LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

Communiqué du Collectif 23h59 Janvier 2019
Rappelons-le, le Collectif 23h59 a pour objet la défense de la liberté de circulation.  Il entend, au regard de ce principe,  faire rétablir la possibilité d’emprunter le passage du verger Urbain V en soirée pour rejoindre la Manutention et le quartier – comme cela était établi depuis plus...

Rosmerta, association avignonnaise de solidarité avec les migrants et de promotion des droits de l’Homme,
Face à l’urgence hivernale, les membres de Rosmerta, association avignonnaise de solidarité avec les migrants et de promotion des droits de l’Homme, ont mené une Réquisition Citoyenne d’un bâtiment à Avignon, au 7 rue Louis Pasteur. Ils hébergent une trentaine de personnes exilées, des familles...

TOUTES CES CHOSES QUE JE NE COMPRENDS PAS.
Il y a des choses que je ne comprends pas. Dans cette ville, il y a plein de choses que je ne comprends pas. Bon, d’accord, je donne un exemple. J’habite dans le quartier de la Bonneterie, qui a fait l’objet récemment d’une requalification, comme on dit dans le jargon technocratique, plutôt réu...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

En collaboration avec l’AFIA, la séance du mercredi 9 janvier à 19h45 sera suivie d’une discussion avec Paule Baisnée, enseignante de cinéma et spécialiste de cinéma italien.

L’ENFER DANS LA VILLE

Écrit et réalisé par Renato CASTELLANI - Italie 1959 1h46 VOSTF - avec Anna Magnani, Giulietta Masina, Myriam Bru...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’ENFER DANS LA VILLEIci les femmes ont le verbe haut, le geste preste, d’autant quand elles se cherchent, se provoquent. Leurs accents ensoleillés nous renvoient des images de ribambelles de mioches, de guirlandes de nippes bariolées qui virevoltent sur d’immenses cordes à linge suspendues dans les ruelles étroites. Nul doute, nous sommes en Italie, celle du dessous des cartes, celle des geôles cachées. Ici les femmes ont la parole tendre quand elles fondent comme des midinettes oubliant un vague instant leurs manières de filles des rues qui en ont trop vu, trop fait. De belles dévergondées ! Leurs chants illuminent parfois les barreaux de leur prison.

C’est un film torride qui nous parvient du fond des âges, vibrant et râpeux comme la voix d’Anna Magnani qui nous aguiche, nous submerge, nous mène par le bout du nez. Elle incarne une belle brune, Egle, à qui personne n’ose résister, ni les hommes, ni ses compagnes d’incarcération. Un caïd au féminin qui impose le respect. Cela a beau se passer en milieu fermé, on l’oublie vite, tant elles sont vivantes, espiègles, dissipées, parfois coquines et coquettes, ou n’essayant plus de l’être, grandes gueules ou discrètes. S’il n’y avait les grilles, on se croirait presque dans un pensionnat pour jeunes filles, d’autant que les matonnes sont des nonnes, une sorte d’école de la mauvaise vie. Les plus anciennes affranchissent les novices, les taquinent volontiers mais partagent leurs combines. Le temps aidant, on se connait par cœur et on fait avec. Il y a celles qui sont là pour longtemps, purgeant de lourdes peines, il y a celles de passage qui n’y reviendront jamais, mais pour la majorité, c'est un perpétuel retour à la case prison, comme si leur existence n’était qu’un mauvais jeu de l’oie. Mauvaise donne, mauvaise pioche et tu replonges pour un tour… Il vaut mieux en rire ! Tu pleurniches ? Tes compagnes de taule auront tôt fait de te redresser !
Tiens, en voilà une qui débarque, de pleurnicheuse et elle le fait très bien (Giulietta Masina, dans le rôle de Lina, est une vraie tête à claques). Lina, avec sa bouille ronde, ses grands yeux effarouchés qui roulent dans tous les sens, ne voulant pas croire à ce cauchemar, clamant son innocence. On se gausse, forcément ! C’est toujours la même rengaine avec les petites nouvelles. Mais si celle-ci disait vrai ? On la parque dans une cellule : huit petits lits en rang d’oignons… L’un pour Berni, l’autre pour Renata, encore un pour « la comtesse »… Mais il y a surtout celui de la redoutable Egle, qui n’en fait qu’à sa tête, dort toute la journée quand les autres piaillent, puis chante à tue-tête la nuit pour énerver son monde, en particulier la terrible Moby Dick, du cachot d'en face. À les écouter s’alpaguer, pleines de gouaille et d’entrain, on a l’impression que le soleil rayonne, l’ambiance se rempli d’hormones, bouillonne malgré la grisaille des murs. On se dit que Lina ne fera pas long feu ici. Pourtant, contre toute attente, Egle va prendre la jeune oie blanche sous son aile…
La principale raison de voir ou revoir L’Enfer dans la ville reste la prestation épatante d’Anna Magnani, passant par tous les états d’âme, de bout en bout crédible tout en flirtant dangereusement avec le cabotinage. Toujours sa fougue l’emporte. Il lui suffit d’un regard, d’un geste, d’une modulation vocale pour nous porter l’estocade et nous faire tomber sous son charme…

À noter : sur la prochaine gazette Paule Baisnée présentera La strada de Federico Fellini.