LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 55€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance avant 13h : 5€
Moins de 18 ans : 5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
Vous y croyez, vous, au bon sens qui voudrait que partir se bronzer les fesses à l’autre bout du monde  avec des avions Macron volant avec du bio kérozène made in France serait bon pour votre corps et la planète ? Cela ne ressemblerait-il pas étrangement au discours tenu il y a quelqu...

Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

Rosmerta continue ! Vous connaissez l’histoire ? 
Depuis les débuts, et même avant, Utopia Avignon suit l’histoire de près ! Ça fait presque cinq ans qu’on vous en parle dans nos gazettes, à chaque rebondissement. Ce qu’il s’est passé depuis 2018 : réquisition citoyenne d’une école vétuste appartenant au diocèse, procès et appel...

Soutenez Utopia Palmer

RAPTURE

Écrit et réalisé par Dominic M. SANGMA - Inde 2023 2h08 VOSTF - avec Torikhu A. Sangma, Handam R. Marak, Celestine K. Sangma, Balsrame A. Sangma...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

RAPTUREAu Nord-Est de l’Inde, dans la région de Meghalaya, constituée de hautes collines et de forêts millénaires, se niche un petit village où vit la tribu Garo. Un territoire culturellement et linguistiquement très différent du reste du pays, notamment parce que les habitants sont majoritairement de confession chrétienne. Une religion qui s’est implantée au contact des missionnaires européens, même si les croyances indiennes, datant d’avant la colonisation, restent enracinées dans le corps et l’esprit de chacun des villageois. Ces pratiques ancestrales se perpétuent de génération en génération, à l’abri du monde extérieur, et elles imprègnent les premières minutes du film d’une atmosphère fascinante lorsqu’on découvre un ballet de torches enflammées tourbillonnant dans la nuit, faisant apparaître les visages des Garo. Patiemment et sans bruit, les villageois, petits et grands, s’affairent à dénicher des cigales, guettant les apparitions, sporadiques et rares, de ces insectes enfouis dans la terre dont ils tirent une ressource alimentaire. Mais le calme est soudain brisé par la disparition mystérieuse d’un des habitants, dont on ne retrouve, au petit matin, que le t-shirt sur la branche d’un grand arbre. Le disparu est l’oncle de Kasan, un garçon de dix ans souffrant de cécité nocturne (ou héméralopie, à savoir une diminution ou perte totale de la vision de nuit).
C’est à travers ses yeux défaillants, propices à tous les imaginaires, que le récit nous est conté. Alors que les anciens accusent de kidnapping les étrangers de passage, le prédicateur du village, lui, voit dans cette disparition les prémices d’une apocalypse de 40 jours et 40 nuits qui plongera les habitants dans l’obscurité. Petit à petit, l’angoisse monte au sein de la communauté. Les villageois se barricadent par peur des rôdeurs et se tournent vers l’Église en quête de réponses. Au même moment, une procession religieuse composée de centaines de paroissiens transportant une statue de la Vierge Marie arrive dans les collines. Les quelques jours suivants, plusieurs hommes disparaissent à leur tour mystérieusement durant la nuit. Dans ce climat de superstition et de volatilisation des corps, le village, lassé par des enquêtes policières insignifiantes, se replie sur lui-même. Pendant ce temps, Kasan tente de continuer à mener une existence faite essentiellement de jeux propres aux enfants de son âge, tout en faisant face à ses angoisses nocturnes et à la violence croissante des membres de sa communauté. Jusqu’à ce qu’un événement vienne briser l’innocence du jeune garçon…



« Rapture est né de ma propre expérience de la peur du noir lorsque j’ai souffert, plus jeune, de cécité nocturne. Au même âge, j’ai également connu la peur des rumeurs de kidnappeurs qui traquaient les enfants de chez moi. Chaque nuit, les adultes se relayaient pour garder le village. » explique le réalisateur indien Dominic Sangma.
Presque tous les comédiens et comédiennes du film sont originaires du village où il a été tourné – qui est aussi le village natal du réalisateur –, renforçant le sentiment d’immersion totale à l’intérieur de cette structure sociale où tout le monde connaît tout le monde et où tout secret personnel devient un secret commun. Ainsi, grâce notamment à de longs plans d’ensemble très maîtrisés et souvent hypnotisants de beauté, le cinéaste nous plonge dans cette ruralité indienne profondément complexe, qui nous touche par ses enjeux et ses questionnements universels.