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CESÁRIA ÉVORA, la diva aux pieds nus

Ana Sofia FONSECA - Portugal 2022 1h34 VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CESÁRIA ÉVORA, la diva aux pieds nusSur scène, vêtue d’une simple robe de cotonnade à fleurs, Cesária Évora s’avance pieds nus avec pour tout bagage son créole portugais, ses fous rires, ses rondeurs et sa cinquantaine bien vécue. C’est une image d’un autre monde, aux antipodes des stéréotypes véhiculés par le star system. Son tour de chant sera conforme à cette première vision : elle chante en toute simplicité comme chez elle à Mindelo, sa ville natale sur l’île cap-verdienne de Sao Vicente. Entre deux chansons, elle plaisante avec ses musiciens ou se carre au fond de sa chaise, s’essuie avec une serviette éponge pour finir par se servir un verre ou fumer une cigarette, le temps de se remettre en voix… une voix à fendre l’âme !

Née en 1941, dans une famille pauvre, perdant son père musicien dès ses sept ans, Cesária se voit confier par sa mère à un orphelinat, où la future grande dame devra composer avec des religieuses (des sœurs, tu parles !) qu’elle ne porte guère dans son cœur, mais où elle apprend le chant. C’est le début d’une révélation – sa qualité de voix (sur)naturelle – et d’une lente ascension vers les sommets. De la découverte en France en 1991 aux grandes tournées américaines, une dizaine d’années plus tard, on découvre toutes les étapes qui ont jalonné la carrière de la chanteuse, qui va sur le tard collectionner les disques certifiés et les récompenses grâce à son blues viscéral et ses mélodies qui content la souffrance de son peuple ou la nostalgie des amours passées.

« Le point de départ a été la curiosité. Je voulais en savoir plus sur Cesária Évora. Qui était cette femme qui a toujours placé sa liberté au-dessus de tout ? J’avais envie de comprendre comment cette artiste africaine était passée de l’indigence à la célébrité à l’âge de 50 ans, tout en restant elle-même… Trois jours après ses funérailles, en 2011, je me tenais devant sa maison sur l’île de Sao Vicente. Je pouvais voir la tristesse dans les yeux d’un peuple orphelin. Ce jour-là, je me suis dit pour la première fois qu’il faudrait faire un film sur cette femme incroyable » déclare la réalisatrice portugaise Ana Sofia Fonseca, qui explore avec ce documentaire l’incroyable magnétisme exercé par Cesária Évora. D’une part, grâce à un montage minutieux de nombreuses archives, vidéos et photos, qui révèle graduellement les traits de caractère (bien trempé !) de la chanteuse, sa puissance féministe et l’icône africaine qu’elle est devenue. D’autre part, à l’aide de multiples entretiens audio, que Fonseca construit comme une partition musicale, une bande son fluide et envoûtante dans laquelle on entend les témoignages des ami·e·s, de la famille, des musiciens, qui l’ont bien connue, à commencer par le producteur José da Silva, celui qui, alors qu’il n’était que cheminot, va miser sur elle dès les années 1980.

Mais le portrait ne serait pas complet sans des images du Cap-Vert aujourd’hui. Le film capture ainsi la poésie de la mer, de la terre et de l’air qui ont façonné la femme, l’artiste et ses chansons bien sûr. Inclassable et atypique, passée de la pauvreté à la célébrité, Cesária Évora n’aspirait qu’à vivre libre, simplement et entourée des siens. Un documentaire passionnant sur celle que l’on appelait « La Diva aux pieds nus ».