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DERNIER NOËL AVANT LA FIN D’UN MONDE
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La Paix, éternelle Utopie ?
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LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
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Justine Triet parle d’or
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COW

Andrea ARNOLD - GB 2021 1h34VOSTF - avec la vache Luma...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

COWC’est une plongée dans l’univers de l’exploitation animale. Un simple son pour commencer, celui du meuglement de la vache puis surgit l’image, vision brute d’une mise bas qui nous embarque dès les premières secondes.
À peine le temps de goûter à leur première lampée de lait que les vachettes sont séparées du pis de leur mère et condamnées à suivre le chemin qui leur a été dessiné. Désemparées, elles vacillent entre une succession de barrières qui les guident vers leur destination, l’une vers son enclos pour grandir et devenir vite une belle génisse capable à son tour de procréer, l’autre vers un semblable enclos mais destiné à la production de lait, équipé du matériel ultra-moderne de traite automatisée. Plus tard la visite de contrôle chez le vétérinaire, plus tard encore la « rencontre » pour saillie avec le taureau. Et donner ainsi à nouveau naissance. Continuer son cycle de vie d’animal d’élevage, né pour produire, pour nourrir une autre catégorie d’animaux, situés au sommet de la chaîne alimentaire : nous, les humains.
La caméra d’Andrea Arnold filme à hauteur de vache, offrant à notre œil son champs de vision. On assiste à son quotidien, sans commentaire et presque sans paroles. Pas d’intervention humaine autre que celle discrète des fermiers. Andrea Arnold ne juge pas ; elle ne nous guide pas mais nous montre ce que voit la vache, charge à nous spectateurs de décider ce que cela signifie. D’imaginer à quoi elle pense et ce qu’elle ressent. Si tant est qu’on puisse y prétendre étant donné qu’on ne sait même pas ce que les autres humains pensent la moitié du temps…

C’est donc une affaire de sensations et d’atmosphère, qui génère une empathie dénuée de tout anthropomorphisme et qui nous plonge, par sa poésie quotidienne et son réalisme, dans un monde où l’animal n’existe que sous le contrôle de l’homme via son exploitation. Qui nous donne à nous interroger sur notre propre monde et notre liberté de mouvement. Que serait donc la vie de Luma si les hommes n’étaient pas là ?
« Je tenais à avoir une attitude responsable vis-à-vis des fermiers et par rapport à la complexité de leur réalité. Je voulais montrer les choses simplement, sans les commenter ni les juger. » Et c’est une parfaite réussite, car Cow ne relève pas du registre du film à charge, ne témoigne d’aucune velléité pamphlétaire contre cette exploitation fermière qui, somme toute, nous apparaît ici plutôt respectueuse… Elle nous montre les choses simplement et sincèrement, dans une forme remarquable et empathique qui nous amène irrémédiablement vers un sentiment d’impuissance. Celui-là même qui nous gagne au fur et à mesure que la vie de Luma avance jusqu’à remettre, au final, en question la nature de la consommation humaine et de l’élevage industriel.

« Ce que j’ai vécu dans ce projet est profond. La manière dont Luma nous a reçus a changé, a évolué en cours de tournage. Au début, elle était plus méfiante et circonspecte, puis graduellement, j’ai vraiment eu l’impression qu’elle se sentait vue par nous. Ça m’a fait réfléchir. Je suis convaincue que plein de fermiers “voient” leurs animaux, mais la réalité est qu’ils ont énormément de travail, un travail très dur… Je me suis demandée combien d’animaux de ferme se sentent vus au cours de leur existence. Et ça m’a fait penser à ce que ça fait, à ce que ça nous fait, de nous sentir vus, entendus, appréciés… » Andrea Arnold