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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

LA NUIT DES ROIS

Philippe LACÔTE - Côte d’Ivoire/Sénégal/France 2020 1h33mn - avec Bakary Koné, Steve Tientcheu, Abdoul Karim Konaté, Denis Lavant... Scénario de Philippe Lacôte et Delphine Jaquet.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA NUIT DES ROIS« Le monde entier est une scène, hommes et femmes, tous, n’y sont que des acteurs, chacun fait ses entrées, chacun fait ses sorties, et notre vie durant, nous jouons plusieurs rôles. » (Shakespeare)

Un jeune Ivoirien est condamné à être enfermé dans la sinistre prison de la Maca. Niché au milieu d’une forêt dense et obscure non loin d’Abidjan en Côte d’Ivoire, l’établissement pénitentiaire surpeuplé et dangereux est un monde parallèle, hors du temps, avec son organisation sociale, ses rites et ses codes immuables…
Entre fable politique naturaliste, conte surnaturel, performances musicales, danses épidermiques et drame shakespearien, La Nuit des rois est une expérience de cinéma rare et fascinante. D’ailleurs, mettons tout de suite les choses au point : malgré son titre, si même il s’inspire ponctuellement des caractère de certains personnages (notamment le jeu autour du travestissement et son érotisme ambigu), le film n’est pas, du tout, une adaptation de la pièce de Shakespeare. Si Philippe Lacôte en appelle bien aux mannes du dramaturge anglais, c’est probablement plus du côté de Macbeth qu’il faudrait chercher des sources d’inspiration – et c’est surtout l’idée du théâtre de la vie et la mise en scène des jeux de pouvoir qui sont ici convoqués.

Tous les protagonistes du film naviguent en eaux troubles. Le personnel pénitentiaire, épuisé, semble avoir abandonné toute velléité d’imposer un semblant d’ordre et de discipline une fois les portes refermées sur les prisonniers. Élu détenu-roi de la Maca, parmi tous les taulards, Barbe-Noire est malade et vit les dernières heures de son règne. Dans l’ombre, les prétendants à sa succession aiguisent leurs crocs, mais prudemment, car le vieux lion a encore de l’autorité et de la ressource. S’il a droit de vie ou de mort sur ses sujets, une règle de la Maca veut qu’il meure dès lors qu’il est trop affaibli pour exercer son pouvoir. Barbe-Noire tente par tous les moyens de reculer cette échéance et, pour gagner du temps, nomme « Roman » le nouvel arrivant : Roman, le raconteur d’histoire, qui doit donc tenir en haleine, tout au long de la nuit de la lune rouge, le peuple des prisonniers. Sa vie en dépend, à moins que sa mort n’en soit l’épilogue inéluctable. La nuit de Roman, fils et petit-fils de griots, sera longue, peuplée des personnages dont il doit conter l’histoire dansée par ses co-détenus.
Des personnages singuliers hantent les lieux. Denis Lavant, avec une poule sur l’épaule, ou Steve Tientcheu (aperçu dans Les Misérables) dans le rôle massif de Barbe-Noire. Bakary Koné interprète un Roman tout en émotion contenue, d’abord terrifié par sa découverte des lieux et, à mesure qu’il déroule son histoire, de plus en plus sûr de lui, tandis que la nuit avance et qu’il captive la foule des détenus. Étouffant et hypnotique, magnifiquement théâtralisé dans les ténèbres de la prison, le huis-clos tranche avec les images tantôt naturalistes, tantôt fantastiques du récit de Roman : l’histoire véridique, mais reconstruite par fragments au long de la nuit, de Zama King, un orphelin devenu chef de gang cruel, lynché par la population en représailles de tous ses crimes. Le « réalisme magique » relativement intemporel qui illustre le destin de Zama King, inspiré de faits réels, rejoint les très contemporains bouleversements politiques de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Le film de Philippe Lacôte étreint, passionne, fascine tout à la fois et lorsque, au terme d’une nuit qui aura vu advenir des bouleversements irréversibles, pointent enfin les premières lueurs de l’aube, il vous laisse éberlué, pantelant, mais ravi. (Avec la complicité involontaire mais précieuse de Stanislas Claude, publikart.net)