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LA BELLE DE GAZA

Écrit, filmé et réalisé par Yolande ZAUBERMAN - France / Israël 2024 1h16mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA BELLE DE GAZATel Aviv-Jaffa, rue Hatnufa… Jeu de cache-cache dans les recoins sombres, parmi les créatures ambigües de la nuit, à la recherche de l’une d’entre elles, réputée être venue à pied depuis Gaza : l’insaisissable « Belle », qui semble vouée à s’évaporer dans la pénombre organique, laissant planer derrière elle ses envoûtements et ses mystères. C’est à sa poursuite que se lance la réalisatrice, dans une quête hypnotique, une enquête entêtante. C’est une épaule gracieuse que l’on devine, une lourde chevelure qui vole au vent, une jambe qui disparaît au détour d’une ruelle. Les témoignages fusent de celles qui ne fuient pas devant la caméra : Israela, Nathalie, Talleen… La belle de Gaza devient une trame pour parler d’elles-mêmes, de leurs batailles, de leurs désirs de lumière, de leurs blessures inavouées. Chacune ne se dévoilant pas plus qu’elle n’a envie de le faire. Tant et si bien que l’on se demande parfois si la fameuse belle n’est pas devant nous, à se cacher derrière des mots. On retient son souffle… Mais non, un indice vient bousculer nos hypothèses ! Il faut aller chercher plus loin. Comme un chat avec une souris, la caméra joue délicieusement avec nos nerfs, avec le flou, avec le cadre. On espère à chaque rencontre qu’elle sera la bonne. Et à chaque rencontre fusent des témoignages surprenants, déconcertants, qui fracassent les idées préconçues, les représentations simplistes. Progressivement ce qui prend corps dépasse les individus, c’est une réalité sociale. On découvre toute l’hypocrisie d’un monde un peu perdu, peuplé d’hommes et de femmes à la dérive, dans lequel même les religions peuvent se perdre…

On est percuté par la force d’un titre qui raisonne presque comme un oxymore : La Belle de Gaza, la beauté accolée à un lieu pilonné. « Gaza, c’est l’impensable », dit Yolande Zauberman pour laquelle la ville palestinienne paraissait déjà – et c’était bien avant les représailles sauvages de l’armée israélienne après le 7 octobre – comme « l’enfer sur terre, une prison aux portes infranchissables. »… Et de rappeler joliment que c’est à Gaza que se déroule l’histoire de Samson (le Juif) et Dalila (la Philistine, l’ancien nom des Palestiniens)… « Les mythes expliquent l’Histoire plus que toute rationalité » écrit Anselm Kiefer… Et cette belle de Gaza raisonne peut-être dans le fond comme les prémices d’un nouveau mythe.
Les films de Yolande Zauberman sont beaux à réconcilier les plus frileux avec le genre documentaire. Elle y cultive l’art de montrer notre monde depuis ses tréfonds les plus improbables et inavoués, en se plaçant du côté obscur, voire interlope, de nos sociétés. Son premier film, Classified people, tourné clandestinement, se passait au temps et dans le pays de l’apartheid. Beaucoup de ses suivants sondent les recoins cachés d’Israël, c’est dire s’ils résonnent avec l’actualité.

Film coup de poing, film coup de cœur, tout aussi intrigant et ensorcelant que son titre, La Belle de Gaza clôt magnifiquement une trilogie à voir aussi bien dans l’ordre que dans le désordre, dont les deux premiers volets étaient Would you have sex with an arab ? (2012) et M (2019).