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Le blog des profondeurs...
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ÉDITO : LE JEU DU CALAMAR
Ça vous aura probablement échappé, mais c’est un drôle de petit vent de panique qui a soufflé cet automne sur notre merveilleuse profession. L’espace de quelques jours, le temps s’est arrêté, les respirations se sont suspendues, l’Apocalypse menaçait, la mort des cinémas français, mille fois annoncé...

ENSEIGNANTES, ENSEIGNANTS ! Vous pouvez organiser des séances scolaires en matinée.
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Montpellier. Strasbourg. Gonesse. Avignon. Quel point commun entre ces villes et tant d’autres ?
Le béton. Des projets inutiles. La soif des promoteurs et constructeurs, au nom de la croissance, pour notre confort et notre sécurité bien sûr… surtout ceux de leurs actionnaires !La Ceinture verte d’Avignon, véritable poumon pour les quartiers Sud, est menacée depuis 25 ans par un projet de r...

SAS Coopérative Qui vivra Bérat
La Ménardière, sise au cœur de la commune de Bérat – à une quarantaine de kilomètres au sud de Toulouse –, est un habitat partagé initié par les vétérans d’Utopia et un groupe de femmes et d’hommes qui ont mis en commun leurs moyens inégaux et un prêt consenti par le Crédit Coopératif qui les accomp...

LES LENDEMAINS

Bénédicte PAGNOT - France 2013 1h51mn - avec Pauline Parigot, Pauline Acquart, Louise Szpindel, Victor Guillemot...

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LES LENDEMAINSLes lendemains n'ont pas l'air de trop vouloir chanter pour les deux adolescentes qui viennent de passer leur bac dans cette petite bourgade de Bretagne… Audrey et Nanou : l'une a réussi, l'autre pas et ce résultat va les séparer, elles qui ne se lâchaient pas d'un pouce, se confiaient leurs moindres états d'âme. C'était sympa la vie, dans le petit pavillon de papa-maman : le barbecue en famille du dimanche, un petit copain en BTS et la complicité avec cette quasi sœur confortait Audrey dans ses limites, rien dans tout ça qui puisse lui donner une ouverture sur le vaste monde. L'espace d'une rentrée tous les repères de la bachelière vont être bouleversés avec son départ pour la fac de Rennes. Sans bourse et sans parents friqués, la solution c'est la « co-loc », comme pour des milliers d'autres. La cohabitation avec Julia la propulse dans un autre milieu : Julia ne manque de rien, et ses parents ont d'autant plus de mal à comprendre qu'elle milite jusqu'à l'obsession dans les mouvements étudiants. Alors ça chauffe parfois à table.

Changer le monde… Jusque là, Audrey n'avait pas trop pensé au monde, bercée par la vision défaitiste de sa mère toute contenue dans la litanie : le monde est injuste, mais ça a toujours été et ce sera toujours… Pas de quoi vous préparer à un affrontement quelconque avec une société dont les rapports se durcissent toujours plus chaque jour.
Côté ancienne vie, c'est la débandade : sa copine renonce à redoubler, chassée par son papa pour cause de grossesse, et son petit copain à elle ne se sent guère à l'aise dans son nouveau milieu et elle même n'est pas sûre de ne pas avoir un peu honte de lui ; son père perd son boulot, son frère lui fait la leçon… Quant à sa nouvelle vie, elle a beaucoup de mal à s'y définir une place : il y a cette incapacité financière à suivre au même niveau que sa co-équipière pour les petits achats bouffe du quotidien, il y a ce garçon qu'elle suivrait bien sur les chemins du militantisme s'il ne la larguait aussi sec après avoir tiré son coup…
Paumée pour paumée, c'est au milieu d'une bande de plus amochés qu'elle se sent encore le moins mal à l'aise, quittant la co-location pour un squat. Rien qui la remette en question, qui la bouscule dans ce microcosme du GRAL, qui occupe une grande maison où tout le monde fait ce qu'il veut sans poser de questions. Les motivations et les histoires des uns et des autres s'empilent sans se réconforter : l'envie de plus de réflexion et d'un projet politique plus construit en titillent certains, tandis que d'autres considèrent qu'avoir choisi de vivre en squat est en soi un geste politique auto-suffisant. Les sorties « militantes » se résument à des prises de bec avec des grévistes CGT de l'entreprise d'à côté : ces pauvres andouilles qui veulent garder leur boulot et continuer à être exploités… Et la bande affiche avec des petits airs supérieurs un rejet global du travail et des luttes traditionnelles : tout repenser, tout changer… sinon rien.
Mais les idées sont un peu courtes, les désirs aussi, la vitalité manque et quand les flics déboulent, ils ont l'air aussi fringants qu'une bande de chiens mouillés. Pas vraiment des redoutables, peuchère… Audrey ne sait pas où elle a envie d'être, elle sait seulement cette révolte sourde, épidermique, qui la pousse à faire un peu n'importe quoi, sans calcul et qui va finir par se retourner contre elle, faute de savoir quoi en faire.

C'est un film qui raconte le monde d'aujourd'hui, et le raconte bien, avec justesse et talent… C'est l'histoire d'une société qui ne sait plus où elle va et dans la débandade générale, ces jeunots-là ont bien du mal à se situer : les rêves ne sont plus ce qu'ils étaient, et il est de plus en plus difficile de trouver par quel bout saisir cette réalité qui vous désespère… Que faire ? Au moment où Bénédicte Pagnot tournait son film, le Dal recensait onze squats à Rennes, rassemblant plus de 300 personnes. Ce film-là ne fait pas rêver, mais il nous regarde, comme Audrey à la fin du film, qui semble nous dire yeux dans les yeux : alors qu'est-ce qu'on fait maintenant, elles sont où, les raisons d'espérer ?