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TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

Mais où donc se garer pour aller à Utopia ?
  PARKING DE L’ORATOIRE Forfait : 4€ de 20h à 1hPARKING LES HALLES Forfait : 2 € de 20h à 1hPARKING PALAIS DES PAPES Forfait : 3€ de 20h à 1h, et des navettes gratuites au départ des parkings relais, gratuits et surveillés.PARKING DES ITALIENS La navette circule du lundi au jeudi de 7h à 22h28 et...

ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

COMME SI DE RIEN N’ÉTAIT

Écrit et réalisé par Eva TROBISCH - Allemagne 2018 1h34 VOSTF - avec Aenne Schwarz, Andreas Döhler, Hans Löw, Lisa Hagmeister...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

COMME SI DE RIEN N’ÉTAITLes festivals de Locarno, Stockholm, Angers, Marrakech, Munich, Macao, Thessalonique… ont tous largement récompensé la jeune réalisatrice Eva Trobisch et son actrice principale Aenne Schwarz. Tant et si bien que citer tous les prix qui leur ont été attribués prendrait trop de place ! Une reconnaissance internationale amplement méritée pour un premier film – et même un film de fin d'études ! – d'une force et d'une maturité franchement impressionnantes.
L’interprétation magistrale d’Aenne Schwarz, on n’est pas près de l’oublier ! Pourtant celle qu'elle incarne, Janne, est une discrète. Discrète ne veut pas dire réservée ni soumise, loin de là ! Janne est avant tout une femme libre, qui sait et fait ce qu'elle veut. Ce que l’on met sur le compte de la discrétion est la calme assurance de celle qui va au bout de ses envies, de ses projets, maîtrise chacun de ses pas. Difficile de résister face à sa détermination farouche et si les sentiments affleurent à la surface, cérébrale, elle n’est pas du style à les laisser dominer.
Quoi de plus normal ce soir-là, pour cette femme libre, que de partir seule, sans son amoureux, à cette rencontre d’anciens étudiants. Tous un peu guindés dans un premier temps, étalant leurs vies, leurs succès, le nombre de mômes pondus, évoquant le conjoint ou la conjointe absents, parce qu’il ou elle ne faisait pas partie de leur promotion. Rien de bien intime, que du banal, chacun joue sa partition officielle, conventionnelle. Janne observe un peu en retrait cette fête pas désagréable mais qui semble un passage obligé. Seule surprise de la soirée, le plaisir de redécouvrir Martin. Toujours aussi respectueux, attentif, plein d’humour. Le courant passe entre les deux, pas plus qu’il ne faut, tous deux sont en couple.

Un verre, deux verres, puis trois… Sensiblement on se lâche, on se trémousse sur des airs endiablés, ceux de nos jeunes années. L'alcool débride les corps, désinhibe les pulsions. Entre Martin et Janne, on sent une attirance physique réciproque mais amenée à en rester délicieusement là. Chacun frétille, sourit, lance des œillades émoustillées. À l’air libre les confidences continuent, on rit de tout, pas encore dégrisés, on sait que cela prendra des heures.
Que Martin la raccompagne, Janne n’y voit pas de mal. D’ailleurs, il n’y en a pas.
C’est en un clin d’œil que tout dérive. Il n’y aura aucun cri, aucune violence. Face à Martin, elle ne fait simplement pas le poids. À la supériorité physique écrasante, elle ne peut qu’opposer sa suprématie morale. Sa seule protection sera de rester impassible, comme vidée d'elle-même, sa seule arme sera son mépris, son ironie face à cet acte minable, pathétique, qui brise une belle connivence et toute estime de soi. Elle ne consent qu’un lapidaire « Alors c’est cela, ce n’est rien que cela ? », à ce rapport non consenti qui ne prendra que quelques secondes. Le temps pour l’homme de prendre son pauvre plaisir.
La vie reprendra son cours, comme si de rien n’était. Le mot de viol ne sera jamais prononcé, surtout face à l’adorable compagnon compréhensif de Janne, qu’elle ne veut pas plus risquer de briser que leur relation. Une fois de plus notre battante pensera garder le dessus, refusant d’accorder de l’importance à un si court épisode de sa vie, de se considérer comme une victime.

Mais le fait de se taire, la sidération résonnent parfois plus fort qu'un cri puissant…