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CINÉ TRICO'THÉ
    Prochain CINÉ TRICO’THÉ, le samedi 7 octobre pour la séance de CRASH TEST AGLAE à 14h15. Retrouvons-nous dans le hall après la projection du film, pour en discuter autour d’un thé et … tricoter ! Disons vers 15h30 !... Lire CINÉ TRICO'THÉ...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

Après «120 BPM», épargnez-nous vos louanges
Tribune de Didier Lestrade, journaliste, écrivain, cofondateur d’Act Up et de Têtu, parue dans Libération le 30 mai 2017 Il y a encore deux mois, ma mère me disait à table : ­«Didier, tu as tout fait contre le sida, c’est bien, maintenant, il faut que tu tournes la page et que tu écrives sur a...

20TH CENTURY WOMEN

Écrit et réalisé rar Mike MILLS - USA 2016 1h59mn VOSTF - avec Annette Bening, Greta Gerwig, Elle Fanning, Billy Crudup, Lucas Jade Zumann, Thea Gill... Bande son formidable, à base de Talking Heads & Co.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

20TH CENTURY WOMENCe beau film pourrait être une strophe apocryphe, féminine et californienne, ajoutée au célèbre poème de Rudyard Kipling, Tu seras un homme, mon fils. Une strophe qui raconterait la nécessité de s’ouvrir au monde en général et aux personnes du sexe opposé en particulier, qui inciterait à le faire en restant généreux, tendre et toujours à l’écoute, une strophe comme un appel au libre arbitre, à l’insouciance, à l'intelligence de l'âme autant qu'à celle du cœur. Cette strophe, ce serait Dorothea qui la murmurerait, pensive, clope au bec, sur un air de Billie Holiday, au volant de sa vieille bagnole, le long de la route des plages à Santa Barbara en pensant à Jamie, son fils unique.

1979. Dorothea Field a déjà 50 ans. L’époque n’est plus tout à fait la marmite bouillonnante des années contestataires, elle se glisse sagement dans les années quatre-vingt de l’ère Reagan. Jamie n’est plus un enfant, ce bébé né d’un amour fugace qu’elle élève seule depuis 14 ans. Les années ont filé et elle n’a rien vu venir : Jamie est un ado d’une autre époque que la sienne et le lien, tellement fort, qui l'unit à sa mère est en train inévitablement de se distendre, on appelle ça grandir. Toute maman poule qu’elle est un peu quand même, sous ses allures de féministe libre et indépendante, Dorothea est taraudée par une question : comment aider cet ado un peu renfermé à devenir une belle personne ? Comment l’aider à affronter cette parenthèse à la fois excitante et terrifiante à l’issue de laquelle il sera un (jeune) homme ? Pas la peine de chercher dans les manuels, ni chez les psy, ni même tenter de s’imposer face à lui en professeur de la vie, position ô combien facile quand on est parents… Pas besoin de chercher loin : les guides sont à côté d’elle, mieux encore : sous son toit.
Abbie, Julie et William, co-locataires avec lesquels Dorothea partage sa grande et belle demeure trop lourde à assumer financièrement, sont les alliés idéaux pour ce projet, qu'elle doit mener à bien avant qu'il ne soit tard, avant qu'elle n'ait plus la patate, avant que son fils n'ait pris de sales habitudes de macho ou de petit con, avant qu'il n'ait été trop formaté pour entrer dans le moule des convenances, de la bienséance, du système. Abbie : photographe un peu tourmentée mais résolument pleine de vie alors même que son corps joue une interminable partie d’échecs avec une saloperie. Julie : jeune fille aussi effrontée que perdue qui joue à cache-cache avec son mal être dans des liaisons sans saveur mais revient toujours se glisser en toute innocence sous les draps de Jamie, son meilleur ami. William : gaillard aux mains rugueuses mais délicates qui aiment modeler la glaise, rafistoler les moteurs des vielles caisses et caresser les seins des femmes.
Une équipe enseignante imparfaite, insoumise et terriblement humaine, avec ses cassures, ses singularités, avec ses trajectoires heureuses ou mélancoliques. Une équipe qui va donner à Jamie du grain à moudre, des œuvres emblématiques à lire ou simplement quelques expériences à partager.

D’une grâce ensoleillée et mélancolique à la fois, portée par la sublime Annette Bening dont chaque ride aux coins des yeux raconte mieux que des mots les milles et un épisodes de la vie de son personnage, 20th century women est une chronique généreuse qui raconte avec tendresse le temps qui passe sur les êtres et les époques, pour le meilleur et le pire, préférant toujours ne garder que le meilleur. Car ce portrait tendre d'une mère inoubliable, drôle, pétillante, envahissante… est un hymne à la vie, à la jeunesse et à l'amour sous toutes ses coutures.