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DERNIER NOËL AVANT LA FIN D’UN MONDE
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La Paix, éternelle Utopie ?
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LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
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Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

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WINTER BREAK

(THE HOLDOVERS) Alexander PAYNE - USA 2023 2h13 VOSTF - avec Paul Giamatti, Dominic Sessa, Da’Vine Joy Randolph, Carrie Preston... Scénario de David Hemingson.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

WINTER BREAKSi Winter break était une chanson, elle serait de celles qui se jouent les soirs d’hiver au coin du feu. Comme une mélodie folk, évoquant avec déférence le répertoire seventies, adaptée en quelques arrangements efficaces et la conviction que la sincérité du propos et le soin de l’exécution sauront toucher le cœur de l’auditoire. Et, de fait, cette comédie douce d’Alexander Payne séduit en toute simplicité avec son trio de personnages mal assortis, contraints de passer ensemble les fêtes de Noël de l’année 1970. Avec son image pellicule et sa bande-son vintage, Winter break reprend tout des codes de l’époque mais réserve surtout quelques belles interactions humaines entre un vieux prof renfrogné, un lycéen aussi malin qu’indiscipliné et une cuisinière endeuillée. Si le film semble d’abord se lover dans les tons neigeux d’une petite morosité hivernale, c’est pour mieux révéler un intérieur vif et généreux avec pour thème principal la croisée inattendue de gens seuls que rien ne devait réunir et qui, chemin faisant, finiront par laisser une marque indélébile les uns sur les autres.



Nous sommes en décembre 1970, dans un internat privé pour garçons de Nouvelle-Angleterre, au nord-est des États-Unis. Les hivers sont rudes et les pensionnaires n’ont qu’une hâte : retrouver leur famille et se faire gâter pour les fêtes. Mais cela, Paul Hunham (interprété par l’excellent Paul Giamatti), en sa qualité de professeur de civilisations anciennes, titulaire depuis des lustres, n’en a que faire. Lui-même sans famille, il se pourrait même qu’il éprouve un petit plaisir – perceptible dans son regard tronqué d’un œil de verre – à remettre aux étudiants leurs copies, majoritairement désastreuses, à la veille de leurs retrouvailles avec leurs parents. Hunham applique le programme, aucune requête ne l’atteint : ni les râleries des élèves, ni les demandes du Directeur de traiter avec clémence les descendants de familles fortunées ou les fils de sénateurs.
Tout cela ne vaut pas à Hunham l’amour de ses confrères et c’est sans surprise sur lui que tombe l’astreinte de devoir assurer la permanence au lycée pendant la trêve hivernale. Et accessoirement de veiller sur les quelques élèves sans solution pour les fêtes. Ils sont quatre dans ce cas et Hunham entend bien les mener à la baguette avec, vous l’imaginez, un programme studieux des plus réjouissants… Trois d’entre eux trouvent rapidement le moyen de décamper et il n’en reste bientôt plus qu’un : Angus Tully, que sa mère a lâchement laissé là au dernier moment pour s’offrir une lune de miel avec son nouveau mari. Épanouissante situation familiale qui, on le sent, affecte Angus au plus profond et provoque en lui une rage qui ne tarde pas à exploser sur la carapace de Hunham. Avec l’entremise de la cuisinière Mary, Afro-américaine qui a récemment perdu son fils au Vietnam (on est en 1970…), Paul Hunham va peu à peu infléchir son austérité, découvrir en Angus un jeune homme bien plus intelligent qu’il ne le pensait et s’enquérir des raisons qui empêchent ce gamin de se sentir mieux dans sa peau…

Le Prof, l’Élève et la Cuisinière : drôle de trinité pour un Noël pas comme les autres. Alexander Payne sait nous les rendre particulièrement attachants grâce à un humour toujours doux et un sens savoureux des dialogues. Lors d’une virée à Boston, leur aventure prendra l’allure d’un petit road-movie initiatique, soufflant sur le film un air nostalgique. Comme si Payne trouvait dans ce récit quelque chose d’intime et prenait soin de porter un regard tendre sur ces personnages, chacun à leur façon en marge. Avec la croyance que des rencontres faites de petits riens, si elles ne sauraient changer le monde, peuvent parfois bouleverser des vies.