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Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
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OEDIPE ROI

(EDIPO RE) Pier Paolo PASOLINI - Italie 1967 1h50mn VOSTF - avec Silvana Mangano, Franco Citti, Alida Valli... D'après la tragédie de Sophocle.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

OEDIPE ROINé d’une mère aimante, un enfant est abandonné dans le désert par un père jaloux des sentiments éprouvés par son épouse. Recueilli par un berger, il est alors adopté par le roi et la reine de Corinthe. Devenu adulte, Œdipe fait un rêve étrange qu’il tente de comprendre auprès de l’Oracle de Delphes. Ce dernier lui annonce pourtant une prophétie qui semble sceller son destin…

Après une première période rattachée au mouvement néo-réaliste (Accatone, Mamma Roma), Pasolini entame une « trilogie des mythes » entamée en 1964 avec L’Évangile selon Saint-Mathieu et clôt par Médée en 1969. Œuvre médiane, Œdipe roi représente l’acmé d’une inspiration totalement protéiforme du cinéaste. Si le récit popularisé par Sophocle est bien présent – élagué mais clairement lisible –, les repères temporels sont segmentés en trois parties et le propos se veut autant autobiographique que freudien ou marxiste. Toute théâtralité est abandonnée. Quant aux musiques et aux décors, ils sont brassés dans des sources ethnographiques a priori incohérentes : cités grecques dans le désert marocain, langue roumaine, Mozart et chants révolutionnaires…
L’expérience du spectateur en est bouleversée et un sentiment de cinéma en totale liberté s’exprime à travers les visions proposées par le film. Visions qui restent toujours aussi puissantes 55 ans plus tard.
Comme il le fera ensuite avec les contes dans sa « Trilogie de la vie », Pasolini fuit sa contemporanéité : une Italie des années 60 rongée par l’arrivée du consumérisme et du capitalisme, qu’il analyse comme une nouvelle forme de fascisme. Devant les images d’Œdipe roi, on a le sentiment inouï qu’un monde est couché sur la pellicule pour la première fois, avant que le cinéaste n’affronte frontalement son présent avec l’élégie barbare de Salò. Mais il est aussi permis de voir en Œdipe l’allégorie d’un héros moderne.

Un chef-d’œuvre soutenu par les compagnons de route de Pasolini : Franco Citti et Ninetto Davoli, accompagnés ici par deux grandes divas du cinéma italien : Silvana Mangano (inoubliable dans Riz amer et dans Théorème, autre grand Pasolini) et la bien oubliée Alida Valli (Le Troisième homme, Senso, Suspiria et tant d’autres…)
De ce film, Pier Paolo Pasolini disait : « Je suis assez vieux pour faire mon autobiographie. Or je suis un petit bourgeois et je hais la petite bourgeoisie et je me hais moi-même. Je ne peux en parler que si la petite bourgeoisie devient mythique. C’est pourquoi j’ai choisi Œdipe roi. »