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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

CAMILLE

Boris LOJKINE - France 2019 1h30mn VOSTF - avec Nina Meurisse, Fiacre Bindala, Grégoire Colin, Bruno Todeschini, Mireille Perrier... Scénario de Boris Lojkine et Bojina Panayotova.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CAMILLELe 12 mai 2014 en République Centrafricaine, Camille Lepage, 26 ans, photojournaliste, est tuée quelque part près de la frontière avec le Cameroun. Elle couvrait depuis plusieurs mois les conflits violents entre les groupes rebelles de la Séléka (musulmans pour la plupart et venus du nord du pays pour renverser le régime de François Bozizé en 2013) et les milices d’auto-défense anti-balaka (majoritairement chrétiennes). Camille était lumineuse, idéaliste, déterminée, passionnée et travaillait au plus près du terrain, entretenant un rapport humain très fort avec celles et ceux qu'elle rencontrait dans ce travail de photo-reporter qu'elle démarrait tout juste. Son credo : « Témoigner des conditions de vie des populations en souffrance, innocentes et oubliées dans les pays en conflit ».

Camille Lepage n'est plus, mais ses photos demeurent, témoins magnifiques et terribles d'un conflit sanguinaire et absurde comme le monde en a connu et en connaît tant, dans une indifférence quasi systématique de la communauté internationale, en particulier quand il s'agit du continent africain. Faire appel à la fiction n'était peut-être pas l'idée la plus simple pour retracer la vie et le travail de Camille Lepage, mais c'est pourtant le choix fort qu'a fait Boris Lojkine, confiant à la délicate et intense Nina Meurisse (déjà vue dans pas mal de seconds rôle mais qui porte ici le film sur ses épaules, avec un talent et une présence rares) la complexe mission d'incarner la jeune femme. Parce qu'il impose naturellement une distance avec la destinée de Camille dont il ne reprendra pas forcément tous les détails, parce qu'il offre aussi cet espace de liberté propre à la création et à l'interprétation, ce film rend finalement un très bel hommage à l'essence du travail de Camille Lepage et à la profonde humanité qui l'habitait.
Car Camille aime les gens, elle aime les écouter raconter leurs parcours de vie, elle aime se sentir proche d'eux, partager un repas, une conversation, échanger un regard. C'est cet appel de l'autre qui semble l'avoir poussée loin de sa zone de confort et de la France, cet appel du large et du voyage qui l'a fait choisir ce métier. Mais plus que tout, Camille est une idéaliste. Elle est convaincue que le témoignage qu'elle transmettra grâce à ses photos pourra faire changer le monde, le rendre plus juste, plus humain.
Quand elle arrive en République Centrafricaine, elle ne sait pas encore qu'elle va être happée par la force vive de sa jeunesse et par la tension extrême qui l’agite. Elle décide de chercher à comprendre le conflit en étant au plus près de ses protagonistes, dans un travail de fond qu'elle va mener avec courage et détermination. Comment rendre compte de l'horreur et garder la distance nécessaire au travail journalistique ? Comment témoigner sans prendre position ? Comment faire cohabiter l'intimité d'un regard qui puise sa source dans l'âme et le recul indispensable à son propre équilibre ? Comment photographier la folie de la guerre quand on aime les gens ? Plongée au milieu de la crise centrafricaine, Camille s’efforce de continuer à faire son travail sans céder au cynisme. Mais est-ce possible ?

Tourné en partie en République Centrafricaine, c'est un film bouleversant qui se voit aussi comme un récit d'initiation, qui vous happe et ne vous quitte pas, à l'instar des photos originales de Camille Lepage que le réalisateur a judicieusement placées dans le récit, comme une incursion brutale du réel, mais aussi pour nous donner envie de découvrir le remarquable travail de cette photographe engagée disparue prématurément.