LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 55€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance avant 13h : 5€
Moins de 18 ans : 5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

DERNIER NOËL AVANT LA FIN D’UN MONDE
Le croiriez-vous ? La bonne nouvelle – car il y en a une – est arrivée le 9 novembre dernier du Conseil d’État, qui a annulé le décret de dissolution du mouvement des Soulèvements de la terre. Pris en Conseil des ministres fin juin, le décret suivait de peu la tentative de requalification – ou ...

La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
Vous y croyez, vous, au bon sens qui voudrait que partir se bronzer les fesses à l’autre bout du monde  avec des avions Macron volant avec du bio kérozène made in France serait bon pour votre corps et la planète ? Cela ne ressemblerait-il pas étrangement au discours tenu il y a quelqu...

Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

Soutenez Utopia Palmer

jusqu'au 14 mars, puis tous les mardis

LA FAMILLE ASADA

Ryôta NAKANO - Japon 2022 2h07 VOSTF - avec Ninomiya Kazunari, Haru Kuroki, Satoshi Tsumabuki... Inspiré de l’album photo de Masashi Asada.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA FAMILLE ASADAAussi étonnant que cela puisse paraître, ce film formidable s’inspire d’une histoire vraie, celle du photographe japonais Masahi Asada, qui a su capturer à travers son travail à la fois l’âme de sa propre famille et celle de son pays. Durant des années, le photographe a pris des clichés de ses parents et de son frère aîné, les mettant en scène dans des situations souvent cocasses qui racontent avec humour et fantaisie un métier ou une activité dans des décors ultra réalistes. La photo façon « jeu de rôles » comme prétexte à se réunir, mais aussi une manière de rendre hommage à ce lien si précieux qui unit les membres d’une même tribu en saisissant l’instant du bonheur présent. La Famille Asada a donc été d’abord un album photos, récompensé en 2008 par un prix prestigieux au Japon.
Et c’est aujourd’hui ce film, porté par un humour joyeux autant que communicatif et une émotion qui s’installe doucement pour complètement nous cueillir. Si cette famille est une famille japonaise pur jus, ce que raconte le film sur l’amour qui circule en son sein et sur la puissance de la photographie, sur ce pouvoir unique qu’elle possède de saisir pour l’éternité la fragilité de l’instant présent est absolument universel. Qui n’a jamais été ému aux larmes en regardant, bien des années après, une photo des jours heureux de son enfance ou de celle de ses aïeux, ou le sourire rayonnant d’un cher disparu ?
Dans un monde où nous sommes sans répit bombardés d’images, où nous avons accès par les réseaux sociaux à des milliers de clichés anonymes, pour la plupart totalement dénués de profondes et sincères intentions et qui disparaissent dans l’oubli de l’insignifiance sitôt après être apparus, La Famille Asada nous invite à repenser notre rapport à l’image en renouant avec la vocation première de la photographie : ancrer dans le temps et dans le cœur l’étincelle d’une émotion.



Dans la famille Asada, je demande le père, Akira. Dévoué corps et âme aux siens, il a consacré toute son énergie et sa bonne humeur à construire pour eux un socle solide et joyeux, agrémenté par des mets savoureux concoctés avec amour. Secrètement, il aurait voulu être pompier…
Je demande la mère, Junko : un caractère bien trempé qui n’a pas la langue dans sa poche, une infirmière cheffe qui est loin des clichés de l’épouse soumise et discrète au foyer que l’on peut rencontrer dans le cinéma japonais. Secrètement, elle aurait voulu être la fiancée d’un yakuza…
Je demande ensuite le frère aîné, Yukihiro : plutôt discret comme son père, il a toujours grandi dans l’ombre d’un frère cadet plus exubérant, plus fantasque, plus artiste. Pourtant, l’air de rien, il sait capter les besoins de chacun. Secrètement, il aurait voulu être pilote de Formule 1.
Et puis il y a le plus jeune fils, Masashi, à qui le père a offert son premier appareil photo quand il avait 12 ans, Masashi qui s’est beaucoup cherché, qui a bourlingué et qui a fini par trouver sa voie : la photographie, une passion dont il a fait son métier. Son rêve est devenu réalité, à lui maintenant de faire parler la personnalité profonde des autres et d’en capturer l’essence en un clic.
Le film est d’abord une comédie formidablement attachante sur une famille qui l’est tout autant, haute en couleur et terriblement vivante. Mais La Famille Asada nous saisit d’émotion dans sa deuxième partie, quand le jeune photographe délaisse son appareil pour devenir bénévole dans le Japon de l’après Fukushima. Là, ce sont près de 60 000 photographies qui vont être minutieusement sauvées des eaux boueuses du tsunami et rendues à leurs propriétaires, ultime trace des bonheurs passés, comme un inestimable trésor racontant l’histoires des familles, une bouée à laquelle s’accrocher pour continuer à vivre le présent. La Famille Asada devient alors bouleversant.