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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

WILDLIFE, une saison ardente

Paul DANO - USA 2018 1h45 VOSTF - avec Carey Mulligan, Jake Gyllenhaal, Ed Oxenbould, Bill Camp... Scénario de Zoe Kazan et Paul Dano, d'après le roman de Richard Ford.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

WILDLIFE, une saison ardenteChapeau bas à Richard Ford qui, en plus d’être un grand écrivain, a eu l’intelligence de déclarer à Paul Dano, en lui accordant les droits cinéma de son roman : « Mon livre est mon livre, votre film – celui que vous allez faire – est votre film. Votre fidélité de cinéaste à mon histoire ne m’intéresse pas. ». Un blanc-seing qui a permis au réalisateur débutant d’adapter l’œuvre originale tout en intégrant une part d’intimité qui rend le film d’autant plus juste et attachant. Loin de trahir le récit, il le porte à l’écran de façon humble et magistrale, sans esbroufe, cherchant sous la carapace des apparences fabriquées les fêlures, les failles d’une famille classique américaine, du fameux rêve qu’une statue dite de la Liberté s’acharne à garder bien au chaud sous ses jupes.



Nous sommes dans les années soixante. Les voitures nous le klaxonnent, la voix de Timi Yuro nous le confirme, dans le poste de radio elle sirote : « I’m so hurt to think that you lied to me » (… tellement blessée de penser que tu m’as menti). Tout semble merveilleusement policé, les relations entre voisins, les jupes plissées des filles, les mots des garçons, les manières des enfants qui prennent le bus pour aller à l’école avant d’emprunter la voie toute tracée par leurs aînés. De cette petite ville perdue dans l’immensité du Montana, rien ne dépasse. Pas un cheveu, pas un brin d’herbe, pas un désir. Le terrain de golf en particulier où bosse Jerry Brinson, le père de Jœ, est un modèle du genre. À l’instar du parfait cocon familial qui entoure Jœ, de sa mère, la discrète Jeannette, parfaite ménagère immaculée qui mitonne des petits plats en attendant que son mari rentre pour le dîner.

Une vision idyllique qui contraste étrangement avec le manque d’insouciance de l’adolescent. La maturité de Jœ laisse deviner qu’il a grandi plus vite que ceux dont l’enfance fut pleinement heureuse. À quatorze ans, il semble déjà un homme, sur les épaules duquel tout va bientôt reposer. Il suffira que Jerry soit mis à la porte de son boulot, refusant de rebondir comme le feraient tant d’autres dans une Amérique où les petits jobs coulent à flots, refusant de laisser sa femme travailler… situation qui va mettre pour ainsi dire le feu aux poudres. Voilà le fiston confronté aux états d’âmes d’une mère encore jeune qui suffoque dans son quotidien corseté, à la fuite en avant d’un père en mal de sens et qui partira jouer les pompiers dans l’espoir d’en trouver un à sa vie, laissant seule sa maisonnée prête à imploser. À l’image des incendies qui dévastent les bois alentours, l’air deviendra soudain incandescent, l’ambiance étouffante. Sous l’apparente tranquillité couvait un foyer infernal qui n’attendait qu’une étincelle pour s’embraser. Progressivement l’image d’Épinal se distord, devient disgracieuse, sans qu’aucun des protagonistes ne soit condamné pour ses parts de noirceur. Chacun est relégué à son statut de pauvre diable combattant ses démons intérieurs sous le regard impuissant de Jœ, devenu victime collatérale et qui, loin de baisser les bras, va avoir la sagesse de se battre à son humble manière.

Si la forme est classique, la mise en scène magistrale finit par nous transporter, subtile, jamais appuyée. Elle se fait discrète et efficace à l’instar des acteurs phares Jake Gyllenhaal et Carey Mulligan qui incarnent les parents, tout en laissant l’espace nécessaire au tout jeune Ed Oxenbould, qui porte le film grâce à son interprétation sensible. Il est Joe, personnage dans lequel Paul Dano nous livre à demi-mots une part de lui-même.