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LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

Vendredi 21 Février 2020 à 20h15

LA CLASSE OUVRIÈRE C’EST PAS DU CINÉMA : Le cinéma palestinien ou la quête de la visibilité


Intervenant : Sylvain Dreyer, Maître de conférences en littérature et cinéma à l’Université de Pau

INTERVENTION DIVINE

Ecrit et réalisé par Elia SULEIMAN - Palestine 2002 1h32mn VOSTF - avec Elia Suleiman, Manal Khader, Nayef Fahoum Daher... PRIX DU JURY FESTIVAL DE CANNES 2002.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

INTERVENTION DIVINE« Je suis fou parce que je t’aime »... dit le héros de ce film en guerre, qui pourrait aussi bien englober dans sa déclaration enflammée sa fiancée, son père sa mère, sa patrie, la Palestine et pourquoi pas... Israël... Vous avez compris, ce film-là n’est pas tiède, ce film-là est violent, mais d’une violence toute particulière : on peut y exploser à tout moment de rire, mais on réalise vite que ce rire vous laisse plus sûrement des bleus à l’âme que n’importe quel uppercut. Suleiman le pacifiste se bat avec une férocité terrible, mais ses armes sont celles de l’esprit, de l’humour, du burlesque, de l’intelligence, de la poésie. Suleiman déclare la guerre à tous les fascismes du monde, mais n’oublie pas une seconde qu’il est Palestinien jusqu’au trognon, et sous l’humour pointent les ravages d’un désespoir qui n’est pas près de s’apaiser !... Suleiman n’est pas un calme, même si son visage a la placidité de celui de Buster Keaton. Suleiman est un utopiste d’une lucidité fracassante. Suleiman est un fou d’une sagesse extraordinaire.
Deux amants s’aimaient d’amour tendre... Elle est Palestinienne et vit à Ramallah, il est Palestinien et vit à Jérusalem. La situation étant ce qu’elle est, aucun des deux ne peut franchir le poste de contrôle israélien, et leur seule possibilité de rencontre est le parking juste à côté du check point. L’homme (Elia Suleiman lui même) évolue entre son père malade dans un Nazareth en folie, et cet amour inconfortable. Vie impossible, frustrations permanentes... Le désir de plus en plus furieux et complice des amants va engendrer des événements d’une apocalyptique drôlerie, une revanche fantasmée à la virtuosité étourdissante...
On ne vous en dira pas plus : je ne vous parlerai pas des ravages que peut faire un noyau d’abricot, ni des époustouflants effets spéciaux, ni de la ninja palestinienne, ni du ballon à l’effigie d’Arafat... Il est impensable de raconter un film aussi furieusement original, tellement son comique, très visuel, réside dans l’articulation de chaque situation, dans leur décalage, leur rythme. Suleiman nous fait rire aux larmes, mais son film est comme ces bonbons au poivre : doux et drôle sur l’instant, il n’en finit pas de vous agacer les papilles.
« J’espère qu’aimer un film comme celui-ci peut amener chacun à rechercher la petite part de fascisme qu’il porte en lui-même, et pas seulement à dénoncer le fascisme israélien, aujourd’hui si évident que c’en est obscène de le dire. » déclare Suleiman qui a tourné son film dans des conditions pour le moins chaotiques.