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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

GRAND CENTRAL

Rebecca ZLOTOWSKI - France 2013 1h35mn - avec Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet, Denis Ménochet, Johan Ribereau, Nozha Khouadra... Scénario de Rebecca Zlotowski et Gaëlle Macé.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

GRAND CENTRALEnfin un grand film romanesque qui renoue avec la tradition du cinéma français des années 30, ces grands drames amoureux qui se déroulaient dans le monde ouvrier. Pas un hasard si le héros de Grand Central, Gary Manda, porte le même patronyme que celui de Casque d'or de Jacques Becker. Un monde ouvrier très particulier en l'occurrence, qui synthétise toute la dureté, toute la précarité de notre système.


Gary est un jeune homme qui, comme pas mal d'autres, a enchaîné petites conneries et galères de boulot et qui finit par prendre ce qu'il peut trouver. Un boulot qui fait peur à certains, et dont l'immense majorité connaît mal la réalité : travailleur dans une centrale nucléaire, salarié par un sous traitant. Il rejoint la « confrérie » de ceux et celles – il y en a quelques unes – qui, pour à peine plus de 1500 euros par mois, flirtent avec la mort invisible, au plus près du réacteur, et qui, malgré les procédures de sécurité et les vêtements de protection, risquent à tout instant l'accident qui va faire exploser le dosimètre. Et comme la nécessité économique impose de continuer à bosser même quand les doses de radiations autorisées sont dépassées, il arrive que certains camouflent les mesures… Plutôt risquer la contamination que de perdre son gagne pain. Un monde d'autant plus étrange – et captivant pour nous, spectateurs, qui le découvrons – que ces ouvriers itinérants de centrale en centrale vivent dans des camps de mobile-homes bien cachés du grand public, au bout d'une bretelle d'autoroute improbable, au milieu d'une végétation luxuriante que favorise le rejet des eaux chaudes de l'énorme réacteur. Autant dire que s'il y a vie de famille, elle se passe là… Mais souvent il n'y en n'a a pas. Dans ce milieu clos, avec ses hauts et ses bas, il n'y a guère de place pour le chacun pour soi : chacun est responsable de l'autre et la solidarité est vitale.

C'est dans ce cadre étonnant, passionnant et éminemment cinématographique, que Rebecca Zlotowski fait vivre une histoire d'amour impossible, entre le jeune et beau Gary et Karole (Léa Seydoux, très crédible en prolo sensuelle et audacieuse), la femme de Toni, un vétéran parmi les décontamineurs, toujours le cœur sur la main, un des premiers à aider le débutant Gary ; un cocu magnifique, grand et tendre, splendidement incarné par Denis Ménochet. On n'oubliera pas non plus le personnage très fort joué par Olivier Gourmet, chef d'équipe sans illusions mais toujours sur la brèche, qui connaît les risques par cœur et essaie d'en préserver les nouveaux arrivants.

Rebecca Zlotowski filme remarquablement l'univers très particulier de la centrale, les gestes des ouvriers, les procédures ultra-précices, ritualisées, qui pourtant n'évitent pas la faute, l'inattendu qui peut provoquer le drame, rappelant au passage qu'il n'y a bien que les communicants d'EDF pour faire semblant de croire à la perfection de la sécurité nucléaire. Elle décrit admirablement ces salariés usés par la peur, parfois rattrapés par les radiations, elle fait vivre cette ambiance de tension permanente, que rendent supportable les moments de réelle fraternité. Dévorés par la pression et le danger, Gary et Karole le seront aussi par la passion, charnelle, vitale, plus forte que tout…