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Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?
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Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

Séance unique le samedi 21 janvier à 10h30 suivie d’une rencontre avec Jean-Robert Alcaras, maître de Conférences en Sciences Economiques à l’Université d’Avignon et Président de l’Université Populaire d’Avignon.

ONCLE BERNARD, l'anti leçon d'économie

Richard Brouillette - documentaire Québec 2015 1h19mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ONCLE BERNARD, l'anti leçon d'économieOncle Bernard, c’était l’incomparable Bernard Maris, un des regrettés chroniqueurs de Charlie Hebdo abattus comme Charb, Cabu, Wolinsky, Tignous, Honoré, un sinistre 7 janvier. Bernard Maris c’était l’économiste de la bande, qui tentait de rendre moins opaque une science souvent confisquée par des experts qui voulaient la rendre incompréhensible aux béotiens. Un homme à la gouaille impressionnante, à l’accent du Sud-Ouest très marqué, exécutant les pompeux cornichons de la finance à coup de formules fleuries et assassines. Il était truffé de contradictions : proche d’ATTAC, des Verts, il défendait l’importance de la gratuité, du don et du contre don, tout en acceptant en 2011 un poste de membre au conseil général de la Banque de France. Il était homme de gauche mais s’était pris d’amitié pour l’incontrôlable Michel Houellebecq à qui il avait consacré un livre. Il avait voté le traité de Maastricht, tout en disant plus tard qu’il fallait sortir de la zone euro. Un mec parfois agaçant, imprévisible, qui fascinait et énervait.

En 2000, le cinéaste québécois Richard Brouillette l’avait interviewé pour un film qu’il finira bien plus tard, en 2008, L’Encerclement (disponible en Vidéo en Poche), fascinant documentaire qui défendait des visions alternatives de l’économie. La disparition de Bernard Maris rendait important d’extraire cette leçon ludique et jubilatoire d’économie à la portée de tous. En 2000, Bernard Maris porte joliment la cinquantaine et à Charlie Hebdo, Siné sème encore sa zone à la rédaction. Malgré le dispositif volontairement austère (le film est tourné en pellicule 16 mm noir et blanc, et Brouillette intègre même les changements de bobines tout en laissant tourner le son) destiné à laisser totalement la place à la parole libératoire de Oncle Bernard, on est subjugué par le fait que cette pensée d’il y a quinze ans n’a pas pris une ride au regard des événements actuels. Oncle Bernard dénonce pêle-mêle la collusion des trois strates des économistes (les savants, les experts et les journalistes), l’opacité organisée au niveau international pour empêcher les Etats de jouer leur rôle régulateur, l’incertitude absolue constitutive de l’économie capitaliste, la nécessité pour le capitalisme de détruire tout ce qui est collectif et par là-même l’environnement, les batailles stupides de statistiques pour masquer le réel aux yeux de la population, le critère absurde de la croissance… Il démonte le dogme de la main invisible du marché, et a quelques mots peu amènes pour les cadres (pardon pour ceux qui nous liront).

Tout cela est, malgré le dispositif aride, extraordinairement vivifiant… Et on a un petit coup de blues en entendant Maris engueuler Luz qui fout le bordel pendant l’interview ou lors d’un bref échange avec Cabu mort de rire, parce que Bernard Maris s’apprête à partir dîner avec Line Renaud… C’est sûr que ces gaillards n’auraient que moyennement goûté l’hommage des dictateurs et de Johnny Hallyday. En tout cas merci à notre réalisateur du pays des caribous d’avoir ressuscité avec ce beau film cet économiste irrévérencieux qui nous manque tant.

La « science économique » laisse-t-elle encore une place à des voix discordantes, hétérodoxes, critiques, iconoclastes — comme l’était celle du Professeur Maris ? Cette question est d’autant plus importante à l’heure où des étudiants contestent en vain la manière dont cette discipline est enseignée, où des hétérodoxes se voient refuser de créer une nouvelle spécialité scientifique qui promouvrait une vision plus ouverte et pluraliste de l’économie, et où des néoclassiques (P. Cahuc et A. Zylberberg) publient un brûlot visant explicitement à museler leurs plus virulents contradicteurs (Le Négationnisme économique — et comment s’en débarrasser, Flammarion 2016)… J-R Alcaras