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Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...

Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...



WE THE ANIMALS

Jeremiah ZAGAR - USA 2018 1h34mn VOSTF - avec Raul Castillo, Sheila Vand, Evan Rosado, Isaiah Kristian... Scénario de Jeremiah Zagar et Daniel Kitrosser, d'après le roman de Justin Torres, Vie animale.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

WE THE ANIMALSL’histoire se déroule dans un monde de jeunes garçons, mais les filles pourront s'y reconnaître, le propos a une force, une subtilité qui touche à l'universel, à l'organique. Jonah, Manny, Joel ont presque la même taille, trois frères unis dans la vie comme les mousquetaires, pour les meilleures blagues comme pour les pires bêtises. Gueules d’anges destinés à être déchus. C’est simple, on dirait des triplés. Cheveux ras, teints métissés, paires d’yeux qui pétillent. C’est par ceux de Jonah qu’on pénètre dans leur histoire, par la porte dérobée de son jardin secret, qu’il protège jalousement, même de ses propres frangins. Le soir venu, quand plus rien ne bouge dans la modeste maisonnée, il ouvre en cachette une sorte de journal intime, qui l’aide à extérioriser ses sentiments, à les dominer, à expulser la violence accumulée. C’est comme une BD quotidienne, pleine de poésie, de fougue et de rage contenues.

Certes nul doute ici que tous s’aiment… à leur manière. Mais tous subissent la relation orageuse de Paps (leur père) et Ma (leur mère). Le quotidien de ces deux-là a décidément tout d’une montagne russe et on sent que ce n’est pas nouveau. Toujours les mêmes scènes qui ont goût de réchauffé. Prompts à se déchirer, à hurler, à cogner dans les portes… Plus prompts encore à se rabibocher, tels deux naufragés de la vie qui n’auraient pas d’autre bouée de sauvetage. Ils sont tout l’un pour l’autre, autant qu’ils ne sont rien. Étaient-ils simplement préparés à devenir parents ? À les voir, on n’y croit pas un seul instant. Rien de stabilisant, rien de sécurisant. Tant et si bien que leurs gamins se sont forgés à l’art de la débrouille et pas uniquement dans la cuisine. Et puis, surtout, ils ont appris à s’évader loin dans leurs rêves, à se tenir chaud mutuellement. Quand ça barde, ils se confectionnent un nid de fortune, blottis comme d’infortunés oiseaux, entonnant une litanie protectrice connue d’eux seuls : « Nous famille, corps chaud, corps chaud, corps chaud ». Un véritable rituel intime, créé sur mesure, comme pour se rassurer le temps que la tempête s’éloigne une fois de plus. Un rituel avant que la suivante ne revienne. Encore tout petits, mais déjà fatalistes.
Si Jonah a neuf ans, les deux autres ne sont pas loin devant ou derrière. Dans les premières phrases de son récit fort simple, fort beau, on perçoit aussi comme une espèce de nostalgie : « Quand nous étions frères nous voulions plus, plus de bruit, plus de muscles »… Comme si leur tribu était amenée à se dissoudre. Ou tout simplement l’âge adulte à les attraper et puis les séparer…
Mais peut-être est-ce tout autre chose. Progressivement, l’univers riche et onirique de Jonah semble prendre plus de place ainsi que son nouveau copain Dustin, un blondinet toujours rivé à ses écrans. Il est le plus grand, celui qu’on bade, qui sait des choses qu’on n’aurait pas imaginé… Pour Manny et Joël, cela sonne comme une trahison. Tandis que Paps, las de s’entredéchirer avec Ma, vient de mettre les voiles, une fois de plus… Mais il revient toujours.

C’est un très beau regard sur l’enfance malmenée, qui construit une forme de résilience, de rempart imaginaire pour se protéger. La manière de tourner est modeste, comme le milieu décrit. La caméra observe le monde à niveau d’enfant, adoptant des angles qui nous montrent les choses comme par leur regard. La grande force du film repose sur les épaules des enfants acteurs, formidables, en particulier Evan Rosado qui interprète Jonah… Juste et poignant, le scénario est parcouru par ce souffle vivifiant et léger propre à l’enfance qui lui donne un charme bouleversant.