolument partir. Sans en avoir l’air, c’est aussi un film qui dépasse largement le cadre de ses propres frontières pour dire l’absurdité d’un système qui perdurera ici ou ailleurs tant que le monde sera divisé en deux : ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien.