LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Les festivals de Cannes et d’Avignon dialoguent le dimanche 18 juillet à 17h
En 1946 naissait le Festival de Cannes, en 1947 le Festival d’Avignon ; l’un et l’autre mettaient la culture au service de la réinvention de nos sociétés.En 2021, après un an d’hiver sans spectacle et sans cinéma, les deux festivals dialogueront. Avec les cinémas Utopia et Télérama, l’hebd...

Appel à soutien du Fenouil à Vapeur
Depuis 14 années le Fenouil à Vapeur s’agite pour faire frémir des tablées ripailleuses, du temps pour la rencontre, des croisées associatives, des solidarités paysannes, du soutien aux associations… Depuis 14 ans la précarité des locaux est la donne. Sommé de quitter une première adresse en 2...

La Terre s’efface sous nos pas et certains penseraient qu’il ferait meilleur vivre sur Mars
Le Collectif Sauvons Nos Terres 84, qui regroupe 23 associations et collectifs et qui s’investissent aux quatre coins du département du Vaucluse dans la défense des terres menacées d’accaparement, milite sans relâche pour la sauvegarde des espaces agricoles et naturels. Sachez que depuis 2001, ...

Rosmerta, tout le mois de juillet !
Depuis 2018, Rosmerta occupe le 7 rue Pasteur à Avignon. Actuellement nous accueillons des familles avec bébé et jeunes enfants et plus de 40 jeunes mineurs isolés. Nous répondons à des situations d’urgence sociale, du fait du non-respect des droits de l’Homme. Nos actions visent à mettre à l’abri d...

MINARI

Lee Isaac CHUNG - USA 2020 1h55 VOSTF - avec Steven Yeun, Ye-Ri Han, Alan S. Kim, Yuh-Jung Youn...

Du 23/06/21 au 03/08/21

MINARIPrécisons-le tout de go : Minari de Lee Isaac Chung est un film absolument américain, quand bien même sa langue majoritaire est le coréen. Preuve supplémentaire de l’incroyable melting-pot états-uniens. Le récit, semi-autobiographique, est délicieusement construit autour du double du réalisateur à l’âge de 7 ans… David est un gamin facétieux, dont le regard espiègle observe goulûment et tâche de décrypter le monde des adultes, qui bien sûr se résume essentiellement à celui de ses parents.



L’action se déroule en Arkansas, où la petite famille sud-coréenne déboule sur un coup de tête du paternel, bien décidé à tenter sa chance après avoir échoué à se faire une bonne vie en Californie. À l’arrivée dans leur nouvelle région, les parents reprennent le travail qu’ils avaient sur la côte ouest et qui consiste à trier les poussins à la chaîne : on garde les femelles (qui feront de bonnes poules pondeuses élevées en batterie), on broie les petits mâles – c’est à se demander quel est le sort le plus enviable. Ah ! Les secrets de la grande distribution ! Force est de reconnaître que la perspective de s’adonner au sexage de poussins chaque jour que Dieu fait ressemble plus à une condamnation à perpétuité qu’à l’accomplissement du « Rêve américain ». Ce n’est guère une vie dont on peut être fier devant sa progéniture et, malgré des heures de dur labeur, elle ne sort personne de la précarité.

Alors un beau jour, Jacob, le père de David, prend le taureau par les cornes et décide d’entraîner tout son monde dans un nouveau projet. Son idée  : devenir paysan  ! Les voilà propriétaires d’une terre réputée improductive. Les enfants se tiennent prudemment cois tandis que la mère, Monica, affiche son scepticisme, d’autant plus qu’elle ne digère pas qu’ils soient logés dans un mobilhome… Tout cela est tellement loin de la réussite escomptée, de ses ambitions pour sa famille. Les voilà dans un trou paumé où le voisin le plus proche s’avérera être un vieux timbré loufoque prêt à évangéliser la Terre entière et à porter sa croix pour sauver le monde du péché. Un personnage haut en couleurs, qu’on croirait tout droit sorti d’un film des Monty Python ou d’Alejandro Jodorowsky ! Progressivement le couple semble au bord de l’implosion. Les enfants, eux, sont déjà sans le savoir bien plus américains que leurs parents qui cherchent encore désespérément à « s’intégrer »… L’arrivée de leur grand-mère coréenne (excellentissime Yuh-Jung Youn), venue à la rescousse pour s’occuper d’eux, va créer comme un choc des cultures. En tous cas elle ne va pas arranger les affaires de notre petit David, qui va devoir partager sa chambre avec elle et qui ne se privera pas de faire remarquer qu’elle « pue » la Corée, ronfle, porte des caleçons de mec, ne sait pas faire les gâteaux, jure comme un charretier… Bref, Soonja est tout sauf une gentille mamie à la Walt Disney ! De là à dire qu’il la déteste, il n’y a qu’un pas…

Pourtant Soonja, avec ses drôles de façons, s’avérera porteuse d’émancipation, de dissidence. C’est une femme prête à tout entendre, qui dit sans hésiter ce qu’elle pense et qui se moque bien du regard des autres. Elle est sans filtre, atypique autant que malicieuse… et c’est comme si elle apportait dans sa besace un morceau de Corée… Elle aura tôt fait de trouver le bon coin pour semer des graines de «  minari  », ces herbes typiques de la cuisine traditionnelle, à la saveur soutenue, au feuillage de dentelle délicate… Tout comme l’est ce joli film à la beauté discrète, qui nous immerge dans l’intimité de cette attachante maisonnée. Rien n’est appuyé, tout reste digne, jusqu’à la façon d’évoquer le petit racisme ordinaire, sans en faire un drame. Et tout comme le minari qui parvient à pousser en terre si peu hospitalière, peut-être la petite famille finira-t-elle par réussir son enracinement après son déracinement…