LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

ÉDITO : LE JEU DU CALAMAR
Ça vous aura probablement échappé, mais c’est un drôle de petit vent de panique qui a soufflé cet automne sur notre merveilleuse profession. L’espace de quelques jours, le temps s’est arrêté, les respirations se sont suspendues, l’Apocalypse menaçait, la mort des cinémas français, mille fois annoncé...

ENSEIGNANTES, ENSEIGNANTS ! Vous pouvez organiser des séances scolaires en matinée.
3,5€ par élève, gratuit pour les gentils accompagnateurs. Le pass sanitaire n’est pas exigé.   Sur cette gazette nous vous proposons :Pour les 3-5 ansLe LE NOËL DE PETIT LIÈVRE BRUN, EN ATTENDANT LA NEIGE Pour les 6-8 ansMAMAN PLEUT DES CORDESPRINCESSE DRAGON Pour les 8-10 ansLE PEUPLE LOUPLA CRO...

Montpellier. Strasbourg. Gonesse. Avignon. Quel point commun entre ces villes et tant d’autres ?
Le béton. Des projets inutiles. La soif des promoteurs et constructeurs, au nom de la croissance, pour notre confort et notre sécurité bien sûr… surtout ceux de leurs actionnaires !La Ceinture verte d’Avignon, véritable poumon pour les quartiers Sud, est menacée depuis 25 ans par un projet de r...

SAS Coopérative Qui vivra Bérat
La Ménardière, sise au cœur de la commune de Bérat – à une quarantaine de kilomètres au sud de Toulouse –, est un habitat partagé initié par les vétérans d’Utopia et un groupe de femmes et d’hommes qui ont mis en commun leurs moyens inégaux et un prêt consenti par le Crédit Coopératif qui les accomp...

Également au programme - AMOUR FOU

LE PRINCE DE HOMBOURG

Écrit et réalisé par Marco BELLOCCHIO - Italie 1997 1h25mn VOSTF - avec Andrea Di Stefano, Barbora Bobulova, Toni Bertorelli, Anita Laurenzi, Fabio Camilli... D'après la pièce de Heinrich von Kleist.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE PRINCE DE HOMBOURGRéalisé en 1997, le film splendide de Marco Bellochio, adapté de la pièce d'Heinrich von Kleist, sort enfin en France. Surgi du cœur de la tourmente, au beau milieu d'un champ de bataille, dans une scène furtive glissée entre deux cartons de générique, le jeune prince de Hombourg entre en scène à cheval, sabre à la main, galbé dans son bel uniforme, le port altier, le regard fier. Après ce moment quasi subliminal, on retrouve le personnage hagard, perdu dans le calme bleu d'une nuit américaine, arpentant les allées boisées d'un jardin en terrasses. Le beau guerrier est aussi un rêveur, un somnambule qui erre au clair de lune, le teint pâle comme celui d'un vampire, prêt à défaillir au moindre éclat de voix qui viendrait l'arracher à ses songes. Un jeune homme en proie à un violent tourment.

Adaptation par Marco Bellocchio de la dernière pièce d'Heinrich von Kleist, écrite peu de temps avant que l'écrivain romantique ne se donne la mort, en 1811, à l'âge de 34 ans, Le Prince de Hombourg représentait l'Italie au Festival de Cannes 1997… Qu'il ait fallu dix-huit ans à ce film pour sortir dans les salles françaises est difficile à comprendre tant il est splendide… Marco Bellocchio a reconstitué l'univers de la cour et de l'armée prussienne selon un principe d'économie radicale qui fait écho à la simplicité de l'intrigue. Condensant l'artifice, il fait exploser l'émotion dans chaque plan avec une intensité violente, permettant au film d'échapper aux écueils de la reconstitution historique sans rien céder sur le plan de la beauté.
Ponctué de scènes nocturnes éclairées à la bougie, traversé par de splendides échappées filées de chevaux noirs dans la campagne, accompagné par la partition romantique de Marco Streccioni, ce Prince de Hombourg baigne dans une atmosphère magique qui traduit le trouble de son héros tragique, perdu entre le rêve et la réalité, trop captif de son monde intérieur pour saisir, parfois, ce qui se passe autour de lui. C'est ainsi qu'après avoir conduit son armée à la victoire il se retrouve mis à pied par le Grand Electeur, puis condamné à mort, pour n'avoir pas respecté, parce que pas entendu, les ordres de sa hiérarchie.
Autour de ce prince profondément moderne qui ne sait pas où il est, qui endosse successivement les oripeaux du lâche et du héros, autour de son procureur dont les motivations sont moins pures qu'il veut bien le dire (la condamnation du prince vise à sacraliser la discipline de l'armée, mais elle l'empêche aussi d'épouser Natalia, que l'Electeur souhaite marier à un autre), l'auteur des Poings dans les poches et de Vincere interroge le rapport de l'individu au collectif, du libre arbitre à la loi.

En posant la question de la réalité des rêves, en les considérant comme des expériences constitutives de l'être, il provoque, plus encore, un véritable vertige métaphysique. Au début du film, lorsqu'il se réveille de sa crise de somnambulisme, le prince découvre dans ses mains un gant serti de perles qu'il se souvient avoir arraché en rêve à Natalia, dans un rêve amer où l'Electeur, qui s'apprêtait à le couronner de laurier, s'est ravisé, a tourné les talons et l'a abandonné sur place.
Fil d'Ariane du film, qui conduira à un dénouement théâtral sous la forme d'un « deus ex machina » dont il est difficile de déterminer, au cinéma, s'il s'agit d'un rêve ou d'une blague de l'auteur, cet objet de passage entre le rêve et la réalité l'entraînera vers sa perte. A moins qu'il ne soit le signe de son salut.

(I. Régnier, Le Monde)

L’agenda de la Compagnie Fraction : le 9 novembre, lecture au restaurant de la Manutention de fragments de Penthesilee de Heinrich von Kleist, avec Sophie Mangin, Thomas Rousselot, Sophie Vaude. Direction : J.F. Matignon – 19h30 – Tarif unique : 6 euros – Réservation 06 10 44 02 83. Le 17 novembre, à la Maison Jean Vilar : lecture de la pièce de Magali Mougel Penthy sur la bande, avec Valérie Paüs (distribution en cours). – 18h30 – Entrée Libre. Le 18 novembre, à la Maison Jean Vilar : lecture d’extraits de pièces (choix en cours) évoquant les “migrants” et les déplacements de populations. Avec le soutien de Troisième Bureau de Grenoble, collectif de lecture de théâtre contemporain. – 18h30 – Entrée Libre.