Loading
LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS CONTACTER
NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 48€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LA GAZETTE SUR VOS ECRANS
Bonjour à vousPlus bas, vous pouvez consulter la gazette actuelle——-Petite astuce : pour afficher la gazette en plein écran, il vous faut cliquer sur l’icône en bas à droite représentant un petit rectangle dans un plus grand rectangle.Plus commode : vous pouvez également ...

TWAVOX
Les salles 1 et 2 de La Manutention, ainsi que notre salle République sont maintenant accessibles aux personnes avec handicap visuel et/ou auditif, grâce à la solution Twavox.La particularité de l’application Twavox (créée et developpée par Joseph Zira, lui-même malentendant) est de vous permett...

Séances bébé
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux apparais...

UTOPIA TOULOUSE DEVIENT L’AMERICAN COSMOGRAPH
C’est vraiment très chouette de la part de l’équipe d’Utopia Avignon de nous laisser cet espace pour vous raconter un peu ce qui se passe du côté de Toulouse… Un Utopia y prend son indépendance, ça n’arrive pas tous les jours !Pour la petite histoire, Utopia est arrivé à Toulouse en 1993 en ache...

THE FITS

Anna Rose HOLMER - USA 2016 1h12mn VOSTF - avec Royalty Hightower, Alexis Neblett, Da'Sean Minor, Antonio A.B. Grant Jr... Scénario d'Anna Rose Holmer, Saela Davis et Lisa Kjerulff. Festival du Film américain de Deauville 2016 : Prix de la critique internationale.

Du 11/01/17 au 31/01/17

THE FITSPour reprendre les mots de Danielle Heyman, présidente du jury de la critique internationale du Festival de Deauville, qui a décerné son prix à The Fits : voici « le premier film d'une toute jeune réalisatrice à qui il n'aura fallu qu'une heure et douze minutes pour nous envoûter. C'est une plongée hypnotique au cœur et au corps de l'enfance, un film énergique et rêveur, qui allie la force et la grâce, la boxe et la danse, le silence et la transe, qui capture magnifiquement les troubles espérances de l'adolescence ». On ne saurait mieux dire…
Tout se passe dans un gymnase dont rien n'indique qu'il se situe dans la banlieue de Cincinnati. Ici les garçons boxent et les filles dansent. A onze ans, Toni (extraordinaire Royalty Hightower) est entre deux mondes, celui de son frère qui l'entraîne et qu'elle aide au club de boxe, et celui des lionnes qui dansent – pas n'importe quelle danse : le « drill », une forme particulièrement physique du hip-hop – dans la pièce d'en face en vue de la prochaine compétition. Toni est noire comme toutes celles et ceux qui fréquentent le gymnase, à l'exception de quelques adultes qui interviennent en vain pour élucider le mystère des crises d'épilepsie dont souffrent de plus en plus de jeunes filles (traduction littérale du titre : fits = spasmes).

Il est évident que personne ne roule sur l'or dans ce monde où les grands frères ne prennent pas leur rôle de protecteur à la légère et où les copines sont expertes en perçage artisanal des oreilles. Pour autant, la question sociale comme raciale ne fait jamais l'objet de débat scénarisé. Pas plus que la masculinité de Toni, excellente boxeuse poids plume, avare de mots. Vêtue d'un éternel jogging, elle effectue ses séries d'abdos, le regard fixé sur la caméra.
Toni, fascinée par les lionnes, lâche la boxe pour la danse, dont elle ne maîtrise aucunement les saccades chorégraphiées. Elle veut faire partie de la bande, « fit in », comme on dit en anglais, être comme les autres. Veut-elle devenir une vraie fille, une future vraie femme ? Pas si simple : si elle se laisse vernir les ongles en doré, c'est pour se les nettoyer aussitôt…
La polysémie du titre est à l'instar du parti pris : ne pas expliquer, montrer de l'intérieur et laisser comprendre. De l'intérieur du club mais aussi de l'intérieur de Toni, grâce à une bande son qui subjectivise les bruits en les filtrant du souffle de la jeune athlète qui semble s'engouffrer dangereusement dans un monde qui l'attire et l'effraie à la fois. La musique suggestive, les plans sur les épaules de Toni qui arpente les couloirs du gymnase, la cause inconnue des crises sont autant de codes d'un film d'angoisse qui n'aboutit jamais. Quand son frère repère les oreilles percées, il imagine la colère de sa mère, colère laissée en suspens puisque l'intrigue ne quitte jamais le périmètre du gymnase. Une seule scène extérieure, magistrale, enferme Toni entre les grilles d'un pont urbain où elle enchaîne la chorégraphie des lionnes jusqu'à en maîtriser la grâce combative. Cette libération confinée semble métaphorique de l'expérience corporelle de l'adolescence, pleine d'énergie étrangère à elle-même, subissant la dictature sociale tout en glissant au travers.

Au final une réussite aérienne, subtile et mystérieuse.
(merci à Anne Crémieux, africultures.com)