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DERNIER NOËL AVANT LA FIN D’UN MONDE
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La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
Vous y croyez, vous, au bon sens qui voudrait que partir se bronzer les fesses à l’autre bout du monde  avec des avions Macron volant avec du bio kérozène made in France serait bon pour votre corps et la planète ? Cela ne ressemblerait-il pas étrangement au discours tenu il y a quelqu...

Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

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LA FERME DES BERTRAND

Gilles PERRET - documentaire France 2023 1h29 - avec trois générations de Bertrand, leurs voisins... D’après Trois frères pour une vie (Gilles Perret, 1997) et les images filmées en 1972 par Marcel Trillat pour FR3 Région.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA FERME DES BERTRANDS’intéresser à ce qui se passe à côté de chez soi pour raconter la marche du monde… Depuis qu’il a appris à tenir une caméra, pourrait-on dire, Gilles Perret n’a eu de cesse de se pencher sur tous ceux et tout ce qui s’agite autour de lui. Dans ses montagnes (car Gilles est irrémédiablement haut-savoyard), dans sa vallée (parce qu’il est quand même sociable), à peine au-delà : ses amis, ses voisins, ses camarades de lutte. Toujours à l’écoute des « petites gens », gilets jaunes, prolétaires, déclassés, avec ou sans son acolyte reporter-parlementaire François Ruffin, Gilles Perret filme inlassablement depuis le pas de sa porte la France d’en bas. Ainsi, son tout premier film réalisé en parfait autodidacte en 1997, Trois frères pour une vie, était consacré à ses voisins : les frères Bertrand, qui faisaient tourner ensemble l’exploitation laitière reprise 25 ans plus tôt. Trois frangins qui s’étaient engagés avec enthousiasme dans la révolution agricole à l’orée des années 70, se donnant sans compter, investissant, s’endettant pour moderniser l’étable, agrandir le troupeau, bref : sans rien céder sur la qualité, contribuer à sortir l’agriculture, l’élevage, de l’âge de la paysannerie, s’organiser pour s’offrir une vie meilleure. L’aventure familiale avait alors, événement dans le petit Landerneau savoyard, fait l’objet d’un court sujet, tourné par Marcel Trillat (réalisateur militant d’exception) pour FR3 Région.

En 1997, les trois frères Bertrand : Joseph, André et Jean, filmés par leur jeune voisin, s’apprêtent à transmettre à leur neveu Patrick et sa femme Hélène la florissante petite entreprise. Ils se retournent alors sur leur vie et le bilan est contrasté, mélange de fierté et d’amertume : tous trois célibataires, même s’ils estiment avoir mieux vécu que leurs aînés, ils n’auront jamais fait que travailler. Beau sujet peu diffusé, Trois frères pour une vie reste sur l’étagère du cinéaste en herbe. Et 25 ans plus tard, documentariste désormais aguerri, chevronné, reconnu, Gilles Perret remet sur le métier son ouvrage. Plutôt que de simplement dépoussiérer son vieux film, il reprend caméra au poing le chemin de l’étable. 2022, c’est justement le moment où Hélène, à son tour, va passer la main et, à son tour, s’interroge sur le chemin parcouru, sa vie, son métier, l’avenir d’une agriculture qui n’a jamais cessé de se moderniser, d’augmenter sa productivité et de précariser les travailleurs.
Avec ses images et celles de Marcel Trillat, c’est plus de 50 ans de la vie d’une ferme qui sont racontés, trois générations qui se sont transmis une terre, une exploitation, la culture de l’abnégation dans le travail… un demi-siècle de mutations d’un métier, son industrialisation, sa robotisation. Un document extraordinaire qui se double d’un portrait intime attachant, dans lequel les Bertrand d’aujourd’hui et d’hier, Hélène, André, Marc et Alex se livrent en toute confiance, devant la caméra bienveillante de Gilles Perret.

Ma mondialisation (Gilles Perret cru 2006), à partir des mutations de l’industrie de la mécanique de précision dans la vallée de l’Arve (en Haute Savoie toujours), racontait la mondialisation et les effets dévastateurs du capitalisme financier. Walter, retour en résistance (Gilles Perret, cru 2009), à partir du plateau des Glières (haut lieu de la résistance en… Haute Savoie) et de l’agacement d’une poignée de héros chenus (Walter Bassan, John Berger, Stéphane Hessel…), bien décidés à s’opposer à l’indigne récupération politique de ce symbole historique par le Président pas encore repris de justice de l’époque, remettait fougueusement en lumière le programme du Conseil National de la Résistance. De même, à partir de la « petite » histoire des Bertrand, Gilles Perret dresse mine de rien, à sa manière passionnée, humaniste et généreuse, une histoire intime, sociale et économique du monde paysan.