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Justine Triet parle d’or
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DOUNIA ET LA PRINCESSE D’ALEP

Marya ZARIF et André KADI - film d'animation Québec / France 2022 1h13 - Scénario de Marya Zarif. Pour les enfants à partir de 6 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DOUNIA ET LA PRINCESSE D’ALEPIl est des héroïnes de film d’animation qui vous font fondre le cœur et vous restent en mémoire aussi durablement que certains personnages en chair et en os. L’intrépide Martha Jane dans Calamity, la pétillante Dilili de Michel Ocelot, la flamboyante Robyn dans Le Peuple loup et évidemment la fougueuse Marjane dans Persépolis… Il faudra désormais compter parmi elles la délicieuse Dounia.
Le trait commun de tout ces personnages, ce qui fait que dès les premières images, on ressent ce supplément d’âme qui fait tant défaut à bien des longs-métrages d’animation formatés ? Un scénario écrit avec précision, ciselé, qui a minutieusement peaufiné la personnalité de chaque protagoniste comme s’il allait être joué par des comédiens, avec une profondeur, une psychologie complexe s’incarnant dans un regard, un détail, une façon de parler. Marya Zarif, scénariste et co-réalisatrice, y a mis tout son cœur et bien plus encore : l’histoire de son pays d’origine, la Syrie, de sa culture et un talent immense pour raconter cette histoire aux allures de conte.



Le résultat est d’une beauté renversante, à la fois voyage aux confins de ce pays à l’histoire immensément riche et au présent si douloureux, fable philosophique emprunte de spiritualité et conte captivant qui sait parler aux plus jeunes de la guerre et de son ombre indissociable, l’exode. La belle idée du film, et ce qui fait qu’il plaira aux enfants, c’est qu’à la dureté du monde (jamais abordée de manière frontale ni trop violente) répond une formidable vitalité, un élan de joie, de rires, de musique et de poésie, mélange de liberté et de résilience qui vient habiter le récit pour le porter toujours vers la lumière et l’imaginaire de l’enfance.
Et puis il y a Dounia, fillette espiègle à la chevelure de jais qui traverse le film en compagnie de deux personnages tout aussi attachants qu’elle : sa grand-mère Téta-Mouné, reine de la confiture de pétales de rose, et son grand-père Jeddo, qui ne se sépare jamais ni de son tarbouch ni son sens de l’humour.
Quand la guerre éclate à Alep, privant la petite fille de son papa, trop épris de poésie, de livres et de liberté, Mounia doit prendre avec ses grands-parents et des amis la route de l’exil. Passeurs sans scrupules, policiers au cœur plus rabougri qu’un raisin sec et mille autres dangers les attendent. Ils portent dans leurs maigres bagages l’histoire de leur famille et les délicieuses saveurs de leur pays mais surtout, Dounia a bien pris soin de garder avec elle quelques graines de baraké (ou graines de nigelle) aux multiples vertus… Il se pourrait même qu’elles soient un peu magiques ! Grâce à elles, et à l’indécrottable optimisme du grand-père, sorte de Henri Salvador (mais en vraiment sympa et généreux) toujours prêt à rire aux éclats, la belle équipe va traverser les continents et les épreuves, accompagnée et protégée par la douce Princesse d’Alep qui veille sur eux, quelque part au milieu des étoiles…

Porté par la musicalité des accents (tous les personnages sont interprétés par des comédiens d’origine syrienne, libanaise, égyptienne ou arménienne) et les notes enveloppantes du oud et des chansons, Dounia et la princesse d’Alep est incontestablement LE film d’animation à ne rater sous aucun prétexte et à aimer à la folie.