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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Mais jusqu’à quelle heure peut-on transiter par le Verger Urbain V ?
C’est la question que vous nous posez souvent à la caisse du cinéma, ne sachant pas si vous trouverez porte ouverte ou porte close  et si vous devrez faire demi-tour. C’est (toujours) vrai qu’aucune information claire n’a été apportée sur les panneaux d’entrée  du Verger Urbain V… 20h ...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

NOURA RÊVE

Écrit et réalisé par Hinde BOUJEMAA - Tunisie 2019 1h30 VOSTF - avec Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi... FIFIB 2019 : GRAND PRIX DE LA COMPÉTITION INTERNATIONALE.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NOURA RÊVEC’est une histoire bien actuelle et qu'on pourrait pourtant considérer d’un autre temps dans notre pays, où l’on ne jette plus tant la pierre à ceux qui commettent l’adultère. En Tunisie, le fait de tromper son époux ou son épouse est un crime passible de 2 à 5 ans de prison ! C’est le point de départ de l’histoire de Noura, femme qu'on ne peut en aucun cas qualifier de légère… et pourtant infidèle. Comme on la comprend, on le serait à moins ! Des années à attendre son mauvais lascar de mari, Lassad, détenu récidiviste : lassée de poireauter au parloir pour quelques mots vains, jamais suivis de gestes. Lassée de ces heures qui vampirisent toute forme d’espoir, la laissent assoiffée de tendresse, de caresses. C’est comme une double peine qu’elle purge, ainsi que toute sa famille. Les trois enfants n'en peuvent plus d’attendre un paternel qui ne revient pas, redoutant presque sa venue, tant sa présence jadis ne fut pas synonyme d’apaisement, ni de tranquillité. Les visites à la prison sont progressivement devenues une corvée.

Seule Noura fait encore l’effort de se présenter au parloir, mais elle a du mal à feindre l’enthousiasme. Elle le fait par devoir sans doute, par souci du qu’en-dira-ton aussi, ne cachant plus complètement ses émotions, mais n’osant pas avouer son désamour. N’osant pas plus confesser qu’elle s’est prise à rêver de se reconstruire une vie avec un honnête homme, peut-être moins beau mais plus fiable qu’un conjoint voleur et parfois violent. Et elle a fini par le rencontrer en la personne de Jamel, un garagiste travailleur, prévenant. Celui que ses mômes appellent tonton, sans deviner la liaison adultérine, a trouvé sa place dans leur vie, toujours attentif et aidant.
Impatiemment, Noura compte les jours : J-5 avant que le divorce, qu'elle a demandé en cachette, soit peut-être prononcé. C’est une libération qui s’annonce, mais celle qui va se produire et bouleverser tout le monde n’aura, elle, pas été annoncée. Une grâce présidentielle inopportune, et Lassad est libéré sans crier gare et se pointe la gueule enfarinée, comme un cheveu sur la soupe. J-4… Le loup affamé entre dans la bergerie, désireux de rattraper le temps perdu avec sa moitié. Noura est tétanisée, obligée de composer, ne pouvant refuser d’accomplir son devoir conjugal. Quant à Jamel, le voilà sur les crocs, inquiet et jaloux, exigeant de son amante qu’elle fasse montre de témérité, quitte à risquer gros. Voilà donc Noura prise en tenaille entre ces deux hommes, tout aussi amoureux d’elle à leur façon, mais en définitive pas plus attentifs l'un que l'autre à son sort. La tension est à son comble, oppressante, tandis qu’on se prend à imaginer un terrible dénouement. J-3… on devine que les murs ont des oreilles et que le rêve de Noura n’est sans doute guère plus qu’un inaccessible mirage…

Tant l’interprétation sublime de Hend Sabri (Noura) que le scénario nous épargnent de tomber dans le registre d’une insipide bluette. Le personnage de Noura est complexe, ses sentiments restent ambivalents, ses réactions ambiguës. Elle n’est pas qu’une impuissante victime, l’oie blanche qu’on pourrait attendre, loin de là. Elle porte en elle ses contradictions, sa part de duplicité coupable et c’est ce qui la rend si proche de nous.
De même ni le mari, ni l’amant ne sont des personnages caricaturaux, au profil tracé au couteau. Tour à tour tendres, agaçants, rebelles à leur façon, ils sont pourtant porteurs, sans en avoir conscience, du ferment de la domination masculine. Ils ne sont en cela pas si différents l’un de l’autre.

Noura rêve, qui brosse en creux le portrait d’une société tunisienne étouffante, est plus encore un film sur le droit d’aimer que sur celui de ne plus aimer.