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Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

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Séance unique lundi 14 novembre, suivie d'une rencontre avec David Yon, réalisateur, animée par Vincent Deville, Maître de conférences en cinéma à l’Université Paul-Valéry.

LA NUIT ET L’ENFANT

David Yon - documentaire France 2015 1h - avec Lamine Bachar, Aness Baitich...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA NUIT ET L’ENFANTUne silhouette marche, le pas lourd, sur une terre brune et désolée. Devant lui un enfant, au loin une dune et un ciel poussiéreux. En voix off l’homme nous confie sa peine au creux de l’oreille : « Chaque fois que je songe, mes passions me submergent. Je fuis avec mes rimes pour panser mes blessures d’hier. » Dès l’ouverture de son film, David Yon entraîne le spectateur sur le chemin du conte et de la poésie. L’obscurité, le paysage désertique, tout nous invite à perdre nos repères, à nous laisser guider dans une rêverie inquiète. Lamine et le jeune Aness traversent ensemble une nuit qui n’en finit jamais, fuyant une menace imprécise. Ils errent dans une zone inconnue, sans cesse redessinée par de faibles lueurs – étoiles, lune, feux ou éclairs faisant naître à l’écran des visions fantastiques. Bientôt nous comprenons que le soleil a disparu, qu’il ne se lèvera plus ici, abandonnant chacun à ses propres ténèbres. La fable se charge d’une lecture politique : Lamine explique que la région a été vidée de ses habitants par les terroristes, plongeant le pays dans la peur. Et depuis cette « décennie noire » les fantômes du passé semblent partout omniprésents.

La Nuit et l’enfant fascine par son atmosphère, son travail sur les couleurs et les ombres, créant un univers à la frontière du visible. Dans une nature majestueuse se débat une humanité fragile, et l’infiniment grand (la steppe, l’orage) côtoie l’infiniment petit (une abeille qui meurt, une bougie qui tremble). Mais David Yon ne se limite pas à cette veine contemplative, et le film bifurque ensuite vers des rivages plus surprenants, s’ouvre à d’autres voix. D’une courte durée (une heure), La Nuit et l’enfant révèle ainsi par touches son projet ambitieux : permettre à ses acteurs de se réapproprier un territoire blessé, avec l’espoir de le voir un jour refleurir.

(Gildas Mathieu, Critikat.com)