LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 55€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance avant 13h : 5€
Moins de 18 ans : 5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

DERNIER NOËL AVANT LA FIN D’UN MONDE
Le croiriez-vous ? La bonne nouvelle – car il y en a une – est arrivée le 9 novembre dernier du Conseil d’État, qui a annulé le décret de dissolution du mouvement des Soulèvements de la terre. Pris en Conseil des ministres fin juin, le décret suivait de peu la tentative de requalification – ou ...

La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
Vous y croyez, vous, au bon sens qui voudrait que partir se bronzer les fesses à l’autre bout du monde  avec des avions Macron volant avec du bio kérozène made in France serait bon pour votre corps et la planète ? Cela ne ressemblerait-il pas étrangement au discours tenu il y a quelqu...

Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

Soutenez Utopia Palmer

SCANDALEUSEMENT VÔTRE

(WICKED LITTLE LETTERS) Thea SHARROCK - GB 2023 1h42 VOSTF - avec Olivia Colman, Jessie Buckley, Anjana Vasan, Gemma Jones, Timothy Spall, Joanna Scanlan...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SCANDALEUSEMENT VÔTREOoooooh ! My God ! C’est tout Littlehampton, bourgade côtière du Sussex, qui, en cet an de grâce 1920, est au bord de l’apoplexie. La ville retient son souffle. Car non seulement l’avalanche de lettres anonymes – aussi perfides et ordurières que bien informées – qui déferle sur la petite communauté peut cibler n’importe quelle femme, n’importe quand, mais surtout, c’est certain, l’impitoyable auteur, le démoniaque corbeau qui insulte grassement le voisinage tout en révélant ses petites turpitudes, en est nécessairement, fatalement, un des membres. Mais qui ? Qui donc ose détourner les services postaux de Sa Gracieuse Majesté pour agonir la gent féminine de Littlehampton d’obscénités qui feraient rougir de honte les plus dessalés des charretiers et des poissonnières ? Lequel de ces paroissiens ? Laquelle de ces commères ? On se surveille du coin de l’œil à l’épicerie comme à la messe, on hésite à mettre un pied dehors et à se confier aux voisines – mais on guette avidement, quoi qu’avec inquiétude, les détails croustillants révélés par chaque nouveau courrier… Or, sous tous les cieux c’est un usage bien établi : dès lors que la bonne société est rongée par un mal inconnu, il est de toute première urgence d’en attribuer la responsabilité aux brebis galeuses. Haro sur le baudet ! Les derniers arrivés, les « pas de chez nous », les pas tout à fait dans le moule, les réfractaires à la messe dominicale comme aux us et coutumes corsetés – sans surprise, les braves gens n’aiment pas trop celles et ceux qui suivent une autre route qu’eux.



La coupable idéale, évidente même, ne peut être que Rose Gooding ! Pauvre comme Job, débarquée quelque temps plus tôt de son Irlande pouilleuse, la trop jeune veuve de guerre est mère d’une petite fille déjà bien dévergondée (songez qu’à pas dix ans, la gamine ambitionne de… jouer de la guitare !) et vit en concubinage avec le frère d’armes de son défunt mari – mais surtout, son langage fleuri, sa propension à proférer mille et un jurons à la minute, son amour de la fête, de l’alcool et de la liberté de penser, tout la désigne à la vindicte populaire, entérinée avec empressement par la maréchaussée. Voisine mitoyenne d’Edith Swan, vieille fille prude, discrète et pieuse, tout entière dévouée à ses vieux parents, avec qui les relations sont des plus glaciales et qui fût la première destinataire des courriers salaces, qui d’autre que Rose pouvait avoir les motifs – et le vocabulaire ! – pour souiller ainsi la réputation de Littlehampton ? Seule Gladys Moss, officière de police décidée à ne pas se contenter du rôle de potiche dans lequel sa hiérarchie aimerait l’enfermer, doute de la culpabilité de la volcanique irlandaise. Mais alors, qui… ?

Scandaleusement vôtre, comédie mal élevée et hilarante, est une affaire de femmes. De ces femmes qui, au sortir de la Grande Guerre, commencent à s’extraire des carcans de la bonne société anglaise qui, comme partout, renâcle à accepter leur émancipation. La fliquette, la bigote, l’impétueuse, ainsi que toute la petite société féminine qui s’agrège à l’aventure, toutes sont confrontées à un ordre moral et à un patriarcat qui se raidissent d’autant plus fort qu’ils sentent confusément qu’ils brûlent de leurs derniers feux. Chacune fait face à sa façon et le film – qui slalome habilement entre l’étude de mœurs satirique, la joyeuse comédie policière féministe et la reconstitution historique de carte postale dans laquelle on s’étonne presque de ne pas voir surgir Miss Marple au coin de la rue – dessine avec humour mais aussi beaucoup de tendresse leur combat pour exister.