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ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

Communiqué du Collectif 23h59 Janvier 2019
Rappelons-le, le Collectif 23h59 a pour objet la défense de la liberté de circulation.  Il entend, au regard de ce principe,  faire rétablir la possibilité d’emprunter le passage du verger Urbain V en soirée pour rejoindre la Manutention et le quartier – comme cela était établi depuis plus...

Rosmerta, association avignonnaise de solidarité avec les migrants et de promotion des droits de l’Homme,
Face à l’urgence hivernale, les membres de Rosmerta, association avignonnaise de solidarité avec les migrants et de promotion des droits de l’Homme, ont mené une Réquisition Citoyenne d’un bâtiment à Avignon, au 7 rue Louis Pasteur. Ils hébergent une trentaine de personnes exilées, des familles...

TOUTES CES CHOSES QUE JE NE COMPRENDS PAS.
Il y a des choses que je ne comprends pas. Dans cette ville, il y a plein de choses que je ne comprends pas. Bon, d’accord, je donne un exemple. J’habite dans le quartier de la Bonneterie, qui a fait l’objet récemment d’une requalification, comme on dit dans le jargon technocratique, plutôt réu...

UBU, ROI DU VERGER
@page { margin: 2cm } p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% }- Je peux vous poser une question ?- Oui, qu’est-ce que c’est ?- C’est une phrase interrogative, qu’onutilise pour tester les connaissances. Pour le coup, ce dialogue n’est pas extrait de la pièce Ubu Roi mais du film Y ...

WILDLIFE, une saison ardente

Paul DANO - USA 2018 1h45 VOSTF - avec Carey Mulligan, Jake Gyllenhaal, Ed Oxenbould, Bill Camp... Scénario de Zoe Kazan et Paul Dano, d'après le roman de Richard Ford.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

WILDLIFE, une saison ardenteChapeau bas à Richard Ford qui, en plus d’être un grand écrivain, a eu l’intelligence de déclarer à Paul Dano, en lui accordant les droits cinéma de son roman : « Mon livre est mon livre, votre film – celui que vous allez faire – est votre film. Votre fidélité de cinéaste à mon histoire ne m’intéresse pas. ». Un blanc-seing qui a permis au réalisateur débutant d’adapter l’œuvre originale tout en intégrant une part d’intimité qui rend le film d’autant plus juste et attachant. Loin de trahir le récit, il le porte à l’écran de façon humble et magistrale, sans esbroufe, cherchant sous la carapace des apparences fabriquées les fêlures, les failles d’une famille classique américaine, du fameux rêve qu’une statue dite de la Liberté s’acharne à garder bien au chaud sous ses jupes.



Nous sommes dans les années soixante. Les voitures nous le klaxonnent, la voix de Timi Yuro nous le confirme, dans le poste de radio elle sirote : « I’m so hurt to think that you lied to me » (… tellement blessée de penser que tu m’as menti). Tout semble merveilleusement policé, les relations entre voisins, les jupes plissées des filles, les mots des garçons, les manières des enfants qui prennent le bus pour aller à l’école avant d’emprunter la voie toute tracée par leurs aînés. De cette petite ville perdue dans l’immensité du Montana, rien ne dépasse. Pas un cheveu, pas un brin d’herbe, pas un désir. Le terrain de golf en particulier où bosse Jerry Brinson, le père de Jœ, est un modèle du genre. À l’instar du parfait cocon familial qui entoure Jœ, de sa mère, la discrète Jeannette, parfaite ménagère immaculée qui mitonne des petits plats en attendant que son mari rentre pour le dîner.

Une vision idyllique qui contraste étrangement avec le manque d’insouciance de l’adolescent. La maturité de Jœ laisse deviner qu’il a grandi plus vite que ceux dont l’enfance fut pleinement heureuse. À quatorze ans, il semble déjà un homme, sur les épaules duquel tout va bientôt reposer. Il suffira que Jerry soit mis à la porte de son boulot, refusant de rebondir comme le feraient tant d’autres dans une Amérique où les petits jobs coulent à flots, refusant de laisser sa femme travailler… situation qui va mettre pour ainsi dire le feu aux poudres. Voilà le fiston confronté aux états d’âmes d’une mère encore jeune qui suffoque dans son quotidien corseté, à la fuite en avant d’un père en mal de sens et qui partira jouer les pompiers dans l’espoir d’en trouver un à sa vie, laissant seule sa maisonnée prête à imploser. À l’image des incendies qui dévastent les bois alentours, l’air deviendra soudain incandescent, l’ambiance étouffante. Sous l’apparente tranquillité couvait un foyer infernal qui n’attendait qu’une étincelle pour s’embraser. Progressivement l’image d’Épinal se distord, devient disgracieuse, sans qu’aucun des protagonistes ne soit condamné pour ses parts de noirceur. Chacun est relégué à son statut de pauvre diable combattant ses démons intérieurs sous le regard impuissant de Jœ, devenu victime collatérale et qui, loin de baisser les bras, va avoir la sagesse de se battre à son humble manière.

Si la forme est classique, la mise en scène magistrale finit par nous transporter, subtile, jamais appuyée. Elle se fait discrète et efficace à l’instar des acteurs phares Jake Gyllenhaal et Carey Mulligan qui incarnent les parents, tout en laissant l’espace nécessaire au tout jeune Ed Oxenbould, qui porte le film grâce à son interprétation sensible. Il est Joe, personnage dans lequel Paul Dano nous livre à demi-mots une part de lui-même.