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LA GAZETTE SUR VOS ECRANS
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On passe à Enercoop
 Tous les consommateurs disposant d’un tarif réglementé avec une certaine puissance souscrite ont l’obligation de renégocier auprès du fournisseur d’énergie de leur choix une offre de marché avec une prise d’effet au plus tard au 1er janvier 2016.L’État vient de nous rappeler à la réali...

OH PEUCHÈRE !
 Avignon : 60% des suffrages pour la liste Estrosi, Le Pontet : 56% des suffrages pour la liste Le Pen. On a échappé à Marion Maréchal Le Pen et ses valeurs chrétiennes et blanches pour hériter de Estrosi avec son programme de résistant, ça va changer qu’il a promis ! Oh putain ! *La COP...

Que la farce soit avec toi !
Le côté obscur de la farce…À moins d’être exilés seuls sur Mars, aux confins de la galaxie, à des années-lumières de la Terre, hors de l’attraction de l’indépassable civilisation occidentale, il est impossible depuis des semaines d’échapper au bruit médiatique de la déferlante Star Wars. Mais si...

NEUILLY SUR RHÔNE
Le Grand Avignon a ses riches, qui se portent bien, ses pauvres, de plus en plus nombreux, les nés ici ou ailleurs, n’en déplaise à Nadine Morano…Qu’en est-il de l’accueil à Villeneuve de tout ce petit monde, ce village périphérique à un pont d’Avignon avec ses 12 000 habitants ?Cette que...

La séance du lundi 8 février à 20h10 sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur Naël Marandin

LA MARCHEUSE

Naël MARANDIN - France 2015 1h20mn - avec Qiu Lan, Yannick Choirat, Louise Chen, Philippe Landenbach... Scénario de Naël Marandin et Marion Doussot.

Du 03/02/16 au 23/02/16

LA MARCHEUSEOriginaire du Nord Est de la Chine, territoire frappé de plein fouet par la privatisation de l’économie dans les années 1990, Lin Alyu s’est exhilée en France pour y trouver une vie meilleure. Alors qu’elle était mariée, comptable dans une grande usine d’État, sa vie a basculé le jour de la fermeture de l’usine. Un malheur n’arrivant jamais seule son couple s’est brisé entraînant un divorce inévitable.
Vive, autonome, elle a pourtant découvert très vite, en arrivant à Paris, qu’il n’était pas si facile de trouver un emploi sans relations, sans titre de séjour. Dans ce coin animé de Belleville, elle habite dans la maison d’un vieux bonhomme dont elle s’occupe. Elle lui tient compagnie contre un petit salaire qu’elle complète en se prostituant ce qui permet à sa fille de vivre sa vie d’adolescente sans trop se poser de questions et à sa famille restée en Chine de recevoir quatre sous.
Lin Alyu ne paraît pas sa quarantaine. Toute menue, pleine de vitalité, elle a une poignée de copines épatantes toutes originaires du Dongbei, toutes « marcheuses » à Belleville. A les voir plaisanter, rire et s’entraider, on mesure leur extraordinaire capacité à résister à des situations qui en démonteraient plus d’une. Le destin de Lin Alyu va en outre nous révéler une nature incroyablement tenace et obstinée, peu facile à impressionner tant son puissant instinct vital lui semble chevillé au corps.
Dans l’appartement de l’autre côté de la cour, il y a un type qu’elle croise parfois, qui l’intrigue plutôt, l’intéresse fugitivement… Lorsqu’il vient frapper à sa porte pour échapper à des créanciers impatients et déterminés, elle cherche à le repousser. Il s’impose et se cache malgré elle, qui tremble que son employeur, le fils du vieillard venu lui rendre visite, ne découvre l’intrus. Mais très vite elle va tenter de tirer parti de la situation…
Cela pourrait être un simple polar, un roman un peu noir, mais si l’affaire est bien menée, le contexte, les images, les personnages ont des accents de vérité qui imposent une réalité sociologique et humaine particulièrement riche. Il faut dire ici que si Naël Marandin est comédien (théâtre, télé, cinéma), sa connaissance de la Chine et du mandarin (il a étudié plusieurs années à Pékin), son implication dans Médecins du monde – notamment dans le milieu des prostitués chinoises, nombreuses à Paris, en particulier dans le quartier de Belleville – révèlent une profonde empathie pour ses personnages. Le milieu de la prostitution qu’il connaît bien est un cadre, une assise documentaire dit-il, « ce qui me permet d’élaborer un récit où se déploient mes interrogations autour des notions de pouvoir et de domination et sur la manière dont celles-ci marquent les corps et leurs rencontres : les choses ne sont jamais univoques… ».

La marcheuse, et c’est un des aspects passionnants du film, met à mal une palanquée d’idées reçues sur la prostitution et sur les conditions que subissent ces femmes qui essaient de survivre malgré la violence de la rue, le mépris de leurs compatriotes et des riverains, la répression policière. Marandin révèle que ces derniers temps, les forces de l’ordre multiplient les arrestations et les intimidations, avec l’objectif de faire disparaître la prostitution de Belleville. Dans l’incapacité de travailler, les femmes se retrouvent dans une précarité plus grande encore. Pas de doute, Marandin parle de ce qu’il connait bien, et son regard aguerri rend cette fiction plus attachante encore.