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THE LAST HILLBILLY

Diane Sara BOUZGARROU et Thomas JENKOE - documentaire France / USA 2020 1h20mn VOSTF - Fifib 2020 : Grand Prix de la compétition française.

Du 09/06/21 au 29/06/21

THE LAST HILLBILLY« Tout le monde sait que nous sommes ignorants, pauvres, violents, racistes, consanguins. Tout ça est vrai. Que nous sommes responsables de l’élection de Trump et tout ce merdier. Selon les infos, en tout cas. » Brian Ritchie, protagoniste principal du film

Hillbilly – en France, on disait plutôt redneck –, c’est ainsi que l’on nomme le prolétaire blanc déclassé des états du Sud et du centre des États Unis, frappé de plein fouet par la désindustrialisation. Il est devenu dans les années 1970, au lendemain de la guerre du Vietnam, entre autres avec le mythique Delivrance de John Boorman, une figure importante et récurrente du cinéma américain. Souvent représenté comme un être inquiétant et violent, volontiers raciste, qui a la fâcheuse tendance à vouloir beaucoup de mal aux citadins de passage, il a fait le bonheur des cinéphiles qui se sont fait peur avec Massacre à la tronçonneuse ou La Colline a des yeux.
Pourtant les cinéastes français Diane Sara Bouzgarrou et Thomas Jenkoe n’ont pas hésité à s’arrêter un soir dans un « diner » du Kentucky, dans les Appalaches, territoire emblématique des derniers hillbillies. Ils y ont non seulement survécu mais y ont rencontré le personnage central de leur film : Brian Ritchie, autochtone étonné de voir des mangeurs de grenouilles égarés dans cette contrée où l’on ne fait que passer à toute allure. Et Brian leur a proposé de raconter sa réalité. Les réalisateurs se sont pris au jeu, vivant près de lui et de sa famille, dans un de ces mobile homes souvent associés à ces populations précarisées.

Évitant le piège des clichés exotiques, le film brosse le magnifique portrait d’un homme à la richesse insoupçonnée mais aussi d’un monde qui se meurt. Un monde qui a été brisé par la fin des mines de charbon et qui, par bien des aspects et même si les paysages sont fort différents, rappelle les terres du Nord de la France où vivent et travaillent les deux réalisateurs. L’inéluctable désindustrialisation a laissé sur le carreau des ouvriers qui se sont précarisés en quelques décennies et qui ont retrouvé de fait une sorte d’état sauvage au cœur de ces montagnes majestueuses et inquiétantes. Dans The Last hillbilly, on se baigne beaucoup dans de sombres étangs, on hurle aux coyotes en famille, on reste autour du feu, à vivre un peu dans une certaine nostalgie et une crainte certaine d’un avenir incertain. Heureusement les réalisateurs ont voulu éviter aussi l’imagerie western, son scope et ses grands espaces, et ont opté pour un format d’image plus carré qui réduit comme dans un tableau l’univers de Brian, lui conférant un aspect plus inquiétant et plus mental. D’ailleurs se superposent superbement l’univers minéral et végétal des Appalaches et celui, intérieur, de Brian, dont la voix off – il a écrit lui-même son texte, remarquable – à l’accent si particulier rythme le film. Dans sa dernière partie, The Last hillbilly s’ouvre sur le quotidien et les sentiments des enfants qui, eux, ont bien envie d’un ailleurs moins âpre sans vouloir renoncer à ce qui fait leur identité.

Signalons pour finir le travail incroyable sur la bande son réalisé par Jay Gambit, un musicien noise de Philadelphie qui a travaillé en mixant des instruments typique des Appalaches et des bruits industriels. Tous ses talents réunis nous donnent un documentaire d’une rare force narrative et expressive.