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Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

Quiz des "trente dernière secondes" du n°1 au n°50
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°1 au n°50  Quiz cinéma : les 30 dernières secondesPour célébrer la fin de l’année écoulée et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2021, l’équipe d’Utopia Bordeaux (sur un colossal travail d’archiviste d...

DODO

Écrit et réalisé par Panos H. KOUTRAS - Grèce 2022 2h15mn VOSTF - avec Smaragda Karydi, Akis Sakellariou, Natasa Exintaveloni, Marisha Triantafyllidou...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DODO« Nous sommes de l’étoffe dont sont fait les rêves »… De quelle étoffe est faite un réalisateur dont le premier film s’intitulait L’Attaque de la moussaka géante et qui surfe de film en film entre un réalisme lucide et une large part d’extravagance libératrice. Une association jubilatoire qui permet de brouiller les pistes, de disséquer les mœurs contemporaines tout en laissant une bouée de secours ludique à la spectatrice ou au spectateur. Dodo n’y déroge pas, et même moins que jamais, et on peut y lire tout autant une comédie absurde qu’une tragédie shakespearienne, avec ses tirades théâtrales, l’effervescence fébrile d’un songe d’une nuit d’été tellement athénienne. Cinglante critique d’un monde en déliquescence, très grec et très universel, tout autant que féérique et joyeusement cauchemardesque.

Dans une villa de rêve, se prépare le mariage idéal. Il est beau, elle est belle, ils se feront une vie de conte de fée et de beaux enfants. Ils s’aiment à n’en point douter. Cerise sur la pièce montée, nulle vilaine sorcière n’est en vue, déguisée en vendeuse de pommes, jeteuse de mauvais sort. Si le mal existe, il n’est pas un démon extérieur mais un infime point faible lové dans le cœur des hommes. Alors ? Il ne devrait y avoir pour seul stress ambiant que celui de mal choisir les costumes, le décor, le champagne, les plans de tables… Mais cela, on le délègue, comme on délègue tous ses soucis à des subalternes. C’est cela être riche, pouvoir se payer le luxe, si ce n’est du bonheur, du moins de l’insouciance. On jalouserait presque ce microcosme grand bourgeois… presque. Dans ce pays au beau fixe, une nébulosité invisible, légèrement malaisante, s’ancre dans la pureté de l’azur. Sur la perfection prétentieuse de la pelouse, soudain quelque chose dépare. Quelque chose ou quelqu’un ? C’est d’abord comme une illusion d’optique…
Croyez-vous aux miracles ? Celui-là est annoncé dans le titre : il s’agit bel et bien d’un dodo, tel qu’il en existait il y a encore trois cent ans, avant qu’ils n’intègrent, grâce aux efforts soutenus de la race humaine, la litanie sans fin des espèces disparues. Voilà le gros oiseau comme rejailli du grand cimetière animal. C’est d’abord Mariella, la maîtresse de maison, qui l’aperçoit, n’osant en parler à personne… Sans doute un peu de surmenage… Que faire ? Se recoucher ? Prendre un cacheton ? Aller parler à un psy ? Risquer de passer pour une folle ?

Puis la présence de la bestiole s’ancrera dans la réalité collective. Qu’en feront les humains ? Avec ses façons pataudes, incapable de s’élever au dessus de la mêlée malgré ses ailes aux plumes clinquantes, il semble leur tendre un miroir grossissant. Au fur et à mesure que le volatile non volant prend sa place, tantôt ridicule, tantôt inquiétant, ange ou démon à l’instar des hommes, le beau vernis des apparences se craquèle. Parvient à nos narines un relent de décadence. Certes il y a l’amour, mais il y a aussi la raison, il y a aussi une classe sociale qui se déplume et dont le plus gros péché est de s’être crue invulnérable, à tout jamais protégée des misères du monde et que rattrape la réalité économique d’un pays exsangue.
Le dodo observe autant qu’il est observé et peut-être mieux. Son regard rappelle celui des oiseaux de la chanson Tout fout l’camp (chantée par Edith Piaf, Damia, Mouloudji, Juliette…) qui crient « au fou ! » en observant ceux qui se disaient maitres de l’univers, qui se croyaient des presque dieux… Et pan, le nez dans la poussière… Des humains ou de l’oiseau, lesquels sont les plus absurdes ? M’est avis que vous avez une petite idée de la réponse…