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Nous pouvons organiser des séances à la carte pour vos classes, en matinée. Vous trouverez une liste des films programmables sur notre site internet, rubrique « Jeune public et scolaires »/ “D’AUTRES FILMS POUR LES SCOLAIRES”  Pour les maternelles : Zébulon l...

La Ménardière : un habitat partagé en construction…
À Bérat, à mi-chemin entre l’Ariège et Toulouse, la Ménardière est un beau domaine aux multiples possibilités. Acquis en 2019 par une douzaine de personnes au bord de la retraite qui refusaient le destin peu folichon, que nos sociétés réservent à leurs vieux : ni solution privée au coût e...

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Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

TOUT VA BIEN, TOUT VA MAL
Prix des places de cinéma : les salles abusent-elles sur les tarifs ?  Ainsi s’interrogent ces temps-ci la presse et les émissions spécialisées sur la culture, le cinéma, le panier des ménages… ce dernier serait lourdement touché par les politiques tarifaires extravagantes pratiquées ...

SOUS LES FIGUES

Erige SEHIRI - Tunisie 2022 1h30 VOSTF - avec Ameni Fdhili, Fide Fdhili, Feten Fdhili, Samar Sifi, Leïla Ohebi... Scénario d’Erige Sehiri, Ghayla Lacroix et Peggy Hammam. Quinzaine des Réalisateurs, Festival de Cannes 2022.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SOUS LES FIGUES On éprouve en se plongeant dans ce très beau film les douces sensations qu’il y aurait à se faufiler d’arbre en arbre, dans l’ombre de la canopée, aux côtés de la petite cohorte qui s’active pour récolter les figues.
Pour sa première fiction, Erige Sehiri, réalisatrice venue du documentaire (on lui doit le remarquable La Voie normale, hélas sorti en catimini en temps de covid), conduit un récit d’une simplicité biblique, en s’appropriant les codes du théâtre classique et ses sacro-saintes trois unités : de lieu (le verger), de temps (une journée de travail) et d’action (ma foi, justement, la cueillette des fruits). Sobre, efficace, cet espace de travail et de jeu laisse toute lattitude à son écriture et à ses comédiennes pour y tresser moult historiettes, relations, situations, qui décrivent avec chaleur un microcosme social, une petite communauté qui a évidemment valeur d’instantané de la société tunisienne et, au-delà, des rapports de classe et de genre.

Le film commence au petit matin, quand un jeune patron vient récupérer les ouvrières et ouvriers du jour qui s’entassent à l’arrière de son pick up. Il y a beaucoup de jeunes filles parfois à peine sorties de l’adolescence, mais aussi quelques femmes d’âge mûr et enfin quelques rares hommes (qui, selon le petit employeur, « ne travaillent pas aussi sérieusement »). Tous se retrouvent sous les figuiers pour un ramassage dont le rituel et les techniques semblent immuables : il s’agit surtout de ramasser les fruits suffisamment mûrs, en évitant soigneusement de casser les branches. Tandis que les heures de la journée s’égrènent, la récolte est l’occasion de discussion entre filles, de retrouvailles, de flirts… Voilées ou non, elles se confient, se racontent et l’on découvre peu à peu les histoires d’amours plus ou moins contrariées des unes et des autres. Et à travers elles les blocages encore bien présents dans la société tunisienne. Les amours secrets se nouent en cachette et parfois les rencontres s’organisent aux rayons des supermarchés. Mais au-delà des interdits, c’est surtout dans la tête de certaines que les réticences persistent. La très traditionnelle Sana, très amoureuse de Firas, voudrait que son élu soit bien plus conventionnel dans son rapport aux femmes et à la société. Pour une autre, c’est le retour d’un ancien amoureux platonique, brutalement disparu quelques années auparavant, qui est source de questionnements. Enfin pour une dernière, c’est une idylle avec le jeune patron, pas du tout bien vue par le reste du groupe, qui est l’objet des ragots... Tout cela sous le regard des plus anciennes, dévolues au tri des fruits, qui commentent avec humour ou amertume l’évolution de leur société. À travers une galerie de portraits aux petits oignons servie par des comédiennes non professionnelles adorablement bluffantes, et une mise en scène dynamique qui circule de manière quasi chorégraphique entre les arbres et les groupes, Erige Sehiri décrit magnifiquement la complexité des rapports hommes-femmes, et le poids encore lourd du patriarcat – ses abus, les violences faites aux femmes. Mais aussi le rapport de classe, omniprésent. Tout cela dans cet espace unique qui ouvre vers le ciel mais qui enferme tout autant sous ses branches la communauté des travailleuses et des travailleurs.
Brodé tout en délicatesse, avec ce qu’il faut d’humour et à peine de cruauté, Sous les figues émeut, passionne, amuse – bref : c’est littéralement un film touché par la grâce. On ne peut que vous souhaiter de vous laisser prendre par la main pour vous glisser, à la suite de ses héroïnes, entre les branches des figuiers.

Rappel : Sous les figues a été présenté chez nous en avant-première exceptionnelle l’été dernier, et il a été vu par 1513 spectatrices (surtout) et spectateurs, pour la plupart enchantés.