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Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

Jeudi 23 Septembre 2021 à 20h15

SAISON AFRICA 2020


Projections proposée par le FIFIB
En présence de Jabulile Nadia Newman (sous réserve)

L'INDOMPTABLE FEU DU PRINTEMPS

Écrit et réalisé par Lemohang Jeremiah MOSESE - Lesotho 2020 2h VOSTF - avec Mary Twala Mlongo, Jerry Mofokeng Wa Makhteta, Makhaola Ndebele, Tseko Monaheng...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'INDOMPTABLE FEU DU PRINTEMPSDu haut de ses 80 ans, Mantoa a subi toutes les épreuves qu’une vie peut réserver, et en particulier la mort de son époux et de son fils. Toute son existence est désormais occupée par la perpétuation d’une tradition, sur les terres infimes du Lesotho, qui met le respect des morts au-dessus de tous les principes. Quand le député du coin apprend aux villageois qu’un barrage va être construit et que les dépouilles devront être sorties de leurs tombes pour être transportées dans une ville des environs, Mantoa endosse le rôle, autant politique que spirituel, de la gardienne de la tradition…

L’Indomptable feu du printemps est un film merveilleux, dès son titre. Merveilleux dans la mesure où il convoque le conte, la littérature, la poésie, la musique et bien évidemment la photographie, avec cet art de fixer les paysages et les couleurs. La première scène amène le spectateur dans une sorte de lieu de passage, où les gens viennent boire et écouter des musiciens. Un conteur se trouve là. Il entrecoupe la lecture d’un texte d’intermèdes musicaux tirés d’un instrument à vent. D’emblée, le réalisateur Lemohang Jeremiah Mosese installe une ambiance fascinante. Le choix des chants, des couleurs, le jeu sur le floutage, la façon de cadrer et de découper l’espace annoncent un film d’une foisonnante richesse d’inspiration. Le récit sollicite l’attention et la participation active du spectateur, qui doit être patient, accepter de s’abandonner à un rythme, à une temporalité inhabituelles, à des références culturelles très éloignées des siennes, à une esthétique très particulière. De fait, le film est une sorte d’invitation spirituelle et sensible au lâcher-prise.

Cette histoire est d’abord portée par une comédienne dont la prestation est à couper le souffle. Mary Twala Mlongo (malheureusement décédée peu de temps après le tournage du film) donne chair à son personnage avec une rare intensité. Elle semble elle-même emportée à titre personnel dans cette épopée morale où elle engage toute sa force, toute sa douleur. En cela, elle devient presque un emblème de ce tout petit pays d’Afrique australe, le Lesotho, dont on connaît à peine l’existence. On perçoit très fortement les enjeux pour les communautés rurales, attachées à leurs terres, à leurs souvenirs, qui doivent faire face aux ambitions du pouvoir monarchique – le Lesotho est un royaume – dont le but est de moderniser la nation. Mantoa endosse un rôle de sage, de femme politique, mais aussi et surtout d’artiste dont la voix et le chant témoignent de son irréductible volonté de faire perdurer le souvenir des ancêtres. Elle donne vie à une forme de mélancolie qui fait partie intégrante de la complexité culturelle de son village, de son peuple. Elle et son interprète sont inoubliables.

(merci à L. Cambon, avoir-alire.com)



À propos du Lesotho
Le Lesotho est un minuscule pays (30 355 km2), devenu indépendant du Royaume Uni en 1966, entièrement enclavé dans le territoire de l’Afrique du Sud, dont il est économiquement dépendant. Ses chaînes de montagnes colossales forment près des trois quarts de son relief et sont à la source de l’abondance en eau du pays, une eau considérée comme étant parmi les plus pures au monde. Son exportation annuelle via le « Highlands Water Project », depuis le Lesotho et vers l’Afrique du Sud, est estimée à environ 780 millions de mètres cubes, le plus grand programme de transfert hydraulique jamais conçu en Afrique.
Au fur et à mesure de la construction de nouveaux réservoirs et barrages, des milliers de villageois des hauts plateaux sont forcés de quitter leurs terres pour être relogés en ville (expérience douloureuse qu’a vécue le réalisateur Lemohang Jeremiah Mosese).