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WELFARE

Frederick WISEMAN - USA 1973 2h47 VOSTF - Version restaurée 4 K.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

WELFAREWelfare est un des sommets de l’œuvre gigantesque de Frederick Wiseman, le neuvième de ses 43 films documentaires qui composent un extraordinaire portrait mosaïque de la société, tout particulièrement américaine, depuis plus de 50 ans. Invisible en salle depuis des lustres, il faut absolument le découvrir dans la magnifique copie restaurée (Quel grain d’image ! Quel noir et blanc miraculeux !) que nous propose le distributeur Météore, passeur des films de Wiseman depuis maintenant dix ans.

« Welfare » désigne dans le monde anglo-saxon le principe visant à corriger les inégalités, à rendre la société plus juste, à garantir un bien-être minimum aux individus. Ces filets de sécurité dans les domaines économiques et de la santé sont financés par de l’argent public et un ensemble d’interventions. Quand ces mesures sont garanties par l’État, on parle de Welfare State, État-providence en français.
Pays de tradition libérale où se manifeste une méfiance historique et culturelle vis-à-vis de l’interventionnisme de l’État fédéral, où l’on est censé être responsable de son destin social, les États-Unis vont pourtant être un fer de lance de l’interventionnisme. La cause en est la crise profonde causée par le krach boursier d’octobre 1929, qui amènera le démocrate Franklin D. Roosevelt, élu président en 1932, à mettre en place le fameux New Deal, un vaste ensemble de mesures financées par des fonds fédéraux.
Juriste et travailleur social avant de réaliser des films, Frederick Wiseman débute le cinéma dans le sillage du discours de la « Grande société », prononcé en janvier 1964 par Lyndon B. Johnson. Le président démocrate y annonce une politique volontariste d’aide à l’éducation, de lutte contre la maladie, la pauvreté et la délinquance, de développement et de rénovation des zones les plus défavorisées.

Au moment de Welfare, tourné à New York en 1973 au sein du Centre d’aide sociale de Waverly, situé à Manhattan, près de Greenwich Village, le temps n’est plus à la « Grande société ». On assiste à un délitement de la condition des plus défavorisés, signifiant l’échec des politiques publiques. Si cela ne concerne pas l’État fédéral, le fait que la municipalité de New York soit déclarée en faillite en décembre 1975 suffit symboliquement à comprendre le marasme dans lequel se trouve une partie de la population, ravagée par la pauvreté, la violence mais aussi la drogue.
Welfare propose un cadre très simple : des personnes dans le besoin se rendent dans un centre d’aide sociale pour présenter leurs demandes aux employés d’une institution publique. Une situation à partir de laquelle Frederick Wiseman ne cesse de faire surgir de la complexité.
Les assignations, les significations, les causalités, les explications ne cessent de se déplacer, de se retourner, d’hésiter. C’est ce qui fait de Welfare un film si tendu, haletant, éprouvant, émouvant, ouvert à de nombreuses interprétations.
Chacun vient au centre d’aide sociale de Waverly avec un récit en forme de plaidoyer. Les employés sont amenés à le croire ou non, à en repérer la validité ou d’éventuelles failles. Et quand ce récit est approuvé, les employés de la meilleure volonté se trouvent parfois eux-mêmes être les victimes de la complexité, des impossibilités de leur bureaucratie.

Frederick Wiseman donne à voir ce lieu comme un théâtre. Cette comédie humaine est servie par la mise en scène dynamique, la photographie à la fois crue et stylisée signée William Brayne, le montage virtuose de Wiseman lui-même. Le goût bien connu du cinéaste pour le théâtre est palpable avec ces « assis », figures de l’attente, du vide de l’existence, rendant Samuel Beckett déjà présent. Avant que ne déboule M. Hirsch et son extraordinaire monologue : « J’attends depuis cent vingt-quatre jours, depuis que je suis sorti de l’hôpital, j’attends quelque chose… Godot. Mais vous savez ce qui s’est passé dans l’histoire de Godot. Il n’est jamais venu. Voilà ce que j’attends. Quelque chose qui ne viendra jamais. » (Arnaud Hée, programmateur cinéma à la Bibliothèque Publique d’Information)