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DERNIER NOËL AVANT LA FIN D’UN MONDE
Le croiriez-vous ? La bonne nouvelle – car il y en a une – est arrivée le 9 novembre dernier du Conseil d’État, qui a annulé le décret de dissolution du mouvement des Soulèvements de la terre. Pris en Conseil des ministres fin juin, le décret suivait de peu la tentative de requalification – ou ...

La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
Vous y croyez, vous, au bon sens qui voudrait que partir se bronzer les fesses à l’autre bout du monde  avec des avions Macron volant avec du bio kérozène made in France serait bon pour votre corps et la planète ? Cela ne ressemblerait-il pas étrangement au discours tenu il y a quelqu...

Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

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LES CYCLADES

Écrit et réalisé par Marc FITOUSSI - France 2022 1h50 - avec Laure Calamy, Olivia Côte, Kristin Scott Thomas, Alexandre Desrousseaux, Panos Koronis...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES CYCLADESLe titre n’est pas trompeur : bienvenue dans les paysages rocheux, aux bâtiments couverts de craie blanche et aux eaux azurs des Cyclades, et leurs images de cartes postales ! Mais avant de nous y rendre par le premier ferry, faisons un petit saut dans le passé. En 1989, précisément : outre que c’est un millésime exceptionnel pour les vins de Bordeaux, l’année du bicentenaire de la Révolution française voit tomber le Mur de Berlin, lancée une fatwa contre Salman Rushdie par l’Ayatollah Khomeini (qui défuncte quelques mois plus tard), s’achever les règnes de Pinochet et Ceaucescu, la répression des manifestations de la place Tian'Anmen, le début de la fin de l’Apartheid en Afrique du sud… Mais pour Magalie et Blandine, 15 ans et toute l’insouciance de l’adolescence, l’événement phare de 1989, c’est, forcément… la sortie au cinéma de la version longue du Grand bleu – et la musique d’Eric Serra qu’elles écoutent en boucle en se partageant un casque de walkman. Blandine c’est la grande blonde timide et raisonnable, et Magalie la petite brune pile électrique qui lui torpille ses plans de baby-sitting. Si dissemblables mais amies pour la vie, que la passion du film à la gloire de Jacques Mayol réunit. Et, promis, juré, un de ces jours elles vont partir, en vrai, vivre la vie passionnante et passionnée de Jean-Marc Barr et Rosanna Arquette sur les plages grecques adorées, soleil, rochers, cocktails au malibu, serviettes de plages, à elles la liberté !



30 ans ont passé, et la fugue toujours remise à demain ne s’est jamais faite. Blandine et Magalie se sont perdues de vue. La grande blonde n’a pas vraiment changé, elle est toujours introvertie, limite dépressive, se remet difficilement de la rupture avec son mari et appréhende de voir son grand fils prendre son envol. Ce dernier, tentant par tous les moyens de lui changer les idées, provoque un jour les retrouvailles de sa mère avec Magalie, cette soit-disant grande copine dont il n’avait jamais entendu parler avant de tomber sur un vieux compact disc ciglé à son nom. Magalie qui n’a guère changé non plus. Tout au plus la pile est-elle passée du 12V au 220V – les deux anciennes ados ne se laissent pas rapprocher si facilement.
Ça pourrait, ça devrait en rester là si le fils de Blandine n’organisait en douce pour les deux prétendues amies un voyage vers Amorgos, capitale depuis 30 ans des aficionados du Grand Bleu. Mais, et ce n’est pas Ulysse qui nous contredira, la route maritime qui doit vous mener à bon port, a fortiori sur la mer Égée, est semée d’embûches. Et les rencontres inopinées que l’ont peut faire sur les îles des Cyclades réservent bien des surprises. Dans des paysages à couper le souffle, on se laisse d’abord porter avec entrain par le jeu tout en complicité des actrices. Aux côtés de Laure Calamy, survoltée et au mieux de sa forme en quadragénaire sans tabous ni limites, Olivia Côte est absolument parfaite de tristesse raisonnable et renfermée, en femme maltraitée par la vie qu’une étincelle pourrait décoincer. Et petit à petit, tandis que les deux femmes s’efforcent de faire revivre une indéfectible amitié perdue, se dessinent les contours d’une histoire moins spontanément rigolote, plus grave. Celle de deux amies vraies, sincères, qui seraient subrepticement passées l’une à côté de l’autre, sans vraiment se voir et sans s’en rendre compte. Et qu’un rien, finalement, pourrait faire se retrouver. Par exemple l’intervention, sous le soleil des Cyclades, d’une artiste hippie solaire (Kristin Scott Thomas, géniale), qui vit au jour le jour comme si c’était le dernier. Au-delà de la comédie, Marc Fitoussi réussit trois beaux portraits de femmes, bien plus subtils et délicats que le postulat de départ ne le laissait présager.