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ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

Communiqué du Collectif 23h59 Janvier 2019
Rappelons-le, le Collectif 23h59 a pour objet la défense de la liberté de circulation.  Il entend, au regard de ce principe,  faire rétablir la possibilité d’emprunter le passage du verger Urbain V en soirée pour rejoindre la Manutention et le quartier – comme cela était établi depuis plus...

Rosmerta, association avignonnaise de solidarité avec les migrants et de promotion des droits de l’Homme,
Face à l’urgence hivernale, les membres de Rosmerta, association avignonnaise de solidarité avec les migrants et de promotion des droits de l’Homme, ont mené une Réquisition Citoyenne d’un bâtiment à Avignon, au 7 rue Louis Pasteur. Ils hébergent une trentaine de personnes exilées, des familles...

TOUTES CES CHOSES QUE JE NE COMPRENDS PAS.
Il y a des choses que je ne comprends pas. Dans cette ville, il y a plein de choses que je ne comprends pas. Bon, d’accord, je donne un exemple. J’habite dans le quartier de la Bonneterie, qui a fait l’objet récemment d’une requalification, comme on dit dans le jargon technocratique, plutôt réu...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

GRAND CENTRAL

Rebecca ZLOTOWSKI - France 2013 1h35mn - avec Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet, Denis Ménochet, Johan Ribereau, Nozha Khouadra... Scénario de Rebecca Zlotowski et Gaëlle Macé.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

GRAND CENTRALEnfin un grand film romanesque qui renoue avec la tradition du cinéma français des années 30, ces grands drames amoureux qui se déroulaient dans le monde ouvrier. Pas un hasard si le héros de Grand Central, Gary Manda, porte le même patronyme que celui de Casque d'or de Jacques Becker. Un monde ouvrier très particulier en l'occurrence, qui synthétise toute la dureté, toute la précarité de notre système.


Gary est un jeune homme qui, comme pas mal d'autres, a enchaîné petites conneries et galères de boulot et qui finit par prendre ce qu'il peut trouver. Un boulot qui fait peur à certains, et dont l'immense majorité connaît mal la réalité : travailleur dans une centrale nucléaire, salarié par un sous traitant. Il rejoint la « confrérie » de ceux et celles – il y en a quelques unes – qui, pour à peine plus de 1500 euros par mois, flirtent avec la mort invisible, au plus près du réacteur, et qui, malgré les procédures de sécurité et les vêtements de protection, risquent à tout instant l'accident qui va faire exploser le dosimètre. Et comme la nécessité économique impose de continuer à bosser même quand les doses de radiations autorisées sont dépassées, il arrive que certains camouflent les mesures… Plutôt risquer la contamination que de perdre son gagne pain. Un monde d'autant plus étrange – et captivant pour nous, spectateurs, qui le découvrons – que ces ouvriers itinérants de centrale en centrale vivent dans des camps de mobile-homes bien cachés du grand public, au bout d'une bretelle d'autoroute improbable, au milieu d'une végétation luxuriante que favorise le rejet des eaux chaudes de l'énorme réacteur. Autant dire que s'il y a vie de famille, elle se passe là… Mais souvent il n'y en n'a a pas. Dans ce milieu clos, avec ses hauts et ses bas, il n'y a guère de place pour le chacun pour soi : chacun est responsable de l'autre et la solidarité est vitale.

C'est dans ce cadre étonnant, passionnant et éminemment cinématographique, que Rebecca Zlotowski fait vivre une histoire d'amour impossible, entre le jeune et beau Gary et Karole (Léa Seydoux, très crédible en prolo sensuelle et audacieuse), la femme de Toni, un vétéran parmi les décontamineurs, toujours le cœur sur la main, un des premiers à aider le débutant Gary ; un cocu magnifique, grand et tendre, splendidement incarné par Denis Ménochet. On n'oubliera pas non plus le personnage très fort joué par Olivier Gourmet, chef d'équipe sans illusions mais toujours sur la brèche, qui connaît les risques par cœur et essaie d'en préserver les nouveaux arrivants.

Rebecca Zlotowski filme remarquablement l'univers très particulier de la centrale, les gestes des ouvriers, les procédures ultra-précices, ritualisées, qui pourtant n'évitent pas la faute, l'inattendu qui peut provoquer le drame, rappelant au passage qu'il n'y a bien que les communicants d'EDF pour faire semblant de croire à la perfection de la sécurité nucléaire. Elle décrit admirablement ces salariés usés par la peur, parfois rattrapés par les radiations, elle fait vivre cette ambiance de tension permanente, que rendent supportable les moments de réelle fraternité. Dévorés par la pression et le danger, Gary et Karole le seront aussi par la passion, charnelle, vitale, plus forte que tout…