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Le cinéma et le bistrot d'Utopia Tournefeuille sont fermés jusqu'au 12 août
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SOS Méditerranée lance un appel aux dons
Chères citoyennes, chers citoyens,À l’heure où nous vous écrivons, l’Ocean Viking fait route vers la Méditerranée centrale pour porter secours aux personnes en détresse en mer. Durant ces dernières semaines et suite à la fin de notre partenariat médical avec Médecins Sans Frontières, nous avons dû n...

Pour un cinéma durable et des rencontres d’une nuit (par Anna Pitoun)
La chance quand on est réalisatrice de films documentaires c’est que vos travaux suscitent des débats. Alors on vous invite. Pour une soirée, une matinée. A une rencontre avec le public. C’est l’une des choses que je préfère. Ces moments d’échange, quand la lumière se rallume et que les spectateurs ...

Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...



LA VIE INVISIBLE D’EURÍDICE GUSMÃO

Karim AÏNOUZ - Brésil 2019 2h20mn VOSTF - avec Carol Duarte, Julia Stockler, Gregorio Duvivier, Barabara Santos... D'après le roman de Martha Batalha. Festival de Cannes 2019 : Prix Un certain regard.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA VIE INVISIBLE D’EURÍDICE GUSMÃOL'emballante héroïne de ce film haut en couleurs (chaudes) n’a rien à voir avec l'Eurydice de la mythologie, avalée par les ténèbres à cause du regard de son amant Orphée. D’abord notre histoire se passe dans un pays lumineux, à la langue musicale : le Brésil. Ensuite notre Euridice, tout entière concentrée sur son désir de devenir une grande pianiste, ignore superbement les hommes du haut de ses dix huit ans passionnés. En ce sens, elle est l’antithèse de sa sœur Guida, de deux ans son aînée, qui rêve de rencontrer le bellâtre qui ravira son cœur. Elles ont beau être dissemblables, les deux frangines sont d’inséparables complices, qui s’entraident quand il faut échapper à la surveillance d’un père omnipotent et surprotecteur : l’action se déroule dans les années cinquante, une époque où l’on faisait encore croire aux jeunes filles que les bébés naissent dans les roses. C’est dire combien les donzelles étaient alors des proies faciles, pas bien aguerries à ce qu’allait leur réserver la vie. Souvent trop vite lâchées dans les arènes masculines, petites crevettes esseulées perdues dans un panier de crabes. Faute d’éducation, de moyens de contraception, certaines avaient tôt fait de se retrouver filles-mères, bannies de la bonne société.

Ce qui a poussé le réalisateur à adapter le roman de Marta Batalha, « c’est le désir de rendre visibles tant de vies invisibles, comme celles de ma mère, de ma grand-mère, de mes tantes et de tant d’autres femmes de cette époque. ». Vies invisibles, comme va le devenir celle d’Euridice, porte-parole, sans le savoir, de toutes ces femmes privées de voix. Ce n’est pas déflorer le sujet que de le dire, tant cette incroyable épopée, provoquée par un secret familial trop bien gardé, sera pleine de rebondissements inattendus.
Évidemment, à force de l’espérer, Guida finit par trouver un prince charmant, en la personne de Yorgos, un marin grec, dont on se doute qu’il est du style à avoir une femme dans chaque port. Seule notre oie blanche ne le verra pas. Tout émoustillée par ses sens, elle n’imagine pas un instant qu’il se joue d’elle. Pas plus qu’elle ne sait affronter la colère paternelle. Pour vivre avec celui qu’elle croit être l’amour de sa vie, elle choisit d’embarquer avec lui, fuyant loin, imaginant que l’herbe est plus verte ailleurs, la liberté plus grande… 
Quand elle revient des mois plus tard dans la maison familiale c'est pour découvrir que celle qui lui a le plus manqué, Euridice, n’y est plus. Ses parents lui brossent un tableau idyllique : elle est partie faire carrière à l’étranger, elle mène la vie dont elle rêvait. Mensonge ou vérité ? Guida se construit une image de sa sœurette heureuse, se la figurant en train d’étudier d’arrache-pied, de perfectionner son art, s’attendant, à tout instant, à la voir surgir au détour d’une rue, d’un concert dans une des plus prestigieuses salles du Brésil. Mais rien de cela ne se produira. La vie ne sera pas ce long fleuve joyeux que l’une et l’autre appelaient de leur vœux. Les voilà parties pour un long temps de séparation, sans qu’elles sachent si un jour elles se retrouveront. On suit dès lors leurs péripéties à travers leur correspondance, toujours vibrante, parfois joyeuse, souvent touchante, jamais tiède. Chacune nous embarque dans sa vie, dans son imaginaire, nous devenant très proche. Les deux actrices, sensuelles, chaleureuses comme leur pays, nous embarquent par leur superbe interprétation dans un monde de femmes solidaires face aux déconvenues, face au patriarcat qui impose ses lois.

Malgré la durée du périple, le film ne souffre d’aucune longueur et il devient progressivement la critique sociale d’une époque, visuellement splendide et tragique, grandiose et crue.

à la demande générale, nos amis brésiliens spécialistes des cocktails reviennent à Tournefeuille. La séance du vendredi 10 janvier à 21h15 sera donc précédée d'une dégustation de Caïpirinha à partir de 20h30.
Tarif unique 7 euros (Préventes dès le 1er janvier)