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Le blog des profondeurs...
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Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LE DOMOVOÏ - bistrot d'Utopia Borderouge - est (enfin !) ouvert !
« Génie familier de la maison, Domovoï est originellement celui du feu du foyer. Il se fonde sur l’usage de déposer dans la nouvelle maison un feu pris dans la précédente et sur celui d’offrir au domovój, chaque 28 janvier, un pot de gruau recouvert de braises. » Merci Wikipédia, on en sait à pr...

CLARA SOLA

Nathalie ALVAREZ MESEN - Costa Rica 2021 1h46mn VOSTF - avec Wendy Chinchilla Araya, Daniel Castañeda Rincón, Ana Julia Porras Espinoza... Scénario de Nathalie Alvarez Mesen et Maria Camila Arias. Découvert à Bordeaux au Fifib 2021.

Du 29/06/22 au 12/07/22 à Toulouse (Borderouge) - Du 29/06/22 au 12/07/22 à Tournefeuille

CLARA SOLALe cœur est parfois sauvage. Celui de la forêt qui grouille, magique. Celui de Clara, alanguie, mue par de secrètes pulsions animales qui se font et se défont au gré des ruissellements de la nature, du bruissement des ailes de coléoptères, des infimes piétinements des insectes ou du grondement sourd qui monte de la terre. Ce qui impressionne d’entrée, c’est la singularité mystérieuse de l’univers banal de notre héroïne, tellement charnel et organique, chargé de choses invisibles au commun des mortels, à elle seule accessibles. Entre Clara et nous, entre Clara et le reste de l’humanité, existe un plafond de verre imperceptible, dont on ne sait lesquels sont les plus prisonniers. Bien sûr, le microcosme de notre quarantenaire semble enserré derrière des barrières symboliques infranchissables, curieusement matérialisées par de vulgaires chiffons mauves. Mais qui pourrait pénétrer dans cette conscience secrète et enchanteresse dont elle seule possède la clef ? Qui pourrait s’immiscer dans l’étrange dialogue souvent silencieux qui la relie au vivant ? Dans cette complicité d’âmes sœurs qui la relie à Luka, la jument de la famille d’un blanc immaculé, ou au petit scarabée qui se plie à ses moindres désirs, même à celui de ressusciter ?

Il y a là une matrice profonde et primitive, une force féminine indomptable venue du fond des âges, que ne cesse de vouloir asservir, réduire et exploiter une mère autoritaire au port sans âge, qui protège jalousement Clara sous son toit, à l’instar de son autre petite fille orpheline dont le corps adolescent ne demande qu’à exulter. C’est un presque huis-clos de femmes, et pourtant celles-ci ne semblent pas avoir leur mot à dire, corsetées par le poids des traditions, des croyances aux relents de vieux préceptes patriarcaux et de puritanisme castrateur. Sempiternellement l’aïeule ferme la porte à toute pensée d’émancipation, quand bien même la santé de la maisonnée serait en jeu. Peut-être suffirait-il d’un presque rien pour que se redresse le dos de Clara, déformé par une affreuse scoliose… Car si l’action se déroule au fin fond du Costa Rica, en bordure d’un minuscule village appauvri, la médecine moderne n’est pas loin qui pourrait délivrer les corps de quelques souffrances. Mais si telle a été la volonté du Seigneur…

Et si c’était le passage obligé pour que des miracles s’accomplissent, ceux que tous attribuent à Clara, laquelle incarne une sorte de Bernadette Soubirou locale, condamnée irrémédiablement à ne pas décevoir ses adorateurs ? À la fois vénérée et prisonnière d’une pureté auxquels tous semblent vouloir la réduire, elle se plie aux rituels imposés, aux séances de prières, infantilisée dans son corps de femme investi par des pulsions sensuelles toujours plus irrépressibles. Transparaît alors une sensualité torride, éveillée par les tele novelas, attisée par l’arrivée d’un bel hidalgo bienveillant. Attirance / répulsion mues par le charisme magnétique de celle qui est traitée comme une éternelle innocente.
Mais l’est-elle tant que ça ? Quand elle déclare : « C’est la Vierge Marie qui m’a dit de faire ça. », est-ce réalité ou affabulation ? À moins que ce ne soit un fin stratagème pour reprendre un peu de contrôle, jusqu’à une forme de libération purificatrice finale ?

C’est un premier film étonnant, empreint d’un réalisme magique dont les envoûtements perdureront durablement, laissant notre curiosité délicieusement inassouvie, nos sens troublés.