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Mardi 31 AOÛT 2021 à 20h15

PRÉAMBULE AU FESTIVAL VINO VOCE


7e édition – Saint-Emilion les 10, 11 et 12 septembre
PROJECTION suivie d'une rencontre avec l'équipe du festival.
Prévente des places au cinéma à partir du Samedi 21 Août

TRAVIATA ET NOUS

Philippe BÉZIAT - documentaire France 2012 1h52mn - avec Natalie Dessay, Jean-François Sivadier, Louis Langrée, Charles Castronovo, Ludovic Tézier, Adelina Scarabelli, les musiciens du London Symphony Orchestra, les chanteurs de l'Estonian Philarmonic Chamber Choir, les techniciens, les décorateurs, le... À partir de l'opéra de Giuseppe Verdi, lui-même inspiré de La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas Fils.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TRAVIATA ET NOUSCe grand petit film documentaire est bien plus captivant, bien plus exaltant, et transmet bien mieux la grandeur et la magie de l'opéra que n'importe quelle retransmission en direct live du Palais Garnier ou de la Scala de Milan à 25 euros la place. Traviata et nous nous plonge au cœur de l'œuvre en nous immergeant dans le travail de création en train de s'accomplir, pas à pas, d'hésitations en trouvailles, de tâtonnements en fulgurances, de doute en accomplissement. Philippe Béziat réussit le tour de force d'être aussi exigeant que les artistes qu'il filme – et Dieu sait qu'ils le sont, jusqu'à l'obsession –, aussi précis, aussi pointu sans que jamais le spectateur, même néophyte, même peu versé dans l'art lyrique, ne se sente mis à l'écart, pris de haut, sans que jamais il décroche. Il y a une énergie dans ce film, une vitalité, un plaisir qui sont hautement communicatifs et qui vous procurent des émotions assez inédites dans le cadre d'un documentaire de ce type. Il faut dire que, même pour un béotien de mon acabit, la partition de Verdi propose quelques airs qui vous tireraient les larmes, surtout lorsqu'ils sont chantés par Natalie Dessay et ses jeunes partenaires moins connus, Charles Castronovo ou Ludovic Tézier.

Printemps 2011. Jean-François Sivadier commence à travailler sur la mise en scène de La Traviata à Aix-en Provence. Création programmée lors du célèbre festival lyrique en Juillet. Le chef Louis Langrée dirige le London Symphony Orchestra. Natalie Dessay sera Violetta, l'héroïne tragique de Verdi, inspirée de la Marguerite Gautier d'Alexandre Dumas Fils. Pendant deux mois, des salles de répétitions aux coulisses du Théâtre de l'Archevêché, une petite équipe de cinéma va suivre leur travail au plus près. Discrètement omniprésente, jusqu'à se faire oublier, jusqu'à faire partie du processus créatif.
Comment aborde-t-on, comment s'approprie-t-on La Traviata ? Comment l'histoire prend-elle vie sur un plateau de théâtre ? Comment s'incarne-t-elle dans le corps et dans la voix des chanteurs/acteurs ? Comment l'ampleur et l'émotion de la musique naissent-elles et renaissent-elles, jusqu'à la perfection, sous la baguette du chef, dans les rangs de l'orchestre et du chœur ? Comment se crée et se renouvelle le miracle de l'opéra ?
Traviata et nous, c'est l'addition des Traviata et moi : Traviata et Sivadier, Traviata et Dessay, Traviata et chacun des chanteuses et chanteurs, Traviata et Langrée, Traviata et chacun des musiciens, chacun des choristes, Traviata et chacun de ceux qui travaille dans l'ombre à l'œuvre collective, jusqu'à Traviata et moi, spectateur embarqué dans cette grande aventure.

Le film commence par le début du début, par les balbutiements. Dans une salle nue seulement garnie de quelques chaises, Natalie Dessay, en tenue de ville, sans accessoire, sans maquillage, fait ses premiers pas en Violetta. Et immédiatement le charme opère, immédiatement notre attention est aux aguets. Sivadier et Dessay dessinent ensemble le personnage, sa façon de marcher, sa façon d'occuper l'espace. Ils y mettent un mélange d'humilité et d'intensité incroyable. Avant même que la moindre note de musique soit jouée, encore moins chantée, Violetta prend corps. Et c'est le début d'un long cheminement, d'une patiente recherche commune, à laquelle vont se joindre les partenaires de Dessay et tous les protagonistes, chacun à son tour, chacun à sa place, chacun indispensable à l'œuvre en train de se construire.
Le montage, particulièrement intelligent et dynamique, ne suit pas l'ordre des répétitions mais respecte la chronologie de l'action, on ressent donc la progression dramatique de l'œuvre, se crée une sorte de suspense qui tient à la fois à la dramaturgie de l'opéra et à l'incertitude permanente du travail créatif, dont le duo Sivadier / Dessay est l'épine dorsale. Et quel duo ! Ils sont tous les deux extraordinaires, lui tête chercheuse au regard toujours prêt à s'émerveiller, elle boule d'énergie réagissant au quart de tour, inventive, intuitive, lumineuse, et évidemment bouleversante dès qu'elle chante.