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DERNIER NOËL AVANT LA FIN D’UN MONDE
Le croiriez-vous ? La bonne nouvelle – car il y en a une – est arrivée le 9 novembre dernier du Conseil d’État, qui a annulé le décret de dissolution du mouvement des Soulèvements de la terre. Pris en Conseil des ministres fin juin, le décret suivait de peu la tentative de requalification – ou ...

La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
Vous y croyez, vous, au bon sens qui voudrait que partir se bronzer les fesses à l’autre bout du monde  avec des avions Macron volant avec du bio kérozène made in France serait bon pour votre corps et la planète ? Cela ne ressemblerait-il pas étrangement au discours tenu il y a quelqu...

Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

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NEPTUNE FROST

Anisia UZEYMAN et Saul WILLIAMS - Rwanda / Burundi 2021 1h45 VOSTF - avec Cheryl Isheja, Elvis Ngabo, Kaya Free, Diogène Ntarindwa... Scénario et musique de Saul Williams.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NEPTUNE FROSTNeptune Frost : fuck Google !
Coproduction entre le Rwanda et le Burundi, ce film musical totalement hors normes réalisé par le musicien et artiste américain Saul Williams et la comédienne et dramaturge franco-rwandaise Anisia Uzeyman mène tambour battant une fantaisie poétique et engagée. Les deux artistes proposent un film qui vaut clairement le détour, portant non sans audace les couleurs d’une scène artistique africaine qui entend bien dire son mot face à l’ordre technologique prédateur et néo-colonial des géants du web.



Dans les mines de coltan d’une Afrique rurale, de jeunes hommes arrachent à la terre, bien souvent au prix de leur propre vie, ce minerai vital à la production de composants électroniques utilisés à l’intérieur de tous les smartphones. Après la mort de son frère, Matalusa, un de ces jeunes mineurs, forme un collectif de cyber-pirates anticolonialistes. Contraint de prendre la fuite, il rencontre dans les collines Neptune, hacker/hackeuse intersexe. Les deux exilés se découvrent une connexion flamboyante, transcendant l’humain. De leur relation naît une révolution internationale, un renversement des tables avec lequel ces prophètes d’un nouvel âge entendent bien rappeler au monde que l’internet naît entre les mains des Africains exploités par l’ordre politique néo-colonial.
Si Neptune Frost ne plaira sans doute pas à tout le monde, impossible de ne pas être captivé par sa nouveauté radicale, livrant au spectateur une fantaisie musicale et poétique pariant tout sur sa créativité, son audace et son enthousiasme.

Issu d’une production autofinancée, tourné avec les moyens du bord dans des décors rwandais, le film peut se targuer d’une richesse visuelle frappante dans son originalité et son expressivité. Des costumes créés à partir de matériel de récupération aux textures variées et aux couleurs bigarrées, en passant par des effets spéciaux étonnants et des décors saisissants entre minéral, végétal et électronique, Neptune Frost n’a pas peur de son exubérance et fait de son esthétique foisonnante un atout indéniable. Une profusion esthétique complétée par une bande-son hypnotique, entre tambours et sampling, chœurs harmoniques et grésillements discordants. Le parti pris d’une narration libre touchant à l’ésotérisme et au techno-mysticisme, partagée entre afro-futurisme et discours révolutionnaire, peut poser un défi à la compréhension immédiate, mais là n’est pas le cœur du film. Car avec leurs jeux constants sur les sensations et le verbe, Anisia Uzeyman et Saul Williams cherchent avant tout à embarquer le public dans une expérience totale, sensorielle et un peu magique… Musical autant que visuel, poétique autant que rêveur, Neptune Frost est une proposition follement audacieuse qui force l’admiration de par ses choix sans compromis et sa poésie inflexible. (movierama.fr)