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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Mais jusqu’à quelle heure peut-on transiter par le Verger Urbain V ?
C’est la question que vous nous posez souvent à la caisse du cinéma, ne sachant pas si vous trouverez porte ouverte ou porte close  et si vous devrez faire demi-tour. C’est (toujours) vrai qu’aucune information claire n’a été apportée sur les panneaux d’entrée  du Verger Urbain V… 20h ...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

AMOUR FOU

Jessica HAUSNER - Autriche 2014 1h36mn VOSTF - avec Christian Friedel, Birte Schnœink, Stephan Grossmann, Sandra Hüller, Katharina Schüttler... Scénario de Jessica Hausner et Géraldine Bajard.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AMOUR FOUBerlin, en l'an 1800 et des brouettes… Robes longues, chapeaux, jabots, fiacres et cochets… Les voilà donc ces grands romantico-comiques, ces jeunes aristocrates allemands. Toute une époque qui se décline, s'évente, se détaille de la tête aux pieds, s'ennuie… ça se languit, ça soupire, ça se désabuse. Et ça se lance dans de grandes discussions, avec des airs entendus, sur l'art, la politique, les affaires de leur monde… Et les certitudes des aînés ! Que de certitudes ! Que reste-t-il à la jeunesse comme perspectives, comme évasion ? Un idéal inaccessible : l'amour fou, la perfection des êtres et de leurs sentiments.
Du haut de sa trentaine, Heinrich, lui, a un temps d'avance sur son époque. Il sait que la passion ne dure qu'un instant. Chaque seconde qui s'écoule lui est fatale et elle ne peut que se diluer dans la routine quotidienne… Conduisant inéluctablement les êtres vers des lendemains peu enchantés, au gré de la déliquescence du corps, de l'esprit et des sentiments. La vieillesse : un déclin subi et non consenti… Quoi de plus sombre et de plus imparfait qu'un avenir dramatique et qu'un présent sans illusion ? « Faute de pouvoir vivre d'amour, autant mourir d'amour ! » se dit Heinrich. Mais… pas tout seul ! Le voilà donc en quête de « la femme de sa mort », la seule, l'unique. Celle qu'il abattra à la minute où ils s'aimeront pour figer à jamais la perfection de cet instant délicieux. C'est beau, c'est même sublime, non ? Alors, pourquoi sa chère cousine Marie ne bondit-elle pas de joie en apprenant qu'elle est l'heureuse élue ? Non seulement la pimbêche n'est pas flattée, mais en plus, l'incrédule pouffe de rire !

Déçu, Heinrich en déduit qu'il vient de faire une erreur de casting, mais ne renonce pas à son projet… Quelque part à Berlin, une femme l'attend qu'il pourra convaincre… Il vaque de salon en salon, proposant le rôle à des amies de plus en plus lointaines et qui semblent toutes entonner secrètement : « Mourir pour des baisers, d'accord mais de mort lente… ». Décidément, elles ne sont pas légion à postuler pour un Pacs (Pacte civil de suicide) avec lui ! Voilà Heinrich de plus en plus désabusé, inquiet sur le devenir de son beau dessein mortifère. Jusqu'à ce qu'il rencontre Henriette… Bien que réticente, la jeune femme, pourtant récemment mariée, tend une oreille compatissante et se montre encline à écouter le brillant poète…
Car, c'est le moment de vous l'apprendre, le Heinrich du film n'est pas un illustre inconnu, il est l'incarnation du célèbre écrivain Heinrich von Kleist, celui qui écrivit Le Prince de Hombourg, La Marquise d'O, ou encore Michael Kohlhaas (dont nous vous montrâmes il y a peu une très belle adaptation). Avec une élégance et une classe hors du commun, Jessica Hausner (qui, elle, a réalisé, entre autres le formidable Lourdes) n'a pas choisi de faire un biopic historique morbide qui aurait enfermé le film dans un style préétabli. La drôlesse s'est émancipée de tout cela, nous offrant une interprétation réjouissante, libre et décalée, de la vie de l'artiste, de son style. Elle joue avec les codes d'une société coincée, du ton et des attitudes raides des protagonistes et nous sert ce mélodrame burlesque dans un écrin de verdure bucolique. Fiction tirée au cordeau, tout à la fois réaliste et surréaliste, délurée et acérée, séduisante et déroutante… Comédie tragique ou tragédie farcesque ? Chaque spectateur pourra trouver son propre angle de lecture, plus encore s'il amoureux des belles lettres.

PS ou PV : le 21 Novembre 1811, près de l'auberge Stimmung au bord du petit Wannsee, lac situé dans les environs de Berlin, l'écrivain Kleist et Henriette, épouse de Louis Vogel, mettent à exécution leur pacte de suicide. Armé d'un pistolet, Kleist tue son amie avant de retourner l'arme contre lui. Henriette se savait atteinte d'un cancer incurable…