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Master of the Universe, confessions d'un banquier
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SOUTENEZ UN PROJET DE CRÉATION CINÉMATOGRAPHIQUE PARTAGÉE A AVIGNON
Depuis cinq années les étudiants de cinéma de la classe préparatoire du Lycée Mistral participent à un atelier de création cinématographique encadré par des réalisateurs professionnels. En septembre démarre un nouveau projet intitulé La maison et le monde destiné à se développer sur 5 ans. Les ...

De notre envoyé spécial et sportif (et ça, ça nous épate !) en Ariège
C’est un petit village perdu en Ariège, à deux encablures d’Ax-les-Thermes. Luzenac, 600 habitants, une petite commune comme il en existe, paraît-il, 37 000 dans l’hexagone. Rien d’original donc à première vue, sauf que celle-ci cumule sans complexes trois étrangetés qui nous obligent, ce jour d...

L’équipe du cinéma Utopia accompagne La Cause Poétique de l’association La Lyrène.
L’équipe du cinéma Utopia accompagne La Cause Poétique de l’association La Lyrène. De quoi s’agit-il ? Etape 1Les auteurs de poèmes avignonnais sont invités à envoyer un de leurs poèmes au siège de l’association La Lyrène, 4 rue du rempart Saint Lazare, 84000 Avignon. Etape 2Un comité de lectur...

LE SEL DE LA TERRE

Wim WENDERS et Julliano RIBEIRO SALGADO - documentaire France/Brésil 2014 1h50mn VOSTF - avec Sebastiao Salgado et ses photos...

Du 15/10/14 au 11/11/14

LE SEL DE LA TERRED'abord les mots de Wim Wenders : « C’est un film modeste, un film dédié aux images d’un autre. L’un des plus grands photographes d’aujourd’hui. » Wenders s’est effacé derrière l’artiste et l’homme qu’il admire et dont il a choisi de montrer le travail. Quelle découverte, et quel hommage pour ceux qui découvriront l’œuvre de Sebastiao Salgado, né au Brésil en 1944, et qui a parcouru le monde pendant quarante ans, à la recherche de l’humanité sous toutes ses formes. Le procédé de Wenders est élégant et sobre : faire parler les images de Salgado, toujours en noir et blanc. La voix off du photographe vient commenter les clichés, son visage, en fondu noir et blanc, semble parfois sortir des images, pour nous raconter l’homme derrière le photographe, l’aventurier aussi.
D’abord, Wenders, dont on entend aussi la voix, rappelle que la photographie, c’est « écrire sur la lumière ». Sans lumière, pas de bonne photographie. Sans humanité non plus. Les premières images montrent une mine d’or au Brésil, où des grappes entières d’hommes accrochés aux flancs de la terre rappellent les bâtisseurs de pyramides. Salgado ne cesse, dans son travail, de chercher l’humanité originelle, l’intrinsèque nature humaine.

Le film suit ensuite le parcours chronologique des œuvres de Salgado, qui évolue à mesure que sa vie se dessine. Son père aurait voulu qu’il soit avocat mais, seul garçon parmi sept sœurs, Sebastiao se veut aventurier. Il commence des études d’économie, quitte le Brésil pour la France pendant les mouvements de gauche en Amérique latine dans les années soixante, et rencontre la femme de sa vie, Lélia – auquel le film rend aussi un hommage permanent. C’est elle qui lui fournit son premier appareil photo. C’est ensemble qu’ils décident de se lancer dans leur premier grand projet photographique (Sebastiao photographie, Lélia édite), les autres Amériques, consacré à l’Amérique latine que Sebastiao et Lélia retrouvent après dix ans d’exil et la naissance de leur fils Juliano.
Wenders plonge dans les archives de Salgado, nous fait pénétrer au cœur du travail de l’artiste et de ses questionnements incessants sur le sens de son métier. Chaque histoire que Salgado raconte est une leçon de vie, teintée d’humour, de mélancolie, d’humanité. Toujours d’un respect immense pour les hommes qu’il croise, et qu’il regarde. Humble, il livre l’un de ses secrets : « on ne fait pas un bon portrait seul. C’est celui qui est photographié qui vous offre la photo ». Au Pérou, le peuple indigène Saraguros le prend pour un envoyé de Dieu. Au Nord-Est du Brésil, il filme le mouvement des paysans sans terre. S’étonne de ce que la vie y côtoie à ce point la mort, dans une continuité, comme cette image qui montre des cercueils en location dans une petite épicerie.
Mais le vrai choc, pour Salgado, c’est l’Afrique. Le Sahel, le Soudan, dont il ne se remettra pas. Sans relâche, il filme les images d’une famine dont tout le monde se fout, et porte aux yeux du monde la tragédie africaine du siècle. Chaque cliché témoigne d’une empathie infinie pour la nature humaine. Jamais voyeur, son appareil montre ce que traversent des milliers d’hommes sur le continent oublié. Salgado capte leur dignité, leur épuisement. Leur détresse devient la sienne, dans une identification d’une force empathique rare. Puis viennent la Tanzanie, le Rwanda, l’ex-Yougolslavie. Salgado est devenu un photographe de guerre, prêt à se perdre dans les conflits. Il y passe à chaque fois entre six mois et deux ans. Et en revient cassé. Dégoûté de son métier.

C’est Lélia, encore, qui lui redonne goût à la vie en ayant l’idée de replanter la forêt de leur région natale au Brésil, menacée par la sécheresse et la déforestation (elle est aujourd’hui en plein renouveau, avec deux millions d’arbres). Salgado a alors l’idée de sa grande série La genèse, qui retourne aux origines de l’humanité, à la recherche de lieux, de visages ou d’animaux inchangés depuis des milliers d’années. Ce sera les peuples nomades de Sibérie, qui se déplacent avec leurs rennes et dorment toute leur vie dans des bottes en peau. Le peuple Zo’é au Brésil, peuple « paradisiaque » où chaque femme peut avoir trois ou quatre maris (un mari prêcheur, un mari chasseur, et un mari à a maison) ! Salgado n’est plus seulement un photographe de guerre. Il est un photographe des hommes, et de la terre. A la fin, il photographie des gorilles, des ours polaires ou des tortues centenaires, dont il semble partager la sagesse, dans une identification totale.
Ce qui touche au cœur et à l’âme dans le documentaire de Wenders, c’est à quel point l’homme semble se tenir tout entier dans chacun de ses clichés. Salgado est devenu l’homme-photographie. Magnifique.

(Juliette Goudot, moustique.be)

Rencontres dans le cadre de la 20ème édition du Parcours de l'Art :
- Nam June Paik : Open Your Eyes le samedi 18 octobre à 10h30
- National Gallery le samedi 18 octobre à 13h30
- Beau travail le lundi 20 octobre à 19h