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Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON !
Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON ! aux horreurs qui sont le quotidien de la politique menée contre les étrangers par Besson et Sarkozy. Avec les artistes, syndicats et organisations s’engagent : RESF, LDH, Cimade, Autre Monde, CFDT, FSU, CGT, Solidaires, UNSA. Nous, artistes, ...

L'AFFAIRE UTOPIA
Quelle affaire ! Utopia à Toulouse, annule la sortie nationale d'un film réalisé par un israélien pour le remplacer par un film réalisé par une israélienne, en signe de protestation contre l'attaque brutale de l'armée israélienne contre les bateaux de la « Flotille de la liberté »… et, à n...

POLÉMIQUE ET DROIT DE RÉPONSE - L’épouvantail des tyrans (*)
Ce texte fait suite à un débat soulevé par un billet  de Sud Culture dénonçant les conséquences perverses du désengagement de l’État dans les financements de la culture textes plus bas dans cette même page). On peut le résumer ainsi : la logique de survie imposée à des structures comme par exem...

Les salles indépendantes seront-elles les « dindons de la farce » numérique ?
Plaidoyer pour une diversité culturelle et un cinéma numérique durables L'exploitation cinématographique est à l'aube de changements technologiques propres à bouleverser l'équilibre de la profession, mettant en péril un nombre important de salles du parc français, et par là même la diversité cul...

Familles en danger !
La Convention Internationale des droits de l’enfant demande aux états signataires d’agir en fonction de l’intérêt supérieur de l’enfant. Pourtant, dans notre pays, plusieurs pères sont en danger d’expulsion et de nombreuses familles risquent ainsi d’être brisées, au mépris des conventions intern...

« TRÈS TRÈS FORT ! » En avant-première (sortie 8 Septembre)

BENDA BILILI !

Renaud BARRET et Florent de LA TULLAYE - documentaire France/Congo 2010 1h24mn - avec les musiciens ambianceurs du staff Benda Bilili... Film d'ouverture, Quinzaine des Réalisateurs Festival de Cannes 2010.

Du 30/06/10 au 03/08/10

BENDA BILILI !Bon, c'est vrai, ça fait toujours snob et crâneur d’évoquer les séjours décadents du staff Utopia à Cannes… Mais là on a une bonne raison d’en parler, parce que le fait que les Benda Bilili, une joyeuse bande d’incroyables musiciens des rues de Kinshasa, paraplégiques pour la plupart, magiques clochards célestes revenus de l’enfer, se retrouvent au Festival de Cannes, le Sodome et Gomorrhe annuel du septième art, c’est tout le symbole de ce film relatant une formidable success story, un vrai conte de fée comme on aimerait en voir plus souvent dans la vraie vie, une histoire qui vous prend aux tripes et vous fait aller des larmes au rire. D’ailleurs ce soir-là, le public cannois, pourtant difficile à combler, ne s'y est pas trompé et on a vu, avec l'apparition sur scène des héros au bout d’une heure et demie de pur bonheur, de très sérieuses attachées de presse en robe de soirée pousser des youyous d’adolescentes hystériques lors d’un mariage marocain, des mecs en smoking jeter leur nœud papillon sur le passage des fauteuils roulants, et même Michel M., co-fondateur d'Utopia, habitué pourtant de l’imparfait du subjonctif de par son éducation chez les jésuites, lâcher un incroyable : «putain, c’est génial!».

Je m’égare, je m’égare… mais retour en 2004. Un directeur d’agence de pub qui cherche à changer de vie (Renaud) et son pote photographe reporter international (Florent), qui ont en commun une certaine passion pour l’ Afrique et sa musique, vont tourner des images pour un docu télé sur les musiciens de Kinshasa, une capitale en plein chaos politico-économique dans un pays qui a subi, après la dictature de Mobutu, deux guerres qui auraient selon l’ONU causé au bas mot 3,8 millions de morts. Et là ils rencontrent une bande incroyable de gars à 80% paraplégiques qui tentent de s’en sortir par leur musique, joyeux mélange de rumba, de blues et de funk sauce congolaise, dont les paroles sont inspirées par leurs petites et grosses galères. Ils commencent à tourner quelques images, à tenter d’enregistrer un disque mais le centre social où une partie de la bande survit est ravagé par un incendie. Nos deux compères rentrent donc en France mais ils n’oublient pas les Benda Bilili, qui ont pris un bon coup de déprime. Et contrairement à 99% des Blancs aux belles promesses, ces deux-là reviennent un an plus tard, avec en poche le soutien d’une maison de disques et un peu de sous pour enregistrer un disque dans… le zoo de Kinshasa, un endroit surnaturel aux cages défoncées et aux animaux faméliques. En 2009 ce sera la sortie de l’album Très Très fort, suivi d'une tournée internationale incroyable où les garçons de Kinshasa vont goûter pour la première fois au froid des rues mais à la chaleur des salles de concerts européennes.

Le documentaire est donc un magnifique portrait de cette demi-douzaine de gaillards à l’espoir inébranlable : Ricky, le doyen (55 ans ! dans un pays où l’espérance de vie n'atteint pas la cinquantaine), toujours suka (« chic » en lingala), toujours accompagné de ses deux femmes régulières ; Coco, le guitariste à la mobylette super customisée ; Junana, le plus abîmé par la polyo mais dont les chorégraphies sur les mains donnent le tournis ; Théo, le magicien de l’électricité ; et aussi Roger, un jeune valide prodige du satongé, un instrument de son invention : une guitare monocorde fabriquée avec une boite de conserve et dont il parvient à tirer des sons inouïs. Mais c’est aussi le récit d’un combat sur cinq ans fait de tristesses puis d’immenses joies et de fous rires, avec notamment le regard impertinent de ces gaillards sur l’Europe et leurs rapports gourmands avec les femmes : nos héros sont semble-t-il de vrais tombeurs !
Coco, avec une aisance sans complexe, avait prédit en 2004 qu’ils deviendraient « les handicapés les plus célèbres d’Afrique »… Pari gagné, mon gars ! Et ne vous contentez pas d’aller les voir au ciné, ce qui déjà vous donnera la banane : ils sont aussi tout l’été sur les scènes des festivals et ça, même si ça nous embête de le dire, c’est encore mieux…