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CINÉ TRICO'THÉ
 Prochain CINÉ TRICO’THÉ le samedi 6 mai pour la séance de FELICITE à 14h35.Retrouvons-nous dans le hall après la projection du film, pour en discuter autour d’un thé et … tricoter ! Disons vers 16h40 !... Lire CINÉ TRICO'THÉ...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

Mangez-vous les uns les autres (petite histoire du cannibalisme au cinéma)
Et si le cannibalisme organisé était, face à la pénurie future des ressources alimentaires, une solution d’avenir ? C’est l’hypothèse émise dans Soleil Vert en 1973. Le cannibalisme, tabou ultime de nos sociétés occidentales, a été pratiqué partout et en tout temps, la transsubstantiation chrét...

PATIENTS

Réalisé par GRAND CORPS MALADE et Medhi IDIR - France 2017 1h50mn - avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune, Franck Falise, Yannick Renier, Anne Benoit, Alban Ivanov, Dominique Blanc, Xavier Mathieu... Scénario de Fadette Drouard et Grand Corps Malade, d’après son livre.

Du 12/04/17 au 25/04/17

PATIENTSMarcher, se lever, se laver, lacer ses chaussures, se faire cuire un œuf, lever son verre, monter les marches, serrer une main, se gratter le dos… et bien d’autres grandes ou petites choses plus ou moins avouables : on ne réalise pas au quotidien ces mille milliard de gestes que notre corps, cette géniale machine en mouvement perpétuel, est capable d’accomplir pour nous servir. Jusqu’au jour où la bécane se met à déconner, à partir de travers, à se mettre en grève générale ou partielle, la faute à la maladie, aux accidents, la faute au destin, la faute à pas de chance ou, pour Ben, la faute à la piscine. Si elle avait été un peu plus profonde, cette piscine, Ben aurait pu y nager tranquille au lieu de s’y fracasser… Résultat aussi violent que le choc : paralysé à 20 piges, horizontalité obligée, plus d’autonomie, plus de mouvement, plus qu’un lit et quatre murs comme unique ligne d’horizon.

Patients raconte une année dans la vie de Ben. Une année pas comme les autres, passée dans un centre de rééducation pour les traumas en tous genre, les poly, les semi, les crâniens, les para, les tétra. Une année pour tenter de se réparer, de se reconstruire, une année toute entière pour apprendre à accepter sa nouvelle condition et peut-être aussi pour s’en échapper.
Coincé dans ce nouveau corps qui ne répond plus présent à l’appel, Ben va faire l’apprentissage complexe et surréaliste de l’assistanat 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Redevenu nourrisson, mais avec la tchatche et l’énergie de ses vingt ans, Ben n’a d’autre choix que de se laisser guider dans ce drôle de nouveau monde où chaque geste banal devient aussi balèze qu’un des douze travaux d’Hercule, et peut provoquer, selon l’humeur et le moral, un fou rire ou des cris de rage.
Dans le centre, c’est une véritable communauté, patients et soignants, qui vit au rythme des séances de kiné, de piscine, des repas… et que le temps est long quand il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre le prochain soin ! Patient, on l’est ici dans tous les sens du terme. Chacun gère son trauma de son côté, avec son histoire, avec ses mots, avec son humour, souvent grinçant, parfois tendre, avec ses forces et chacun aborde la vie et l’avenir comme il le peut. Mais ensemble, la vie dans le centre est tout de même un chouïa moins pénible.

L’histoire de Ben, c’est l’histoire de Fabien Marsaud, plus connu sous son nom d’artiste, Grand Corps Malade, et ce film est tiré de son livre Patients, gros succès de librairie. On prédit à peu près la même destinée à ce film qui va réunir les jeunes, les moins jeunes, les associations, les familles, ceux qui avancent en courant, en boitant, les accidentés, les valides, les vaillants, les cassés, les solides, les cabossés, les réparés, bref, il va embarquer dans le sillon de sa belle énergie ce qu’il est convenu de nommer un large public. Parce qu’il est souvent drôle, terriblement humain et tendre, parce que c’est un chant incroyable qui dit l’amour de la vie et qui raconte aussi, avec une franche sincérité, la force du lien entre les corps cassés et les cœurs généreux, cette force qui donne envie de se battre et d’avancer, avec ou sans roues.
Mais s’il ne fallait retenir qu’une seule qualité à ce film décidément étonnant, c’est bien sa fraîcheur. Elle vient de ses auteurs, de ses comédiens, tous plus formidables les uns que les autres, mais elle émane surtout de ce refus catégorique de n’aborder cette histoire que via le seul prisme d’une cause, au demeurant tout à fait louable, celle du handicap. En décalant ainsi le regard, tout devient beaucoup plus fort, plus universel, plus intense. Sans jamais chercher à asséner vérité définitive ou morale bien pensante, juste par la force des dialogues et des situations, le film parvient, avec grâce et pudeur, l’air de rien, à profondément changer notre regard sur le handicap ; il le fait avec un peps, une énergie, un humour décapants et ça, c’est formidable.