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Ah qu’il est plaisant de cheminer dans le passage Urbain V, à l’heure où fleurit la campagne, en journée quand les enfants s’ébattent dans le jardin, au crépuscule quand les humeurs chromatiques du temps nimbent la majesté du Palais… Nous avons failli être privés de cette jouissance simple et magnif...

L’association 100 pour 1
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123 Soleil : 8 MARS 2020, RÉALISEZ !
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23H59, et après ?
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Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

CYRILLE, AGRICULTEUR, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes

Rodolphe MARCONI - documentaire France 2019 1h25 -

Du 04/03/20 au 07/04/20

CYRILLE, AGRICULTEUR, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettesLorsque le réalisateur Rodolphe Marconi rencontre Cyrille, un peu par hasard, c’est sur une plage de la Côte Atlantique, loin de ses bêtes et de son Auvergne. Le jeune trentenaire avance dans les vagues mais seulement jusqu’aux genoux. À 30 ans, Cyrille, qui n’a jamais appris à nager, découvre l’océan et prend des vacances pour la première fois. Son meilleur et à vrai dire seul ami lui a offert le camping, son frère a exceptionnellement accepté de garder ses vaches pendant 15 jours et son père va lui battre froid pendant trois semaines parce que, selon lui, les vacances c’est pour les fainéants ! Bouleversé par l’histoire du jeune paysan, le réalisateur décide de le suivre caméra au poing dans son Allier natal pour filmer son quotidien. Et témoigner de la réalité d’un monde rural à la fois indispensable à la société (c’est lui qui la nourrit) et ignoré, laissé pour compte par elle, ses institutions, ses politiques. Raconter la détresse des petits agriculteurs, les plus faibles, pris à la gorge et dans des engrenages qui les dépassent.



Loin de l’Auvergne de carte postale qui expose en quadrichromie la chaîne des Puys dans les pages glacées des brochures touristiques, à des années-lumière des publicités pour les fromages du Cantal ou de Saint-Nectaire, le film nous entraîne dans des terres plus rugueuses, plus âpres, mais aussi beaucoup plus réelles et généreuses. Celles où Cyrille enchaîne des journées harassantes et répétitives : lever à 6 h, traite des vaches, travaux des champs et soins aux bêtes jusque tard dans la nuit, quand Cyrille doit baratter lui-même son beurre dont il vend quelques dizaines de barquettes sur le marché hebdomadaire local pour quelques dizaines d’euros. Et ce rythme, Cyrille le tient 7 jours sur 7, toute l’année durant, ignorant dimanches et jours fériés. Un combat inlassable pour la survie de son exploitation. Perdu d’avance ? Cyrille a dû emprunter pour s’installer : 250 000 euros pour l’aire de stabulation de ses vaches. Mais voilà, les recettes n’arrivent jamais à compenser les charges, les factures des fournisseurs, les honoraires du vétérinaire, les notes du mécanicien pour sa moissonneuse… Et les dettes s’accumulent. Et comme il n’a pas les moyens d’enrichir leur alimentation l’hiver, les 20 vaches produisent trop peu pour que la coopérative accepte d’acheter son lait une partie de l’année : malgré ses bénéfices confortables, la structure collective refuse de se déplacer pour moins de 300 litres deux fois par semaine.
Et le cercle vicieux s’installe, Cyrille ne peut pas se verser un salaire, et reste tributaire de son père pour le logement et la nourriture. Mais il tient le coup, il s’obstine, il s’accroche, étranger à l’amertume, repoussant la rancœur, refusant la colère, bien aidé par l’intervention de l’association Solidarités Paysans, qui soutient les petits agriculteurs surendettés.

Rodolphe Marconi dresse le très beau et très émouvant portrait d’un homme particulièrement attachant, dont on découvre aussi l’impasse de la vie sentimentale, quand tout son univers social est réduit à son village, ses marchés, sa très (trop ?) proche famille. On pense évidemment au récent Au nom de la terre, mais le documentaire s’avère plus subtil, plus nuancé que la fiction, tout en dressant le même constat sur les difficultés de plus en plus insurmontables rencontrées par des agriculteurs pourtant compétents et passionnés mais broyés par la logique infernale de l’agro-industrie.