LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 55€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance avant 13h : 5€
Moins de 18 ans : 5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

DERNIER NOËL AVANT LA FIN D’UN MONDE
Le croiriez-vous ? La bonne nouvelle – car il y en a une – est arrivée le 9 novembre dernier du Conseil d’État, qui a annulé le décret de dissolution du mouvement des Soulèvements de la terre. Pris en Conseil des ministres fin juin, le décret suivait de peu la tentative de requalification – ou ...

La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
Vous y croyez, vous, au bon sens qui voudrait que partir se bronzer les fesses à l’autre bout du monde  avec des avions Macron volant avec du bio kérozène made in France serait bon pour votre corps et la planète ? Cela ne ressemblerait-il pas étrangement au discours tenu il y a quelqu...

Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

Soutenez Utopia Palmer

ANNIE COLÈRE

Blandine LENOIR - France 2022 1h58 - avec Laure Calamy, Zita Hanrot, India Hair, Rosemary Standley, Damien Chapelle, Yannick Choirat... Scénario de Blandine Lenoir et Axelle Ropert.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ANNIE COLÈRECurieusement, c’est une chanson de Dalida qui restera dans nos têtes comme l’hymne de ce film vibrant et exaltant. Une des premières scènes, bouleversante, est en effet portée par Les Enfants du Pirée, un des titres les plus célèbres de la chanteuse : nous sommes dans les années 70, plusieurs femmes réunies autour d’une autre, allongée, sont en train de pratiquer un avortement clandestin. Angoissée, Annie (Laure Calamy) tente d’oublier la tension et la douleur en prenant la main de Monique qui lui chante magnifiquement cette chanson – il faut dire entre parenthèses que Monique est incarnée par Rosemary Standley, la formidable chanteuse du groupe Moriarty. Tout cela pourrait paraître anecdotique si cette scène ne résumait pas l’essentiel : la solidarité et l’engagement d’un groupe de femmes qui, réunies au sein du MLAC (Mouvement pour la Libération de l’Avortement et de la Contraception, créé en avril 1973), un peu moins de deux ans avant l’adoption de la Loi Veil, se sont mobilisées pour non seulement faire avancer le débat public mais aussi organiser, grâce à la nouvelle méthode Karman, simple et révolutionnaire, des centaines d’interruptions de grossesse afin que plus aucune femme ne risque de mourir d’avortements pratiqués à la maison ou dans des officines plus ou moins louches.



Dans une autre scène du début du récit, où plusieurs femmes se retrouvent dans l’arrière-boutique d’une librairie, on découvre la diversité des femmes qui viennent pour avorter : jeunes filles de bonne famille qui n’auraient jamais imaginé pouvoir tomber enceintes, amoureuses un peu naïves qui croyaient à tort en l’engagement de leurs fiancés, et aussi beaucoup de mères de famille qui, pour des raisons essentiellement économiques, ne peuvent accueillir un nouvel enfant. C’est justement le cas d’Annie, ouvrière matelassière, mère de deux enfants, qui, suite à un drame vécu par son amie et voisine, va s’engager plus activement dans le MLAC.
Au-delà de la situation de celles qui souhaitent avorter, Annie Colère raconte le parcours des femmes qui vont, comme Annie, consacrer une bonne partie de leur vie à leur engagement, provoquant parfois l’incompréhension de leurs proches et en particulier de leurs maris – celui d’Annie est pourtant un syndicaliste mais le féminisme n’a pas forcément percé tout de suite à la CGT ! Annie Colère, c’est c’est donc aussi l’histoire d’un éveil en politique, chez l’ouvrière Annie, chez l’infirmière Hélène (Zita Hanrot), chez la jeune médecin Claudine (India Hair), chez beaucoup d’autres… C’est dans ces moments où il traduit cette prise de conscience collective et le combat déterminé qui s’ensuit que le film est particulièrement enthousiasmant.

On connaît évidemment l’épilogue heureux de la Loi Veil du 17 janvier 1975 mais très justement, le film rappelle que cette loi fut votée grâce à la mobilisation des femmes, grâce au combat du MLAC, grâce aux prises de position courageuses de personnalités comme Gisèle Halimi ou Delphine Seyrig… Il rappelle aussi qu’il fallut attendre huit ans de plus pour que l’interruption volontaire de grossesse soit prise en charge par la sécurité sociale…
L’exemple américain, avec la remise en cause du droit à l’avortement dans certains États, et chez nous le refus de nombreux parlementaires de la majorité (et évidemment de la droite et de l’extrême-droite) d’inscrire ce droit dans la Constitution nous rappellent que rien n’est définitivement acquis, et que nous avons le devoir de rester vigilants.