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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

Lundi 17 octobre 2022 à 12h

CARTE BLANCHE À GRÉGOIRE COLIN dans la cadre du FIFIB


Projection en présence de Grégoire Colin

BEAU TRAVAIL

Claire DENIS - France 2000 1h30mn - avec Denis Lavant, Grégoire Colin, Michel Subor, Marta Tafesse Kassa, Richard Courcet... Scénario de Jean-Pol Fargeau et Claire Denis, inspiré de Herman Melville.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BEAU TRAVAILS'il y a un film qui ne se raconte pas, c'est bien Beau travail ! Beau travail se voit, se vit, se sent, se capte, mais ne se raconte pas. Ce n'est pas un film de mots, c'est un film de sensations. Ce n'est pas un film d'idées, de scénario, c'est un film de corps, de chorégraphie. Le lien très fort qui se crée entre l'œuvre et le spectateur n'est pas intellectuel ou psychologique, il est physique, charnel. C'est rare et très difficile à exprimer, ça fait de Beau travail un film étrange, dans le sens le plus fort et le plus excitant du terme, un film qui ne ressemble à aucun autre, vous fait un effet bœuf, vous met dans un état très particulier. Il faut donc l'aborder en toute décontraction, l'esprit et le corps parfaitement détendus, toutes connections sensitives ouvertes, toute impatience rationaliste aimablement priée d'aller voir ailleurs si on y est. Un massage ou une brève séance de relaxation préalables ne sont pas à exclure pour les plus cartésiens, les plus stressés, les plus rétifs à la communication non exclusivement verbale. Pour tous les autres, pas la peine de se compliquer la vie, il suffit de double-cliquer sur l'icône « curiosité » de leur ordinateur individuel et portatif communément dénommé « cerveau »…

Puisque de raconter il n'est pas question, contentons-nous de situer : un peloton de la Légion étrangère oublié, abandonné quelque part dans le golfe de Djibouti. Sous un soleil de plomb, sur une terre dont on ne voit pas le bout, au bord d'une mer tellement limpide qu'elle en devient insondable, vivent, s'activent quelques soldats virtuels d'une armée fantôme qui joue à la guerre faute de pouvoir la faire, et répare les routes, ce qui est déjà plus utile. À Marseille, l'ex-adjudant Galoup se souvient de ces temps heureux, de cette vie si bien orchestrée, de ses hommes, son groupe avec qui il ne faisait qu'un. Il évoque le souvenir de son commandant, cet homme qu'il admirait et qu'il n'a pas voulu partager avec un jeune légionnaire…
C'est tout, autant dire presque rien. Le reste, ce qui compte, ce qui captive, ce sont les corps, comme dit plus haut. Ces corps d'hommes qui bougent, s'entraînent, se touchent, se heurtent, s'empoignent, s'enlacent, se relâchent, s'apaisent, se reposent, s'endorment. Avant de s'éveiller, s'étirer, se remettre en mouvement… Ces corps sont incroyablement beaux à voir, Claire Denis les filme avec une sensualité extraordinaire, c'est une véritable danse. Il y a d'ailleurs un chorégraphe en bonne place au générique, il s'appelle Bernardo Montet.
Entre ces hommes, entre ces corps, les relations sont quasi-animales : séduction, méfiance, complicité, agressivité. Claire Denis n'explique rien, nous laisse deviner ce qui peut se cacher derrière ces échanges purement physiques, instinctifs. À supposer qu'il y ait quelque chose à deviner. Pas sûr…

Il se passe quelque chose de très érotique, de très troublant, voire de trouble. La fascination ne va pas sans malaise : tant de beauté, tant de virilité, l'armée, l'exotisme… Putain de film qui porte bien son titre : il n'a pas fini de nous travailler en beauté !