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La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
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Justine Triet parle d’or
Il aura donc suffi de quelques mots, à peine, pour que la Ministre de la Culture, celui de l’Industrie, quelques maires et députés de la majorité, volent dans les plumes et la palme de Justine Triet, réalisatrice couronnée d’Anatomie d’une chute, sermonnant en substance : « ce n’est pas bi...

Rosmerta continue ! Vous connaissez l’histoire ? 
Depuis les débuts, et même avant, Utopia Avignon suit l’histoire de près ! Ça fait presque cinq ans qu’on vous en parle dans nos gazettes, à chaque rebondissement. Ce qu’il s’est passé depuis 2018 : réquisition citoyenne d’une école vétuste appartenant au diocèse, procès et appel...

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Avant-première le jeudi 27 juin à 20h20 suivie d’une discussion avec Jean-Paul Campillo, enseignant au département d’Études Hispaniques de l’université d’Avignon, en collaboration avec l’association Contraluz. Vente des places à partir du 20 juin. Le film est ensuite programmé à partir du 17 juillet.

DOS MADRES

(SOBRE TODO DE NOCHE) Réalisé par Víctor IRIARTE - Espagne 2023 1h50 VOSTF - avec Lola Dueñas, Ana Torrent, Manuel Egozkue... Scénario d’Isa Campo, Andrea Queralt et Victor Iriarte.

Du 27/06/24 au 30/07/24

DOS MADRESIl est des combats qui se livrent sur le long terme sans que le temps n’apaise la douleur. Dos madres relate l’histoire de deux mères et un fils sur fond du scandale des « enfants volés du franquisme ». Cette affaire d’État a été révélée progressivement dans la presse à partir des années 2000, puis par de récentes actions en justice de la part des victimes. Les faits sont vertigineux : on estime qu’entre 1940 et les années 1980, 300 000 nourrissons ont été retirés à leurs parents à la naissance pour être placés dans des familles adoptives choisies. De véritables kidnappings, mis en place par l’administration franquiste et perpétrés par l’ensemble des institutions étatiques. Les fondements sont initialement idéologiques : s’appuyant sur les thèses médicales hallucinantes d’Antonio Vallejo Nágera, médecin psychiatre militaire et proche de Franco, l’Espagne s’est livrée a des expérimentations honteuses visant à purifier des familles républicaines d’un prétendu « gène marxiste ». En clair, il s’agissait de retirer leurs enfants à des familles opposées au régime dictatorial, pour les placer dans d’autres familles, soigneusement sélectionnées avec l’entremise décisive de l’Église. Avec le temps, l’idéologie eugéniste a progressivement laissé place à une véritable activité lucrative mafieuse, prolongeant la pratique bien au-delà de la mort de Franco.

Prenant appui sur ces faits, le film est l’entrecroisement fictionnel de deux témoignages. D’abord celui de Vera qui, vingt ans plus tôt, était très jeune pour être mère et s’était laissée convaincre de ne pas élever l’enfant qu’elle venait de faire naître. De son côté, Cora apprit tôt qu’elle ne pourrait pas avoir d’enfant et qu’il lui faudrait adopter pour réaliser son souhait de fonder une famille. Vingt ans plus tard, la volonté de faire la lumière sur cette affaire rapproche les deux femmes, alors que leur fils Egoz se trouve au seuil de sa vie d’adulte.
La singularité du film tient à son mode de narration. Víctor Iriarte, dont c’est le premier long métrage, est né en 1976, un an après la mort de Franco, et a choisi de s’éloigner de la restitution d’une époque qu’il n’a pas connue. Dos madres est un film au présent, dont la force est de poser sur ces enlèvements généralisés le récit personnel de deux femmes par le biais de leurs déclarations respectives à leur fils commun. Comme deux longues lettres prononcées en voix off par chacune, monologues intimes de leur vécu des faits et de leurs interrogations pour le futur. Il y a la rage chez l’une, jusqu’au désir de vengeance, mêlés d’une appréhension à connaître l’enfant dont elle ne peut s’empêcher de penser qu’elle l’a abandonné. Il y a la culpabilité chez l’autre, d’avoir élevé un enfant sans avoir pu le préparer à sa véritable histoire, et l’espoir de pouvoir l’accompagner sur un chemin qu’elle n’aurait jamais imaginé. Vero, Cora et Egoz se rejoindront plus tard, lors d’un voyage au Portugal, pour apprendre à se connaître et recoller les pièces d’un passé que le régime franquiste leur a volé.

La trame de cette histoire aurait sans doute pu donner lieu à un mélodrame ou à une plongée dans le passé. Les choix d’interprétation de Lola Dueñas, une des actrices fétiches de Pedro Almodovar, et d’Ana Torrent, rappelant forcément le cinéma de Carlos Saura, ne sont pas anodins. À l’inverse, Víctor Iriarte invente un film polymorphe, lorgnant tantôt vers le documentaire, tantôt vers le polar, et au final souvent vers le film-essai. Une forme neuve, comme pour matérialiser l’envie d’une génération nouvelle de traiter à sa façon les sombres heures de son passé.