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Le blog des profondeurs...
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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

HONEYLAND, la Femme aux abeilles

Tamara KOTEVSKA et Ljubomir STEFANOV - documentaire Macédoine 2019 1h26mn VOSTF - avec Hatidze et Nazife Muratova, Hussein, Ljtuvie, Mustafa et le reste de la famille Sam...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

HONEYLAND, la Femme aux abeillesS’il est un endroit où les masques peuvent tomber, où ils n’ont pas lieu d’être, c’est bien à Bekirlijia. Un endroit oublié des drones capteurs de vies privées et qui échapperait presque à l’œil acéré des satellites. Il suffit de regarder une carte en ligne : pas de visite virtuelle possible dans ces ruelles qui semblent à tout jamais abandonnées de la civilisation et des hommes. Pourtant, sous la carcasse de ce vieux village délabré, la vie continue de grouiller, intemporelle, merveilleuse. Une vie dont Hatidze et sa très vieille mère Nazife sont les uniques représentantes humaines. Hatidze est le centre du motif, une souveraine sans royaume, refusant d’assujettir le monde, d’asservir des sujets. Ici tout être n’a pour seule maîtresse que sa nature profonde, pour seuls guides son instinct et le savoir que procurent de longues heures d’observation, d’expérimentation. Instinctivement, sans que mot ne soit soufflé, on devinera qu’il faut une sacrée force d’âme pour survivre ici et Hatidze, sous sa rudesse de paysanne basanée, est porteuse d’une sagesse ancestrale, plus savante que bien des experts, plus fine que bien des lettrés, plus philosophe que bien des théoriciens. Au début du récit, elle n’est pourtant qu’un petit point, revêtu de jaune, perdu dans l’immensité d’une nature aride et caillouteuse à la beauté vertigineuse. Sans du tout la connaître, on est déjà conquis par sa démarche allègre, son pied sûr qui ne s’émeut pas du vide menaçant.

Hatidze arpente les crêtes qui surplombent son univers comme elle l’a toujours vu faire et puis fait. Tout cela pour parvenir dans un endroit improbable perché dans les rochers et y dénicher un presque trésor, qu’on vous laisse découvrir avec elle. Elle ne redescendra de sa montagne qu’avec le soleil qui décline. Dans la nature poudrée d’or se déploie une myriade d’abeilles chatoyantes, qu’Hatidze accueille et amadoue avec une étrange mélopée et des gestes d’une infinie délicatesse. Car on ne l’a pas dit, mais notre drôlesse est avant tout apicultrice, une comme on n’en fait plus.
Ici chaque lendemain ressemble au jour d’avant, mais rien n’est ennui. Tout ne semble qu’harmonie, malgré que rien ne soit aisé, loin du confort moderne. L’on s’étonnera de découvrir bientôt que cet endroit oublié des routes goudronnées n’est pas tant au bout du monde : nous sommes à vingt kilomètres seulement de Skopje, la capitale macédonienne. C’est d’ailleurs ce qui permet à notre héroïne d’aller y vendre son miel, de s’offrir de rares coquetteries et surtout de revenir chargée de quelques gâteries pour Nazife, son unique compagnie… Du moins jusqu’à ce qu’arrivent Hussein, sa femme, leur ribambelle de mômes et leur troupeau de vaches indisciplinées. Si Hatidze accueille ces Turcs, qui parlent son dialecte, avec son habituelle bienveillance, elle finira par déchanter autant que ses butineuses… consciente qu’il en faut peu pour détruire le délicat équilibre naturel qui régnait jusque-là…

La réalité se révèlera plus enchanteresse et féconde que n’importe quelle fiction. On se surprend d’ailleurs à se demander si la protagoniste principale est bien réelle ou inventée, tellement elle est extraordinaire, avec ses airs de sorcière hors du temps. Son nez comme un défi à Cyrano, ses dents à faire frémir le plus aguerri des dentistes nous deviendront vite familiers et l’on trouvera incroyablement aimable cet atypique visage buriné, d’où jaillit un regard qui pétille, un sourire qui rayonne, une humanité qui transporte.